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Alors que les défis énergétiques se multiplient sur les plans économique, environnemental et géopolitique, la gestion de l’énergie s’impose comme un enjeu important pour les entreprises au Québec. Avec la participation d’approximativement 600 PME, le nouveau rapport La gestion de l’énergie dans les PME du Québec : un défi à relever dresse un portrait de la gestion de l’énergie dans les PME québécoises. Il met en lumière des pistes d’amélioration pour optimiser leur performance énergétique.
Ce rapport a été réalisé grâce à la collaboration entre la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.
La majorité des entreprises sondées connaissent leur coût énergétique global. Toutefois, elles connaissent beaucoup moins leur consommation d’énergie, qu’il s’agisse d’électricité, de gaz naturel ou de produits pétroliers.
« On ne peut pas améliorer sa performance énergétique optimalement sans savoir combien d’énergie on consomme. C’est comme un budget : il faut connaître précisément ses dépenses avant de pouvoir mieux les gérer. » , annonce Noémie Renaud, étudiante à la maîtrise en gestion des opérations et de la logistique, HEC Montréal.
Avec une majorité d’organisations de petites ou de moyennes tailles au Québec, il est important de mettre en place des incitatifs clairs et intéressants pour diminuer la consommation énergétique de ces entreprises.
Toutefois, plusieurs PME estiment que ces programmes sont surtout conçus pour les grandes entreprises. Parmi les obstacles mentionnés, elles évoquent un fardeau administratif trop lourd, une communication mal ciblée, un accès limité aux ressources techniques ainsi que des options de financement peu adaptées à leur réalité.
« Les PME du Québec font face à différents défis énergétiques : prix, transition, électrification. Elles ne sont cependant pas toujours parfaitement au fait des opportunités qui leurs sont accessibles. Il faut davantage de coordination et de soutien pour les accompagner vers une prospérité plus grande et plus efficace. », confirme Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, HEC Montréal.
Les résultats de l’enquête montrent que plus la taille d’une entreprise augmente, plus les décisions liées à l’énergie sont partagées entre les différents acteurs des organisations.
Par ailleurs, les écarts de consommation et de coûts énergétiques varient entre les secteurs économiques. Les leviers d’intervention doivent donc répondre aux réalités sectorielles des PME comme à celles des différentes tailles d’entreprises.
Pour près de 59 % des entreprises répondantes, les coûts d’exploitation figurent parmi les principaux facteurs qui les incitent à mieux gérer leur énergie. Sans stratégie énergétique à long terme, ce levier reste difficile à transformer en véritable avantage de performance.
Le rapport met également de l’avant un phénomène observé chez les entreprises québécoises ayant mis en place des mesures d’efficacité énergétique : l’effet rebond.
Cette situation peut se produire entre autres lorsque les utilisateurs consomment davantage d’énergie parce qu’ils savent qu’une partie de celle-ci est économisée grâce aux mesures implantées. L’effet rebond réduit ou annule les bénéfices attendus, mais permet en principe d’augmenter le niveau de service offert par les entreprises. Il met de l’avant le besoin de constance dans la gestion optimale de l’énergie.
Le statut d’occupation des entreprises dans leurs principaux locaux (propriétaire ou locataire) joue un rôle dans leur capacité à mettre en place des mesures d’efficacité énergétique.
Ce constat pose une contrainte structurelle dans le paysage de la gestion optimale de l’énergie dans l’immobilier. Les locataires-entrepreneurs peuvent avoir la volonté de mettre en place des mesures plus ambitieuses en efficacité énergétique. Toutefois, les propriétaires les contraignent en raison des investissements requis et du faible retour à court terme qu’ils peuvent en retirer.
« Pour réussir la transition énergétique au Québec, il faut partir de la réalité de la colonne vertébrale de notre économie : les PME. Les dirigeants de petites entreprises sont de véritables chefs d’orchestre, et la gestion de l’énergie devient un instrument de plus à maîtriser pour éviter les fausses notes. Après les imprévus et les crises des dernières années, nos entrepreneurs ont été plus qu’éprouvés. Cette étude offre le portrait le plus précis et le plus actuel de la réalité énergétique des PME. Nous espérons que cela les aidera à mieux s’outiller et encouragera les décideurs à adopter des politiques publiques qui rejoignent réellement la réalité de nos petites entreprises. » , souligne François Vincent, vice‑président Québec, FCEI.
Pour en savoir plus, consultez La gestion de l’énergie dans les PME du Québec : un défi à relever, par Noémie Renaud, étudiante à la M. Sc. Gestion des opérations et logistique à HEC Montréal.