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Une nouvelle étude de BDC réalisée en collaboration avec The Icebreaker montre que les PME jouent un rôle de plus en plus central dans la capacité de défense du Canada, à mesure que la demande s’accélère. Toutefois, un écart grandissant se dessine entre les entreprises prêtes à prendre de l’expansion et celles qui demeurent en retrait. Cette situation exerce une pression sur la capacité du pays à renforcer sa base industrielle de défense.
« L’augmentation des investissements en défense au Canada crée une occasion de croissance à trois vitesses pour les PME », a déclaré Peter Dawe, vice-président, Stratégie de défense à BDC. « Certaines entreprises augmentent déjà leur capacité pour répondre à la demande et fonctionnent à plein régime, tandis que d’autres avancent plus prudemment. Il y a aussi un bassin plus large d’entreprises qui travaille encore à accéder à ce marché complexe et fortement réglementé. Chaque groupe fait face à des défis distincts, mais la capacité du Canada à bâtir une base industrielle de défense durable dépendra de la rapidité avec laquelle elles pourront passer à l’échelle supérieure. »
Parmi les 642 propriétaires d’entreprises sondés, un portrait clair se dégage, avec trois stades de participation des PME à l’écosystème de la défense:
Déjà présentes dans le secteur, ces entreprises font face à une forte demande de la part des grands donneurs d’ordre grâce à leur feuille de route éprouvée. Toutefois, leur capacité de croissance rapide est limitée: plusieurs atteignent ou approchent leur pleine capacité et font face à des contraintes de main-d’œuvre et de financement. La demande est immédiate et elles sont déjà appelées à livrer dans le cadre de programmes en cours.
Ces entreprises disposent d’un plus grand potentiel de croissance, mais avancent avec prudence alors qu’elles doivent concilier les occasions en défense avec leurs marchés civils et un contexte économique incertain. Elles requièrent une meilleure visibilité et davantage de certitudes afin d’accélérer leurs investissements. La demande se précise à court terme, liée à des programmes concrets, mais demeure insuffisamment prévisible pour justifier une réaffectation importante de leurs ressources.
Parmi ces entreprises, environ 55 % sont encore au stade d’exploration, tandis que 45 % prévoient entrer sur le marché d’ici trois ans. Leurs capacités peuvent répondre à des besoins importants du secteur, mais elles se heurtent aux obstacles les plus importants, notamment des exigences propres à la défense, des contraintes de financement et des parcours d’entrée difficiles à cerner. Leurs perspectives de croissance s'inscrivent dans le long terme, car leur entrée sur le marché et leur développement nécessitent du temps pour répondre à des exigences complexes et s'assurer une place crédible dans les chaînes d'approvisionnement.
« Le Canada ne part pas de zéro, mais cette étude montre que la véritable occasion consiste à transformer les PME des secteurs connexes en fournisseurs crédibles pour la défense », a déclaré Matthew Lombardi, chef de la direction de The Icebreaker. « Le bassin d’entreprises est là. Ce qui manque à plusieurs, c’est un parcours clair à travers les processus d’approvisionnement, de conformité et de financement. Si le Canada veut renforcer sa base industrielle nationale, il doit rendre ce parcours plus accessible. »
Une grande proportion des PME canadiennes du secteur de la défense sondées sont déjà intégrées aux chaînes d’approvisionnement mondiales: les deux tiers sont actives à l’international, tandis que 14 % ne le sont pas du tout. Les États-Unis demeurent la principale destination d’exportation, avec 63 % des exportations. L’Europe n’en représente que 21 %, ce qui met en évidence une forte dépendance envers le marché américain et une diversification limitée vers d’autres marchés alliés.
« Le Canada entre dans un moment charnière », a déclaré Pierre Cléroux, vice-président, Recherche et économiste en chef à BDC. « La hausse des dépenses en défense crée de réelles occasions pour les PME déjà présentes dans l’écosystème, ainsi que pour celles qui souhaitent s’y positionner. Leur capacité à saisir ces occasions repose sur la visibilité des processus d’approvisionnement, leur niveau de préparation et leur accès à du soutien adapté. »
Depuis le lancement de sa Plateforme de défense en décembre 2025, BDC a doublé son activité dans le secteur, réalisant plus de 100 transactions pour soutenir les entreprises canadiennes des secteurs de la défense et des technologies à double usage. Grâce à une équipe dédiée, BDC cible les 10 capacités clés de la Stratégie industrielle de défense afin de contribuer à bâtir un écosystème innovant, résilient et compétitif à l’échelle mondiale pour les PME et les jeunes entreprises canadiennes.