
Crédit photo : Site web CFIB
Les fondements de l’économie canadienne s’effritent, alors que le nombre de fermetures d’entreprises dépasse celui des ouvertures depuis 6 trimestres consécutifs. Face à la pénurie d’entrepreneurs au pays, les gouvernements doivent prendre des mesures pour inverser cette tendance et freiner le déclin entrepreneurial, soutient la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).
Comme indiqué dans le rapport La pénurie d’entrepreneurs au Canada – Partie 1 : Un écosystème d’affaires en perte de vitesse, le nombre de fermetures dépasse celui des ouvertures depuis le début de 2024, et la situation semble s’aggraver. Au T2 2025, les taux de sorties ont atteint 5,6 %, alors que les taux d’entrées ont diminué pour s’établir à 4,8 % au T4, ce qui représente des taux de fermetures parmi les plus élevés et des taux d’ouvertures parmi les plus faibles observés en dehors de la pandémie.
La FCEI publie la deuxième partie de la série de rapports, La pénurie d’entrepreneurs au Canada – Partie 2 : Rétablir un écosystème d’affaires en perte de vitesse, qui propose des recommandations pratiques pour remédier à la pénurie d’entrepreneurs et améliorer l’écosystème d’affaires au pays.
« La Mise à jour économique de demain est une occasion pour le gouvernement fédéral de s’attaquer à la pénurie d’entrepreneurs au Canada et de rétablir la confiance des PME. Les gouvernements priorisent depuis des années les grandes entreprises au détriment des petites. Le Canada ne peut pas se permettre de continuer de perdre plus d’entreprises qu’il ne s’en crée. Il est temps que les gouvernements renforcent leur soutien aux PME et mettent fin à la pénurie d’entrepreneurs », déclare Vincent Pâquet, analyste principal des politiques à la FCEI.
La FCEI a cerné 3 champs d’action prioritaires pour remédier à la pénurie d’entrepreneurs : réduire les coûts d’exploitation des entreprises, diminuer la paperasserie et répondre à l’évolution du marché du travail au Canada.
Voici les principales recommandations de la FCEI aux gouvernements :
• Faire passer le taux d’imposition fédéral des petites entreprises de 9 % à 6 %.
• Améliorer l’accessibilité et l’abordabilité du financement
• Créer des conditions de concurrence équitables et veiller à ce que les programmes gouvernementaux et les processus d’approvisionnement soient accessibles aux petites entreprises.
• Mesurer le fardeau réglementaire et en rendre compte publiquement.
• Éliminer deux règlements chaque fois qu’un nouveau est adopté (règle du « 2 pour 1 ») afin de réduire la paperasserie.
• Simplifier le commerce intérieur en élargissant la portée de la reconnaissance mutuelle pour y inclure les aliments et l’alcool, et veiller à ce que l’Accord canadien de reconnaissance mutuelle (ACRM) et les lois provinciales soient appliqués de façon uniforme et transparente, avec un minimum d’exemptions.
• Améliorer la qualité de la main-d’œuvre au moyen d’incitatifs à la formation et renforcer les partenariats avec les établissements d’enseignement.
• Conserver, protéger et défendre le Programme des travailleurs étrangers temporaires, et consulter le milieu des affaires avant toute réforme.
• Faire connaître, surtout auprès des jeunes entrepreneurs, les possibilités et les avantages offerts par l’achat d’une entreprise déjà en activité.
• Permettre aux PME de reporter les impôts sur les gains en capital résultant du transfert de l’entreprise aux enfants du propriétaire.
« La pénurie d’entrepreneurs ne se réglera pas d’elle-même. Il faut donner aux entrepreneurs des raisons concrètes de démarrer, de croître et d’investir. Mais en ce moment, les politiques gouvernementales ne donnent pas confiance. Si les gouvernements veulent stimuler l’économie et la productivité, ils doivent passer de la parole aux actes », conclut Michelle Auger, directrice, Échanges commerciaux et compétitivité des marchés, Affaires nationales à la FCEI.
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