
Dans un contexte où les entreprises manufacturières doivent composer avec des changements rapides, une main-d’œuvre en transformation et une pression constante sur la productivité, la formation n’est plus un simple moyen de développer les compétences. Elle devient un levier stratégique pour améliorer la performance, soutenir les équipes et accompagner le changement.
Dans le cadre d’un vaste projet visant à accroître le recours à la formation dans les entreprises manufacturières, les Manufacturiers Mauricie-Centre-du-Québec (MMCQ) se sont notamment penchés sur les besoins de ses membres et sur les façons dont la formation peut être mieux adaptée à leur réalité. Voici un résumé d’un exercice mené en mai dernier en lien avec cette importante initiative dont le rapport sera rendu public cet automne.
Deux grandes familles de besoins ont été considérées, soit l’efficacité opérationnelle et la gestion des humains.
Sur le plan opérationnel, les entreprises souhaitent notamment renforcer le suivi de la performance, la planification, l’organisation du travail et l’optimisation des processus. Les indicateurs de performance, la standardisation, la résolution de problèmes et l’amélioration continue figurent également parmi les priorités. La capacité à mieux utiliser les données et les outils numériques, notamment les ERP et les CRM, est aussi au cœur des préoccupations. Quant à l’intelligence artificielle, elle est perçue davantage comme un moyen d’améliorer les pratiques que comme une fin en soi ou un sujet de formation isolé.
Du côté humain, un constat ressort avec encore plus de force. La gestion du changement est devenue incontournable. Les entreprises doivent composer avec des transformations de plus en plus rapides et cherchent à mieux accompagner leurs employés, notamment face à l’introduction de nouvelles technologies et de nouvelles façons de faire. La communication interne, le leadership, la gestion des équipes et des conflits, le transfert des compétences et l’accompagnement des gestionnaires de premier niveau font également partie des besoins exprimés.
La formation elle-même doit toutefois évoluer. Les manufacturiers souhaitent des contenus accessibles, dynamiques et directement applicables. À titre d’exemple, une formation d’une journée complète peut être difficile à intégrer aux opérations alors que pour les employés de production, une durée d’environ une heure est souvent plus réaliste.
Le coût constitue également un frein à l’accessibilité. Les entreprises recherchent des formations de qualité, mais dont les coûts demeurent compatibles avec leurs réalités et leurs moyens.
Les manufacturiers qui ont pris part à l’exercice souhaitent également que les formateurs connaissent la réalité du plancher, partagent des cas pratiques et offrent un accompagnement après la formation. Du matériel de référence, comme un cahier du participant ou les présentations utilisées, peut aussi être apprécié afin de pouvoir revenir aux notions abordées une fois de retour en entreprise. Autrement dit, la bonne formation ne s’arrête pas lorsque le formateur quitte la salle. Elle se poursuit sur le plancher, dans l’action, avec de l’observation, du coaching et des retours sur les situations vécues.
Pour les MMCQ, les constats recueillis lors de l’activité de mai dernier et tout au long des consultations menées au cours des derniers mois constituent une mine d’informations. Ils montrent surtout qu’il ne suffit pas d’offrir davantage de formation. Il faut offrir la bonne formation, au bon moment et de la bonne façon, en tenant compte des contraintes opérationnelles et des réalités humaines propres au secteur manufacturier.