
Crédit photo : Adobe Stock
Dix leaders économiques québécois unissent leur voix dans un manifeste intitulé Impératif productivité – Pour un sursaut collectif et durable à court terme de la productivité industrielle du Québec. Ce regroupement d’experts, de dirigeants d’organisations économiques, manufacturières et technologiques pressent le gouvernement du Québec de faire de l’amélioration de la productivité la priorité économique numéro un de l’année 2026.
« Les solutions aux enjeux de productivité sont connues et maîtrisées. Les entreprises ne sont pas seules. », affirme Jérôme Thirion, vice-président exécutif – services-conseils Stratégie & Opérations, Talan Amériques.
Fruit d’une vaste consultation menée auprès de 250 entreprises manufacturières – petites, moyennes et grandes – ainsi que de nombreux experts du terrain, ce manifeste expose des constats sans équivoque : le Québec accuse un retard de productivité important, mais possède tous les leviers nécessaires pour le rattraper. Les entreprises manufacturières du Québec sont des créatrices de valeur et sont à forte majorité, 4 sur 5, à fabriquer des produits propriétaires, dont une partie faisant aussi de la sous-traitance.
« L’automatisation est un levier stratégique et rentable offrant un tremplin pour augmenter la productivité. Pourtant, des obstacles freinent encore les PME, comme les coûts d’implantation, la difficulté de trouver la bonne solution, ou encore le manque de temps. Le gouvernement du Québec doit enlever ces obstacles, pas en créer d’autres. Couper dans la paperasserie et réduire la fiscalité trop lourde des petites entreprises sont des priorités à adopter et à concrétiser maintenant », déclare François Vincent, vice-président pour le Québec à la FCEI.
Dans un contexte de transformation rapide des chaînes d’approvisionnement, d’incertitude économique et de pressions concurrentielles internationales, la productivité manufacturière est devenue un impératif, non seulement pour assurer la résilience économique du Québec, mais aussi pour accélérer sa transition technologique et écologique. C’est le levier stratégique à prioriser pour nous assurer un meilleur avenir économique et collectif pour toutes les régions administratives québécoises.
« La productivité manufacturière n’est pas un enjeu théorique : c’est une condition essentielle pour préserver notre compétitivité, soutenir l’investissement et assurer la pérennité de nos entreprises, partout au Québec. Les manufacturiers sont prêts à faire leur part. Il faut maintenant s’assurer de créer un environnement cohérent, prévisible et réellement propice à la modernisation et à la croissance. », déclare Julie White, présidente-directrice générale, Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ)
« La productivité crée la richesse mais aussi la résilience des entreprises. », déclare Louis J. Duhamel, stratège d’affaires et président de LJD Conseils.
« La productivité exige des choix clairs : de la stabilité, de la cohérence et un engagement ferme à renforcer ce qui fonctionne déjà. La stabilité des programmes et la consolidation des réseaux existants sont aujourd’hui des conditions essentielles pour libérer la performance manufacturière », affirme Dany Charest, directeur général, TechniTextile Québec.
Portée par Talan et soutenue par une trentaine de partenaires de l’écosystème, dont la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ), l’initiative Impératif productivité a généré un véritable élan national, notamment grâce à plus de 20 événements régionaux réunissant des centaines de dirigeants d’entreprises, experts et acteurs du milieu manufacturier.
« Face à l'instabilité des relations commerciales avec les États-Unis et l'entrée en vigueur du CETA renforcé Canada-Europe, les manufacturiers québécois doivent renforcer leur compétitivité par l'adoption de pratiques de production performantes et éprouvées. C’est maintenant une question de souveraineté industrielle. », mentionne Frédéric Chevalier, directeur général, RTMQ.
Les résultats sont clairs : les entreprises sont prêtes à passer à l’action et demandent un environnement plus propice aux investissements, à l’innovation et à la modernisation de leurs opérations.
« L’automatisation, l’IA et l’exploitation des données sont des accélérateurs de productivité, à condition de partir des besoins réels des usines et de sécuriser le passage à l’échelle. Le Québec peut gagner vite si on soutient des projets concrets, mesurables, et si on enlève les frictions qui freinent l’investissement et l’adoption. », déclare Françoys Labonté président-directeur général, CRIM.
Le manifeste propose six recommandations majeures pour stimuler la productivité :
« La productivité manufacturière n’est pas un enjeu technique réservé aux experts : c’est une condition essentielle de notre prospérité collective. Le Québec dispose d’entreprises innovantes, agiles et profondément enracinées dans leurs régions. Ce qu’il faut maintenant, c’est un signal clair et structurant : faire de la productivité la priorité économique de 2026, en alignant politiques publiques, incitatifs et mobilisation de l’écosystème, comme notre programme PASQÉ pour l’industrie électrique du Québec. Le moment d’agir est maintenant. », déclare Marie Lapointe, présidente-directrice générale, AIEQ.