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Projet d'usine de conditionnement du verre pour développer une filière bouteille-à-bouteille au Québec à Sorel-Tracy

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Crédit photo: Adobe stock

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L’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB)/Consignaction annonce la construction à Sorel-Tracy d’une nouvelle usine de conditionnement du verre issu du système de consigne. Machinex, une entreprise de Plessisville, agira à titre d’équipementier et d’intégrateur technologique de cette installation.

Selon l’AQRCB, cette usine s’inscrit dans la prochaine phase de la modernisation de la consigne. Elle vise à permettre que le verre récupéré au Québec soit traité sur place en vue d’être refondu et utilisé principalement dans la fabrication de nouveaux contenants.

Filière bouteille-à-bouteille québécoise

À compter du 1er mars 2027, la dernière phase prévue de l’élargissement de la consigne intégrera notamment les bouteilles de vin et de spiritueux en verre. L’arrivée de ces contenants entraînera une augmentation des volumes de verre récupérés au Québec. L’AQRCB prévoit devoir gérer environ 125 000 tonnes de verre dès 2027, pour atteindre 175 000 tonnes annuellement.

Après l’analyse de différents scénarios, l’AQRCB indique que la construction d’une nouvelle capacité de conditionnement est la solution retenue pour traiter les volumes à venir, respecter ses obligations réglementaires et favoriser la valorisation locale du verre. L’objectif énoncé est de créer au Québec les conditions d’une filière circulaire bouteille-à-bouteille, dans laquelle le verre récupéré redevient la matière première de nouveaux contenants.

« Cette décision s’inscrit pleinement dans le principe de la responsabilité élargie des producteurs. Notre responsabilité est bien sûr de respecter le cadre réglementaire, mais notre ambition va plus loin : nous voulons contribuer concrètement et durablement à une économie circulaire plus forte, en posant aujourd’hui les gestes structurants qui assureront sa pérennité », a déclaré Philippe Roy, président du conseil d’administration de l’AQRCB.

Une technologie spécialisée

Pour réintroduire le verre récupéré dans la fabrication de nouveaux contenants, il faut atteindre des standards de qualité et de pureté élevés. Le verre doit être débarrassé de ses contaminants, puis séparé selon différentes caractéristiques, dont la couleur. Ce conditionnement nécessite des équipements industriels spécialisés et une technologie de tri optique et d’intelligence artificielle qui, selon l’AQRCB, n’est pas disponible à l’échelle requise au Québec.

Machinex assurera l’intégration des équipements de la future usine et misera notamment sur la technologie Binder+Co, utilisée dans cinq installations en Amérique du Nord. La nouvelle usine sera construite à proximité des installations actuelles de Machinex à Sorel.

« En tant que fabricant d’équipements, le tri et le traitement du verre font partie de notre expertise depuis de nombreuses années, au Québec comme à l’international. Nous sommes fiers d’exporter notre savoir-faire, mais le voir rayonner chez nous, dans le contexte tarifaire actuel qui nous touche, est particulièrement important. Ce contrat contribue à soutenir nos activités comptant plus de 600 employés au Québec », a souligné Jonathan Ménard, vice-président ventes et stratégie chez Machinex.

Un projet qui s’ajoute à l’écosystème existant

L’AQRCB indique que cette construction ne met pas fin aux collaborations avec les entreprises qui participent déjà au traitement et à la valorisation du verre de la consigne. Elle entend maintenir un réseau de partenaires en conditionnement et en recyclage et continuer à approvisionner les acteurs existants, afin de diversifier les capacités de traitement et de réduire la dépendance envers un seul conditionneur.

« Depuis plusieurs années à Sorel-Tracy, la revalorisation des matières est au cœur de notre stratégie de développement économique. Après les contenants consignés de plastique et d’aluminium qui sont maintenant traités à Sorel-Tracy, cette nouvelle usine de valorisation du verre positionne la région comme pôle en développement », a ajouté Patrick Péloquin, maire de Sorel-Tracy.

La nouvelle installation s’ajoutera à la capacité du réseau québécois, sans s’y substituer.

« L’AQRCB a une approche prudente et inclusive de la valorisation du verre. En continuant à travailler avec les acteurs de la consigne, nous nous assurons de renforcer l’écosystème, de consolider l’industrie et de mettre le Québec à l’avant-plan. Cette installation garantira non seulement le respect des obligations règlementaires, mais comblera également la chaîne de valeur en matière de conditionnement du verre pour en faire une vraie filière d’économie circulaire au Québec », a déclaré Normand Bisson, président-directeur général de l’AQRCB.

Un investissement assumé par les producteurs de boissons

La construction de cette usine est une initiative des producteurs de boissons responsables du système de consigne modernisé. Le projet sera réalisé sans contribution financière ni subvention gouvernementale. Son financement sera privé et assumé par les producteurs, notamment par un ajustement ponctuel de leur contribution au financement du système de consigne.

« O-I se réjouit de la croissance continue et de la valeur qu’apporte cette initiative à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Nous sommes heureux de voir des investissements qui renforcent l’industrie et soutiennent sa croissance à long terme », a ajouté Tim Connors, directeur général Amérique du Nord de Owens-Illinois.

Selon le principe de responsabilité élargie des producteurs, les entreprises qui mettent les contenants sur le marché financent aussi les infrastructures de récupération, de traitement et de valorisation. Les producteurs, propriétaires de la matière première, disent vouloir en faire une ressource industrielle dont l’approvisionnement est fiable.

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