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Jun

Redonner du poids au manufacturier : un choix économique incontournable pour le Québec

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Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ)

À l’approche des élections générales québécoises de 2026, le Québec se trouve à un moment crucial pour son économie. Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude, les tensions commerciales, les bouleversements géopolitiques et la compétition accrue entre les États pour attirer les investissements, une question s’impose : quelle place voulons-nous accorder au secteur manufacturier dans l’avenir économique du Québec?

Le manufacturier représente plus de 500 000 emplois, 13 600 entreprises et 86 % des exportations québécoises. Il constitue le cœur économique de nombreuses régions et demeure le plus important secteur en termes de poids dans le PIB québécois. Pourtant, malgré son rôle structurant, il a progressivement perdu du terrain au cours des dernières décennies. Il y a vingt ans, le secteur manufacturier représentait près de 20 % du PIB québécois. Aujourd’hui, cette proportion se situe autour de 12,3 %.

Cette diminution n’est pas anodine. Elle témoigne d’un manque de vision industrielle à long terme et d’une difficulté collective à reconnaître pleinement la valeur stratégique du manufacturier dans notre économie. Pourtant,  ailleurs dans le monde, les gouvernements font le choix inverse. Les États-Unis, la France, l’Allemagne ou encore le Royaume-Uni investissent massivement pour renforcer leur autonomie industrielle, sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement et améliorer leur productivité.

Le Québec ne peut pas rester les bras croisés.

Revaloriser le manufacturier : une nécessité économique

Le manufacturier moderne est innovant, technologique et hautement stratégique. Derrière les usines québécoises se trouvent des entreprises qui automatisent leurs procédés, développent des solutions de pointe, exportent leur savoir-faire partout dans le monde et créent des emplois spécialisés bien rémunérés.

Le secteur contribue également de façon majeure à la vitalité économique régionale. Dans plusieurs régions du Québec, les entreprises manufacturières sont les principaux moteurs économiques et jouent un rôle central dans le maintien des communautés, des services et des emplois de qualité.

Revaloriser le manufacturier, ce n’est donc pas uniquement soutenir un secteur. C’est investir dans notre autonomie économique, notre capacité d’innovation et notre prospérité collective.

Une véritable stratégie industrielle pour le Québec

Le prochain gouvernement devra aller au-delà des mesures ponctuelles et se doter d’une véritable stratégie industrielle structurante.

Cette stratégie doit reposer sur une vision claire : renforcer la compétitivité du Québec et faire croître  la place du manufacturier dans notre économie. MEQ propose d’ailleurs un objectif ambitieux, mais réaliste : porter à 15 % la part du secteur manufacturier dans le PIB québécois.

Pour y parvenir, plusieurs conditions devront être réunies.

D’abord, les entreprises doivent pouvoir évoluer dans un environnement d’affaires stable et prévisible. Cela passe par des mesures favorisant l’investissement, notamment par le maintien et la bonification des crédits d’impôt à l’investissement et à l’innovation, un accès prévisible aux programmes gouvernementaux et des conditions fiscales compétitives pour les PME manufacturières.

Le gouvernement devra également réduire les obstacles réglementaires qui freinent les projets industriels. Trop d’entreprises font encore face à des délais importants, des processus complexes et des exigences administratives lourdes qui ralentissent leur croissance et découragent les investissements.

Dans un contexte où chaque investissement compte, le Québec doit envoyer un signal clair. Il veut demeurer un endroit compétitif pour fabriquer, transformer et innover.

L’énergie : un avantage concurrentiel à protéger

Un accès fiable à une énergie à coût concurrentiel constitue également un enjeu central pour l’avenir du secteur manufacturier québécois.

Pendant longtemps, le Québec bénéficiait d’un avantage stratégique important grâce à ses coûts énergétiques. Or cet avantage s’effrite de plus en plus. Les entreprises ont besoin de prévisibilité afin de planifier leurs investissements et poursuivre leur croissance.

Le prochain gouvernement devra donc assurer un accès plus transparent et prévisible aux blocs d’électricité, maintenir des tarifs compétitifs et soutenir les entreprises dans leurs efforts de décarbonation.

Les manufacturiers québécois sont déjà engagés dans cette transition. Depuis 1990, le secteur industriel a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de façon importante tout en continuant de créer de la richesse. Il est essentiel que les politiques publiques reconnaissent ces efforts et accompagnent les entreprises de manière pragmatique  sans nuire à leur compétitivité.

La main-d’œuvre : au cœur de la réussite

Aucune stratégie industrielle ne pourra réussir sans travailleurs qualifiés pour la porter.

Avec plus de 12 000 postes vacants dans le secteur manufacturier et une population vieillissante, les défis de main-d’œuvre demeurent majeurs. Le manufacturier doit donc être  une priorité économique dans les discussions entourant l’immigration, la formation et l’intégration des travailleurs.

Le Québec doit adopter une approche plus prévisible et plus économique en matière d’immigration afin de répondre aux besoins réels des entreprises et des régions. Il faut également poursuivre les efforts de requalification et de formation continue afin de permettre aux travailleurs de s’adapter à l’évolution technologique des entreprises.

Mais au-delà des solutions immédiates, un travail de fond devra être réalisé pour mieux faire connaître les carrières manufacturières auprès des jeunes.

Le secteur souffre encore de perceptions dépassées qui ne reflètent plus la réalité des usines d’aujourd’hui. Pourtant, les métiers manufacturiers offrent des perspectives stimulantes, des environnements technologiques avancés et des possibilités de carrière concrètes partout au Québec.

La revalorisation du secteur passera aussi par la revalorisation de celles et ceux qui y travaillent.

Miser davantage sur les produits fabriqués ici

Les dernières années ont également rappelé l’importance de renforcer notre autonomie économique et nos chaînes d’approvisionnement locales. Le gouvernement dépense chaque année des milliards de dollars en contrats publics. Pourtant, les retombées économiques locales sont encore trop peu prises en compte dans les décisions d’approvisionnement.

Le Québec doit davantage considérer les achats publics comme un levier de développement économique. Favoriser les produits fabriqués ici, lorsque possible, permet de soutenir les entreprises locales, protéger les emplois et renforcer notre base industrielle.

Cela ne signifie pas de fermer nos marchés, mais plutôt de reconnaître pleinement la valeur économique et stratégique des entreprises qui fabriquent au Québec.

Un choix de société

Le manufacturier québécois est à un tournant.

Les défis sont nombreux : concurrence internationale, pénurie de main-d’œuvre, pression réglementaire, transition énergétique et ralentissement des investissements. Mais les occasions le sont tout autant.

Le Québec possède des entreprises innovantes, des travailleurs qualifiés, une expertise reconnue et des ressources stratégiques enviées partout dans le monde. Ce qu’il manque maintenant, c’est une volonté politique claire de faire du manufacturier une véritable priorité nationale.

La campagne électorale de 2026 représente une occasion importante de remettre ces enjeux au cœur des discussions économiques. Parce qu’au-delà des chiffres et des politiques, soutenir le manufacturier, c’est faire le choix d’une économie plus forte... plus résiliente... et plus prospère pour l’ensemble du Québec!

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