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Défis 2026 : productivité, main-d’œuvre qualifiée et diversification des marchés

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En ce début d’année, les Manufacturiers Mauricie Centre-du-Québec (MMCQ) ont sondé quelques-uns de leurs membres afin de dresser un « top 3 » des plus grands défis qui attendent les petites entreprises manufacturières de 100 employés et moins en 2026. Ce qui en ressort :  recherche constante d’une plus grande productivité, besoin d’une main-d’œuvre qualifiée et diversification des marchés.

Afin d’avoir le pouls de ce qui se trame sur le terrain, deux entrepreneurs, Dany Caron de Baril Portes de garage, et Joaquim Blanchette d’Hydrexcel, se sont prêtés au jeu pour le bien de cette chronique. Voici le résultat de cette petite démarche qui en dit long sur ce que les entreprises vivent.

Productivité, IA et automatisation

« La productivité, c’est un sujet vieux de 30 ans et dont on va encore parler pendant les 30 prochaines années. Comment faire beaucoup plus avec beaucoup moins », résume d’entrée de jeu Dany Caron, aussi président du CA des MMCQ. Pour lui, l’une des stratégies les plus profitables est d’éliminer le plus possible les tâches à faible valeur ajoutée et d’automatiser le plus possible les tâches à valeur ajoutée, et ce, autant dans les processus que dans la chaine de production.

« On entend souvent dire qu’il faut automatiser plus. Mais ce n’est pas tous les postes qui s’automatisent. Et le ROI (retour sur investissement) n’est pas toujours là », souligne Joaquim Blanchette.

Les deux chefs d’entreprises consultés sont d’avis que beaucoup d’accent est mis dans le potentiel de productivité accrue dans l’usine, alors que les économies possibles dans les bureaux sont souvent sous-estimées.

Dans un monde où les experts et les outils en automatisation, robotisation et intelligence artificielle se multiplient, il est souvent difficile pour les manufacturiers de s’y retrouver et de savoir par où commencer.

Main-d’œuvre qualifiée et travailleurs étrangers temporaires

La fin du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) donne bien des maux de tête aux entreprises manufacturières d’ici.

« On a payé pour faire venir des travailleurs étrangers et présentement, ils risquent de devoir repartir dans leur pays, après avoir tout laissé derrière eux pour venir ici », indique M. Blanchette en soulignant que l’enjeu n’est pas seulement économique, mais aussi humain.

Pour lui, il serait plus facile et moins coûteux d’embaucher des Québécois, encore faut-il qu’ils soient disponibles sur le marché du travail. « Si les travailleurs étrangers partent demain matin, je n’aurai pas plus de soudeurs assembleurs québécois pour travailler dans mon usine. »

Diversification des marchés

Les tarifs imposés par les voisins du sud touchent non seulement les exportations des manufacturiers d’ici, mais aussi l’importation de ce dont ils ont besoin pour produire. Cela met une pression sur le coût du livrable et sur les ventes.

« C’est une bonne idée de rapatrier la production au Canada, mais il y a des composantes qui ne se fabriquent pas ici et que l’on doit importer », explique M. Caron.

Certains secteurs sont durement touchés, comme celui du bois, ce qui affecte le carnet de commandes des manufacturiers fournisseurs. Les impacts indirects créent un grand jeu de dominos.

M. Blanchette indique que de nouveaux secteurs ont dû être dénichés au sein de son entreprise, comme le maritime et l’aéronautique, mais que ces développements ne se font pas du jour au lendemain. L’entreprise a dû cibler les bons marchés, les estimer, trouver les bons contacts et entrer en contact avec eux, ajuster les processus internes et s’ajuster aux normes. « Tout cela a des coûts sans savoir, au final, si on va avoir des commandes », dit-il. De plus, les investissements et les démarches se font sur le moyen et le long terme tandis que les clients, eux, peuvent quitter du jour au lendemain.

Bref, les manufacturiers d’ici ont du pain sur la planche, mais poursuivent leurs efforts pour surmonter les nombreux défis.

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