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Nov

Redonner au manufacturier ses lettres de noblesse : un secteur d’avenir à faire découvrir

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Depuis plusieurs années, la pénurie de main-d’œuvre est souvent présentée comme un simple problème de recrutement. Pourtant, elle trouve ses racines bien en amont. Le système d’éducation ne forme pas suffisamment de techniciens, de travailleurs spécialisés et de professionnels pour répondre aux besoins du secteur manufacturier. Or, cette industrie offre aujourd’hui des carrières stimulantes, diversifiées et bien rémunérées qui demeurent largement méconnues des jeunes.

Une image qui ne reflète plus la réalité

Pendant des décennies, le manufacturier a été associé aux fermetures d’usines, aux délocalisations et à des emplois exigeants dans des environnements peu attrayants. Cette perception persiste, même si elle ne reflète plus la réalité de nombreuses entreprises québécoises. « Le manufacturier d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui d’il y a 30 ans. Les technologies, l’automatisation et les nouveaux procédés ont complètement transformé les métiers », souligne Pierre-Laurent Boudrias, conseiller manufacturier chez STIQ.

Une usine moderne a besoin bien plus que d’opérateurs. On y retrouve des spécialistes en robotique, en automatisation, en contrôle qualité, en génie, en conception, en logistique, en achats, en comptabilité ou encore en technologies de l’information. Les PME manufacturières, qui forment le cœur du tissu industriel québécois, offrent une multitude de possibilités de carrière et d’évolution.

Mieux orienter les jeunes

Alors que les entreprises peinent à recruter, plusieurs écoles de métiers et programmes techniques sont sous-fréquentés. Certaines formations ferment même leurs portes, obligeant les entreprises à créer leurs propres parcours d’apprentissage, notamment grâce aux Programmes d’apprentissage en milieu de travail (PAMT).

Cette situation soulève une question importante : orientons-nous les jeunes vers les parcours qui correspondent réellement à leurs aptitudes? Le modèle scolaire actuel ne répond pas à tous les profils. Chaque année, plusieurs jeunes quittent l’école sans avoir découvert les formations techniques qui pourraient leur offrir un avenir prometteur. « Nous avons tout intérêt à mieux faire connaître les métiers spécialisés avant que les jeunes décrochent du système. Plusieurs découvrent trop tard que ces carrières correspondent parfaitement à leurs intérêts et leur permettent d’accéder rapidement à des emplois valorisants », observe Pierre-Laurent Boudrias.

Une responsabilité partagée

L’industrie a également un rôle à jouer. Les nouvelles générations accordent une grande importance à la qualité de vie, à l’environnement de travail et aux possibilités de développement. Les entreprises qui investissent dans des installations modernes, la formation continue et l’expérience employé se démarquent davantage. À l’inverse, plusieurs organisations doivent encore moderniser leurs pratiques afin de répondre aux attentes de la relève.

Parallèlement, le secteur gagnerait à mieux faire connaître ses succès. Si les grands fleurons attirent l’attention, ce sont surtout les centaines de PME manufacturières qui innovent, exportent et créent des emplois de qualité partout au Québec. « Les entreprises manufacturières ont de belles histoires à raconter. Plus nous ferons connaître leurs innovations, leurs équipes et leurs possibilités de carrière, plus nous contribuerons à changer les perceptions », conclut Pierre-Laurent Boudrias.

Miser sur l’avenir

Redonner ses lettres de noblesse au secteur manufacturier demandera un effort collectif. L’éducation, les entreprises, les parents et les acteurs économiques doivent travailler ensemble pour mieux faire connaître les nombreuses possibilités qu’offre cette industrie. Car derrière chaque usine moderne se trouvent des technologies de pointe, des emplois qualifiés et des carrières porteuses qui contribuent directement à la prospérité du Québec.

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