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Touchées par un contexte économique en dents de scie, une quinzaine d'entreprises importantes de l'écosystème industriel forestier québécois passent à l'action. Elles annoncent la création d'une alliance forte et mobilisée pour ramener le bois à l'avant-scène en cette année électorale et rappeler l'importance stratégique de la forêt pour l'économie, la vitalité des régions et la souveraineté économique du Québec.
Selon une étude commandée par l'Alliance de l'écosystème industriel forestier du Québec (AEIFQ) à l'Institut de la Statistique du Québec (ISQ), l'écosystème tout entier de la forêt est responsable de 21 G$ de retombées économiques directes et indirectes au Québec en 2024 et supporte près de 155 000 emplois directs et indirects. Les centaines d'entreprises concernées et les employés qui doivent leur emploi à l'industrie sont responsables chaque année de 3,4 G$ de revenu fiscal et parafiscal au fédéral et au provincial. Pour le gouvernement du Québec seulement, cela représente plus d'argent que le budget du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) ou du ministère de la Culture et des Communications (MCC).
« Le bois doit être au cœur des discussions stratégiques sur l'avenir économique du Québec. Sur toutes les tribunes. Dans tous les débats. Y compris dans la campagne électorale qui s'annonce », affirme Jean Laflamme, président du conseil de Meubles South Shore, membre fondateur de l'AEIFQ.
Dans un contexte marqué par les incertitudes macroéconomiques, les tensions géopolitiques et des enjeux énergétiques majeurs, l'AEIFQ appelle les décideurs publics à reconnaître pleinement le rôle central que joue la forêt québécoise.
« Le bois québécois est un actif stratégique capable de répondre simultanément aux enjeux économiques, énergétiques, environnementaux et régionaux du Québec. Il est temps d'aider tout l'écosystème, de la forêt jusqu'au panneau d'armoire de cuisine, à livrer son plein potentiel », ajoute David Lauzon, président de Planchers de bois Lauzon.
Renouvelable, biosourcé et séquestrant le carbone, le bois constitue un matériau clé de la transition économique et environnementale. Contrairement à d'autres secteurs fortement énergivores, l'industrie forestière crée de la richesse tout en consommant moins d'énergie et en valorisant la biomasse forestière.
Aujourd'hui, le secteur forestier québécois produit près de 180 MW d'énergie renouvelable, un apport significatif dans un contexte où la disponibilité énergétique devient un frein majeur au développement industriel.
« Les matériaux renouvelables prennent une valeur croissante sur les marchés mondiaux. Le bois québécois fait d'ailleurs l'envie du monde entier. Nous pensons qu'il est temps qu'il redevienne un objet de fierté et de développement et que nos décideurs lui accordent toute l'attention qu'il mérite », souligne Frédéric Verreault, vice-président, Affaires corporatives chez Chantiers Chibougamau.
Créée dans un esprit d'urgence et de collaboration, l'Alliance de l'écosystème industriel de la forêt du Québec se veut un espace de mobilisation ouvert à d'autres joueurs de l'écosystème forestier qui souhaiteraient joindre leurs voix.
L'Alliance ne vise pas à se substituer aux associations existantes, mais à trouver de nouvelles perspectives, à amplifier les voix du milieu et à favoriser une approche transversale dans les politiques publiques.