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Sep

Défense, minéraux critiques et IA au cœur d’un rapprochement Canada Europe

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Crédit photo: Adobe stock

Ottawa propose d’approfondir ses relations économiques et industrielles avec l’Union européenne et le Royaume-Uni. Les discussions visent notamment les chaînes d’approvisionnement, la défense, l’énergie et les technologies de pointe, mais plusieurs modalités restent à négocier.

Le Canada souhaite élargir sa coopération industrielle avec ses partenaires européens. Lors d’une visite à Strasbourg et à Liverpool les 16 et 17 septembre 2026, le premier ministre Mark Carney a présenté les secteurs qui pourraient faire l’objet d’une collaboration accrue : les minéraux critiques, les industries de défense, l’énergie, l’intelligence artificielle, la capacité de calcul et les services financiers.

À Strasbourg, le premier ministre a proposé au Parlement européen un partenariat Canada–Union européenne plus intégré. Aucun nouvel accord détaillé, échéancier ou investissement précis n’a toutefois été annoncé dans le communiqué publié à l’issue de la visite. La proposition repose plutôt sur une complémentarité mise de l’avant par Ottawa : les capacités européennes en recherche et en fabrication, combinées aux ressources énergétiques canadiennes, aux minéraux critiques et à l’expertise du pays en spatial, en IA et en informatique quantique.

Des secteurs industriels ciblés

Pour les entreprises manufacturières canadiennes, les échanges pourraient se traduire par un accès accru à des projets européens, particulièrement dans la défense et les technologies stratégiques. Le communiqué ne précise toutefois pas les critères d’admissibilité, les mécanismes d’approvisionnement ni la part qui pourrait revenir aux fournisseurs canadiens.

Le Canada participe depuis février 2026 à l’initiative européenne Agir pour la sécurité en Europe, connue sous l’acronyme SAFE. Ce cadre doit permettre aux entreprises canadiennes du secteur de la défense d’accéder à certains marchés européens. En juin, un premier achat a été annoncé : l’entreprise montréalaise Marconi Technologies doit fabriquer au Canada des radios tactiques ORION destinées au Cybercommandement de la Pologne.

À Liverpool, Mark Carney a également annoncé que le Canada avait officiellement demandé à se joindre à la Force expéditionnaire interarmées dirigée par le Royaume-Uni. Cette démarche concerne d’abord la coopération militaire et l’interopérabilité. Les discussions ont aussi porté sur une éventuelle collaboration industrielle dans le Programme mondial de combat aérien, dont le Canada est observateur depuis juillet 2026, ainsi que sur le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle.

Des échanges déjà importants

Selon les données citées par le gouvernement fédéral, l’Union européenne était en 2025 le deuxième partenaire commercial du Canada pour les biens et les services, avec des échanges totalisant près de 178 milliards de dollars. Le Royaume-Uni représentait pour sa part le principal partenaire commercial canadien en Europe. Les échanges bilatéraux auraient atteint 85 milliards de dollars par année, en hausse d’environ un tiers depuis 2024.

La visite s’inscrit dans la continuité du partenariat stratégique Canada–Union européenne annoncé en juin 2025, lequel couvre notamment le commerce, la technologie, l’énergie et la sécurité. À ce stade, les nouvelles discussions indiquent les priorités sectorielles d’Ottawa, mais leur portée pour les fabricants, les intégrateurs et les fournisseurs canadiens dépendra des accords qui seront conclus et de leurs conditions d’application.

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