
Face à un environnement d’affaires instable, plusieurs entreprises québécoises se demandent comment se positionner pour l’année à venir. Pour Pierre-Laurent Boudrias, conseiller manufacturier chez STIQ, 2026 marquera un tournant important pour de nombreuses organisations. « Il y a énormément de variables en mouvement, et elles ne touchent pas tous les secteurs de la même façon. Certaines portes s’ouvrent, d’autres se ferment. Les entreprises doivent se préparer à naviguer dans cette incertitude, plutôt que de la subir. »
Géopolitique, politiques commerciales, accords internationaux, fluctuations des marchés : le contexte évolue rapidement et différemment selon les industries. « Ce n’est plus seulement une question de produit. C’est aussi une question de marchés, de clients, de régions. Une entreprise qui vend au Québec n’a pas les mêmes enjeux qu’une entreprise exposée aux États-Unis ou à l’international », souligne Pierre-Laurent Boudrias.
Se préparer pour 2026, c’est d’abord renforcer sa veille informationnelle pour suivre le contexte d’affaires, les tendances des clients et la concurrence.
Les entreprises stables aujourd’hui pourraient voir apparaître de nouveaux concurrents provenant de marchés qui se sont effrités. « Il faut rester connecté à ses marchés, suivre l’évolution de la demande, des clients et des conditions de vente. Le développement des affaires ne peut plus être une fonction passive », affirme Pierre-Laurent Boudrias.
Même logique du côté des fournisseurs. La chaîne d’approvisionnement représente un risque stratégique majeur. « Il faut se connecter à son réseau de fournisseurs, comprendre leur santé financière, identifier ceux qui sont plus vulnérables. Une défaillance chez un fournisseur peut rapidement devenir un enjeu critique pour l’entreprise. »
Dans un contexte incertain ou baissier, il est essentiel de renforcer les fondations internes de l’entreprise. « Avant de penser à la croissance ou à la diversification, dans un contexte de temps de conversion à moyen et long terme, il faut protéger l’entreprise : ses finances, ses liquidités, son expertise et ses employés clés », insiste le conseiller manufacturier chez STIQ. Les dernières années ont été marquées par une rareté de main-d’œuvre et une forte croissance pour plusieurs organisations. Or, un ralentissement ou une variation de volume impose de faire des choix stratégiques.
Plusieurs entreprises souhaiteront préserver leur main-d’œuvre durement acquise. Réduire la productivité pour préserver les équipes est une approche que Pierre-Laurent Boudrias juge peu porteuse, il vaut mieux retirer certaines ressources de la production pour les mobiliser sur des projets structurants. « Optimisation de processus, amélioration de la productivité, organisation des flux, des entrepôts : il y a énormément de gains à aller chercher sans nécessairement investir dans de nouvelles machines. » Il faudra dans tous les cas décider jusqu’à quand préserver des ressources non requises par le volume d’affaires.
Ultimement, toutes ces réflexions doivent converger vers une planification stratégique mise à jour, adaptée à la réalité de 2026. « Les entreprises doivent prévoir leurs scénarios : si tel client ralentit, si tel marché se ferme, qu’est-ce qu’on fait? Il faut décider d’avance, prévoir son plan B et surtout, ses mesures de contingence », explique Pierre-Laurent Boudrias.
Cette démarche commence souvent par un bilan interne à 360 degrés, par département. « Ce n’est pas nécessairement un bilan financier. C’est une évaluation de la performance, des expertises et de la capacité d’adaptation de l’entreprise. »
Pour le conseiller manufacturier chez STIQ, les priorités sont claires : se connecter à ses marchés et à ses fournisseurs, suivre l’évolution du contexte d’affaires, prendre des décisions en matière de ventes et de développement, protéger ses finances et ses liquidités, et aller chercher des gains de productivité avec les ressources clés libérées par la force des choses.
« Ceux qui réussiront en 2026 sont ceux qui auront pris le temps de se préparer, d’anticiper et d’aligner toutes les fonctions de leur entreprise dans une même direction. »