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Plus de 1,3 million de permis de travail vont expirer d’ici la fin de 2026, ce qui risque de créer d’importants défis économiques et de main-d’œuvre, avertit la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
« Certaines estimations montrent que plus de 300 000 permis de travail expireront d’ici la fin mars. Les répercussions économiques de cette situation pourraient être énormes. De nombreux employeurs ne pourront pas être en mesure de garder leurs travailleurs étrangers en raison des récents changements fédéraux. Cela fragilisera des secteurs clés qui sont déjà confrontés à des pénuries de main-d’œuvre à un moment où le pays doit renforcer son économie et ses chaînes d’approvisionnement », affirme Jasmin Guénette, vice-président aux Affaires nationales à la FCEI.
Selon le Baromètre des affaires mensuelMD de la FCEI, les pénuries de main-d’œuvre qualifiée demeurent le deuxième plus important facteur limitant les ventes et la croissance des PME (39 %). Dans un sondage mené en 2024-2025 auprès d’entreprises ayant eu recours au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) pour répondre à leurs besoins en main-d’œuvre, 57 % ont indiqué qu’elles devraient réduire leurs plans de croissance si elles ne pouvaient pas retenir ou accéder aux travailleurs étrangers et 52 % seraient incapables de traiter des commandes ou de fournir des services. Près d’un quart (24 %) devraient réduire leurs heures d’ouverture et 18 % ont affirmé qu’il était très probable qu’elles devraient fermer leurs portes.
D’autre part, de nombreux Canadiens croient à tort que le recours aux travailleurs étrangers temporaires (TET) enlève des emplois aux candidats locaux. Or, une note de recherche de la FCEI montre que les propriétaires de PME embauchent des TET par nécessité et pour combler des postes lorsque la main-d’œuvre qualifiée locale n’est pas disponible.
« Les PME veulent embaucher des Canadiens, y compris des jeunes et des personnes issues de groupes sous représentés, mais certains emplois exigent des compétences précises qu’elles ne parviennent pas à trouver. En fait, la proportion de jeunes travaillant dans plusieurs des secteurs où les travailleurs étrangers temporaires sont employés, comme le secteur agricole ou manufacturier, demeure extrêmement faible. Dans certains cas, sans ces travailleurs étrangers qualifiés, il y a moins d’emplois pour les Canadiens. C’est pourquoi l’accès aux travailleurs issus de l’immigration demeure essentiel », ajoute M. Guénette.
Pour éviter des perturbations et maintenir les chaînes d’approvisionnement, la FCEI presse le gouvernement fédéral de bien vouloir :
« Les entreprises et leurs employés ont besoin de stabilité. Bon nombre de détenteurs de permis de travail, y compris des travailleurs étrangers temporaires, sont déjà intégrés à leurs communautés et y contribuent. Les politiques d’immigration doivent répondre aux besoins économiques. Le gouvernement doit présenter un plan concret pour assurer la stabilité de la main-d’œuvre », soutient Christina Santini, directrice des Affaires nationales à la FCEI.