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État et potentiel de la maintenance prédictive : Légère progression en 2025 dans les usines du Québec

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Auteur:  
Dominique Lemoine

La proportion des entreprises manufacturières québécoises qui avaient déjà intégré la maintenance prédictive à leurs façons de faire aurait été de 32 % en 2025. Il s’agit d’une hausse par rapport au 27 % de 2019, selon le sondage à la base du portrait manufacturier publié en mai 2026 par STIQ.

Il s’agit de la hausse la plus notable dans les usages industriels de technologies numériques, à égalité avec l’utilisation de plateformes mobiles connectées (+5 %).

En comparaison, 28 % des entreprises avaient déjà intégré la surveillance et le contrôle en temps réel, 27 % la robotique, 25 % l’interconnexion des équipements, 25 % des plateformes mobiles connectées, 21 % l’interconnexion avec les clients ou les fournisseurs, 16 % des cellules de production autonomes et 7 % la prise de décision autonome.

Il s’agit de reculs dans les cas des utilisations en usine de la surveillance et du contrôle en temps réel (-2 %), de l’interconnexion avec les clients ou les fournisseurs (-2 %) et des cellules de production autonomes (-3 %).

Hésitations sur le terrain, dans les usines

Des entreprises préfèrent investir dans des actions moins coûteuses qui améliorent quand même leur performance avant d’investir en nouveaux équipements et robotisation. Comme investir pour optimiser leurs machines actuelles ou pour repenser l’aménagement actuel de l’usine et des postes.

Par manque de moyens et de temps, moins de la moitié (45 %) des entreprises industrielles du Québec avaient en 2025 mis en œuvre un virage vers l’automatisation ou la robotisation de tâches, selon le sondage produit par l’association Sous-traitance industrielle Québec (STIQ).

« Les PME ne disposent souvent pas assez de compétences à l’interne et sous-estiment la complexité et la durée d’implantation. Par conséquent, elles attendent, reportent à plus tard leur décision ou encore, ne font pas toujours les bons choix dans le bon ordre », résume STIQ.

Toujours selon STIQ, les PME manufacturières devraient investir beaucoup plus, notamment en automatisation, afin de renverser le déclin graduel de la part du secteur manufacturier dans l’ensemble de l’économie québécoise.

Débuts de la maintenance prédictive chez Adfast

Le fabricant d’enduits et adhésifs Adfast, à Saint-Laurent sur l’île de Montréal, commence à réaliser des projets de robotique guidée par la vision ainsi que de maintenance prédictive, selon Chaima Chekhaba, développeuse en système d’exécution de la fabrication, robotique et IA chez Adfast.

« Nous travaillons sur un projet encore en développement de robot guidé par la vision, pour nettoyer des vaisseaux industriels. L’objectif est de confier au robot des tâches difficiles à réaliser manuellement », précise-t-elle.

Ce système mobilise des caméras et des logiciels spécialisés, « pour permettre au robot de voir son environnement et d’effectuer son travail avec précision ».

L’objectif d’Adfast n’est pas encore d’utiliser ce système ou de l’IA pour automatiser des inspections, détecter des anomalies ou prévenir des défaillances sur ses lignes de production. Il demeure pour l’instant d’automatiser des tâches difficiles et répétitives, d’améliorer l’efficacité et de réduire l’effort exigé des employés concernés.  

Potentiel de la maintenance prédictive selon un fournisseur

L’entreprise allemande Festo commercialise des technologies d’automatisation de procédés auprès d’usines, notamment en

Amérique du Nord et au Canada. Nous avons parlé à son chef mondial des produits, Frank Latino, depuis Long Island.

« Nous vendons des appareils intelligents qui utilisent des capteurs intégrés, à des entreprises manufacturières pour aider à améliorer leurs systèmes. Nous vendons aussi une suite logicielle pour la maintenance prédictive qui utilise des capacités d’apprentissage machine et d’IA », dit-il.

Par exemple, « pour un client qui a une presse à marquer, nous pourrions utiliser certains capteurs dans la machine pour surveiller son comportement. Ainsi, si nous y voyons un dérapage quelconque, nous pourrions être capables d’identifier le matériel problématique », dit-il.

En bref, Festo développe et vend à des usines des produits qui leur permettent de collecter des données, de surveiller des actifs opérationnels, de repérer leur dégradation, de planifier des réparations ou des remplacements, et ce, avant qu’un événement « catastrophique » ne survienne et que la machine ou la pièce ne cesse de fonctionner.

Les actifs concernés peuvent par exemple être des bielles, des mécanismes de roulement, des soudeuses automatiques et des cylindres et vérins pneumatiques. Les capteurs ajoutés aux systèmes peuvent détecter des anomalies typiques, des fuites, la présence d’eau sale dans un système à air comprimé, des variations de pression ou des vibrations.

Avec son logiciel d’applications industrielles AX, combiné à des capteurs, Festo vise en particulier de très grandes entreprises comme BMW et Mercedes.

Comment faire si on veut et peut passer à l’action

Selon STIQ, la taille des entreprises est un facteur déterminant dans leur intégration ou non de technologies numériques. Sept entreprises de 10 à 19 employés sur dix n’en auraient intégré aucune ou une seule. À l’opposé, trois entreprises de 100 à 500 employés sur dix auraient intégré quatre technologies numériques ou plus.

Face à un manque de connaissances internes ou à un sentiment d’être submergées par l’ampleur de la tâche, les plus petites entreprises peuvent, selon STIQ, aller chercher du soutien externe pour les aider à élaborer un plan numérique, à implanter les technologies dont elles ont besoin et à y former leur personnel.

« Les entreprises – et davantage les plus petites = ont besoin d’accompagnement objectif pour s’y retrouver et avoir réponse à des questions telles que : Quelles mesures prioriser? Combien coûtent-elles? Dans quel ordre les implanter? Comment les mettre en œuvre sur le terrain? Quelle formation donner au personnel », précise STIQ.

L’association invite les entreprises à se renseigner sur les programmes, guides, outils, formations et incitatifs financiers proposés par les divers paliers gouvernementaux.

Les aides fédérales et provinciales applicables à un projet de maintenance prédictive incluent le programme fédéral Croissance économique régionale par l’innovation pour l’acquisition de technologies et l’optimisation de procédés manufacturiers (Ottawa) et le programme Essor (Québec).

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