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Le gouvernement du Canada a déposé son budget 2026. Il prévoit notamment la pérennisation et l’élargissement de la Mégadéduction à la productivité, ainsi qu’un nouveau financement de 2,3 milliards de dollars pour le secteur des mines et des minéraux critiques. Le nouvel Incitatif canadien à la croissance prévoit une exemption de 15 millions de dollars en gains en capital.
Trois organisations d’affaires ont réagi : la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), l’Association minière du Canada (AMC) et Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).
Selon la FCEI, le budget ne répond pas aux attentes des PME. L’organisme déplore l’absence de baisses d’impôts et de solutions pour que le programme de soutien tarifaire atteigne les PME, alors que le Canada a perçu plus de 14 milliards de dollars en revenus provenant des contre-tarifs. Elle reconnaît toutefois que l’élargissement de la Mégadéduction à la productivité, l’amélioration des dispositions relatives aux roulements pour les petites entreprises et les mesures de simplification fiscale sont favorables aux investissements des PME.
« Le budget est méga décevant pour les PME. Le budget annonce de nouveau la Mégadéduction à la productivité et des projets d’intérêt national. Toutefois, il n’y a rien de prévu pour les propriétaires de PME qui doivent composer avec l’augmentation des frais d’exploitation et les impacts négatifs des tarifs douaniers », a affirmé Jasmin Guénette, vice-président aux Affaires nationales de la FCEI.
La FCEI considère l’Incitatif canadien à la croissance comme une mesure prometteuse, mais estime que ses règles en excluraient environ la moitié des entreprises qui auraient pu en bénéficier.
« L’Incitatif canadien à la croissance est une politique importante qui pourra aider l’expansion et les investissements des PME. Toutefois, comme d’habitude, Ottawa a décidé de limiter cette initiative en y ajoutant de nombreuses règles complexes, qui vont exclure environ la moitié des entreprises qui auraient pu en bénéficier. La FCEI voudra rapidement voir des améliorations apportées à cet incitatif pour y inclure toutes les entreprises dans tous les secteurs », a souligné Jasmin Guénette.
L’AMC salue le renouvellement du financement de la Stratégie canadienne sur les minéraux critiques, la prolongation des incitatifs fiscaux à l’exploration ainsi que le financement visant à faire progresser la Stratégie canadienne en matière d’électricité et la Stratégie canadienne en matière d’énergie nucléaire. Le nouveau financement de 2,3 milliards de dollars du budget vise notamment à :
« Le Budget de 2026 envoie un signal fort aux investisseurs mondiaux et aux alliés du Canada quant à la détermination du Canada à renforcer son industrie des mines et des minéraux critiques », a déclaré Pierre Gratton, président et chef de la direction de l’AMC. « Ces investissements reconnaissent la contribution essentielle de l’industrie minière à la vigueur économique, à la compétitivité industrielle et à la sécurité nationale du Canada. La priorité est maintenant l’exécution. Grâce à une mise en œuvre rapide et à des politiques pratiques et prévisibles, nous pouvons transformer ces engagements en nouvelles mines, en une capacité de transformation nationale renforcée, en exportations accrues et en emplois bien rémunérés. C’est l’occasion d’accroître la participation économique des Autochtones et de renforcer le rôle du Canada en tant que fournisseur fiable de minéraux et de métaux. »
Selon l’AMC, le secteur minier canadien a contribué à hauteur de 111 milliards de dollars au produit intérieur brut du Canada en 2024, soit plus de 5 % de l’économie lorsque l’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz sont incluses. Le secteur employait directement 438 000 personnes et soutenait 272 000 emplois indirects.
MEQ accueille favorablement la pérennisation et l’élargissement de la Mégadéduction à la productivité, qu’elle dit réclamée depuis longtemps par le secteur manufacturier, ainsi que le nouvel Incitatif canadien à la croissance. L’organisation se dit toutefois préoccupée par l’absence de nouvelles mesures ciblées pour les manufacturiers touchés par les tarifs américains et par le manque d’orientations concernant les travailleurs étrangers temporaires. Elle ajoute que le recours à des prêts ne peut, à lui seul, répondre aux besoins des entreprises qui subissent des pressions sur leurs coûts et leurs liquidités.
« Nous sentons une réelle volonté du gouvernement fédéral de stimuler l’investissement et de créer un environnement plus favorable à la croissance économique. C’est un signal positif dans le contexte actuel. Mais il faut aussi être clairs : ce budget laisse les préoccupations majeures de nos manufacturiers sans réponse. Les entreprises qui subissent les conséquences des tarifs américains ont besoin d’un soutien concret, pas simplement de nouvelles possibilités d’emprunt. Et sur la main-d’œuvre, particulièrement les travailleurs étrangers temporaires, nous sommes déçus de ne pas voir de solutions à la hauteur des besoins du secteur manufacturier. Ce sont des enjeux qui touchent directement leur capacité à produire, à investir et à maintenir leurs activités dans toutes les régions du Québec. Nous demeurons pleinement disposés à travailler avec le gouvernement pour que ces préoccupations soient entendues rapidement et que les engagements annoncés se traduisent en résultats concrets sur le terrain », a souligné Stéfanie Tougas, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.
MEQ indique qu’elle poursuivra ses représentations auprès du gouvernement fédéral afin que les priorités des manufacturiers québécois soient prises en compte dans la mise en œuvre des mesures budgétaires.