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États généraux de la métallurgie 2026: le secteur discute de guerre tarifaire, de technologie et de main-d’œuvre

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Crédit photo: Adobe stock

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Le Comité sectoriel de main-d’œuvre de la métallurgie du Québec (CSMO-M) réunit plus de 200 dirigeants d’entreprises, représentants syndicaux, partenaires institutionnels et acteurs de la formation dans le cadre des États généraux de la métallurgie 2026. Présentée par ArcelorMittal Produits longs Canada et réalisée grâce au soutien financier du gouvernement du Québec, accordé par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), cette édition est animée par le journaliste Stéphan Bureau sous le thème « Un monde de transformations ». Elle propose une journée de concertation sectorielle visant à définir des leviers pour la position de l’industrie dans l’économie nord-américaine au cours des prochaines années.

« Notre capacité d’adaptation et d’innovation sera notre avantage concurrentiel », déclare Marie-France Charbonneau, directrice générale du CSMO-M. « Notre industrie a toute la capacité de transformer les pressions actuelles en avantage concurrentiel, mais nous devons saisir les opportunités rapidement. Les entreprises qui vont se démarquer dans les prochaines années sont celles qui auront su diversifier leurs marchés, moderniser leurs procédés et miser sur leurs équipes. On ne contrôle pas la conjoncture internationale, mais on contrôle notre capacité d’adaptation, et c’est précisément là-dessus que le secteur doit investir dès maintenant », ajoute Mme Charbonneau.

Un secteur névralgique pour l’économie

La métallurgie représente 16 % des exportations internationales du Québec et 1,2 % de son PIB. Le Québec compte pour 46 % du PIB sectoriel et 47 % des exportations métallurgiques du Canada, et se classe au 4e rang mondial des producteurs d’aluminium.

Les grands chantiers des prochaines années

Selon le CSMO-M, les échanges de la journée visent à dégager une feuille de route autour des enjeux suivants :

  • Obtenir une stratégie industrielle québécoise: le CSMO-M estime que le secteur a des atouts mais qu’il lui manque un plan structurant, soit un maillage entre producteurs, transformateurs et établissements de formation, appuyé par des outils pour protéger la chaîne de valeur et soutenir les investissements.
  • Diversifier les marchés d’exportation: 90 % des exportations métallurgiques québécoises étaient destinées aux États-Unis en 2024. L’industrie oriente ses ventes vers l’Europe et les marchés canadiens, une tendance amorcée en 2025 avec une hausse de 1,1 G$ des exportations vers l’international hors États-Unis.
  • Se positionner face aux investissements en défense: à mesure que la stratégie industrielle de défense du Canada se précise, le secteur dit vouloir capter une part des retombées pour l’aluminium, le cuivre et l’acier québécois.
  • Innover et moderniser: l’adoption de technologies numériques et la modernisation des équipements peuvent accroître la productivité, selon le CSMO-M, mais doivent s’accompagner d’un rehaussement des compétences, particulièrement chez les PME du secteur de l’acier et des fonderies.
  • Anticiper le virage démographique de la main-d’œuvre: la pénurie de main-d’œuvre s’est atténuée au cours de la dernière année, mais le vieillissement des travailleurs, avec le départ à la retraite prévu de nombreux employés de 55 ans et plus, appelle une planification du recrutement. La modernisation des équipements est présentée comme un moyen de réduire les risques liés à cette transition.
  • La prévisibilité: le CSMO-M considère qu’une plus grande stabilité réglementaire et commerciale permettrait au secteur de planifier ses investissements à long terme.

Une programmation en quatre temps

Animée par Stéphan Bureau, la journée s’articule autour de quatre blocs. Le premier, La métallurgie en mutation, dresse un état des lieux du protectionnisme américain et des tensions commerciales avec Jean Simard, président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada (AAC) et membre du Comité consultatif sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, et Roxanne D. Brown, présidente internationale du United Steelworkers.

Le deuxième bloc, Une stratégie concertée pour faire face aux transitions, porte sur la concertation entre entreprises, représentants de la main-d’œuvre, milieu de la formation et gouvernements. Lors du dîner-conférence, Bob Rae, ex-premier ministre de l’Ontario, ex-ministre fédéral et ex-ambassadeur du Canada à l’ONU, présente sa lecture du contexte géopolitique et de ses effets sur les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis.

Le troisième bloc, L’adaptation de la main-d’œuvre dans un monde de transformations, porte sur les moyens d’accroître la contribution des travailleuses et travailleurs à la productivité et à la compétitivité de l’industrie.

La journée se conclut avec une table des dirigeants réunissant des représentants d’ArcelorMittal Produits longs Canada, Rio Tinto, Alcoa, du Syndicat des Métallos, de la FIM-CSN, d’Elkem, de Fusium, de Mitchell Aerospace et de Glencore, qui discutent des leviers dont dispose l’industrie.

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