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Menace de hausse de tarifs contre les avions de Bombardier : Le Canada ne doit pas se laisser intimider

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Crédit photo : Newswire

L’industrie aérospatiale canadienne se retrouve à nouveau au cœur de tensions commerciales avec les États-Unis. L’administration américaine pointe désormais du doigt la certification des appareils Challenger et Global de Bombardier, une situation qui suscite une vive opposition de la part de la FTQ et de ses syndicats affiliés, l'IAM et Unifor.

Une menace pour la stabilité économique

Pour les représentants du secteur, ces pressions politiques mettent en péril un écosystème industriel qui fait vivre près de 45 000 personnes au Québec.

« Encore une fois, on ne peut que déplorer ces menaces qui ne font que semer l'inquiétude chez les travailleurs et travailleuses que nous représentons. L'industrie aérospatiale au Québec est une industrie hautement intégrée et prospère qui fait travailler près de 45 000 personnes ici au Québec. Il est douteux de mettre en péril ce secteur avec des déclarations qui sont à sa face même insensée. Le gouvernement fédéral ne doit pas se laisser intimider, et doit rester vigilant », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.

Des répercussions au-delà des frontières

L'interdépendance des marchés nord-américains signifie qu'une attaque contre Bombardier pourrait se retourner contre l'économie américaine elle-même. David Chartrand, vice-président canadien de l'IAM, rappelle l'ampleur de cette intégration :

« Si le président américain mettait à exécution cette menace, cela aurait un impact négatif non seulement sur les emplois ici au pays, mais également chez nos voisins du sud où près de 10 000 emplois et 2 800 fournisseurs sont liés aux activités de Bombardier, que ce soit du côté des avions d'affaires ou des transporteurs civils », soutient le vice-président canadien du syndicat de l'IAM, David Chartrand.

La sécurité aérienne : un enjeu non négociable

L'utilisation du processus de certification à des fins politiques soulève également des inquiétudes majeures quant à l'intégrité des normes de sécurité. Face à cette situation, les organisations demandent une intervention diplomatique rapide.

« Nous appelons le gouvernement canadien à communiquer promptement avec leurs homologues américains afin de désamorcer la situation et surtout, poser des gestes concrets ici même pour accroître notre résilience et protéger nos emplois », explique Daniel Cloutier, directeur québécois d'Unifor.

Pour une vision stratégique à long terme

Au-delà de la crise actuelle, les leaders du secteur plaident pour une politique industrielle plus robuste afin de protéger durablement ce moteur d'innovation :

« Cet épisode rappelle l'importance, pour le Québec et le Canada, de se doter d'une vision de développement stratégique plus ambitieuse pour ce secteur névralgique de notre économie. L'aérospatiale constitue un domaine de fabrication avancée hautement structurant, avec un impact majeur sur l'emploi qualifié, l'innovation industrielle et les exportations canadiennes », concluent les leaders syndicaux.

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