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Budget de Montréal : la FCEI tire la sonnette d'alarme sur la pression fiscale exercée sur les entreprises

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Crédit photo: Adobe stock

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La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) et l'Association des SDC de Montréal dressent un portrait de la situation économique des entreprises montréalaises à la suite de l'élection municipale. Le nombre d'entreprises recule dans l'agglomération, les locaux commerciaux et industriels affichent des taux d'inoccupation en hausse et de nouvelles augmentations de taxes sont prévues. Les deux organisations demandent à l'administration municipale de tenir compte de la situation des PME dans l'élaboration de son budget 2027.

Plusieurs indicateurs témoignent des difficultés rencontrées par les entreprises montréalaises :

  • Moins d'entreprises et des faillites encore élevées. L'agglomération comptait 64 224 établissements d'affaires avec employés en décembre 2024, soit 425 de moins qu'un an auparavant. Les plus petites entreprises (1 à 4 employés) sont les plus touchées, avec une baisse de 1,5 %. Les faillites d'entreprises ont atteint 820 en 2024. Elles ont ensuite reculé à 602 en 2025, mais restent près de 60 % au-dessus de leur niveau de 2021 (382).
  • Des locaux commerciaux et des bureaux vacants. Au centre-ville, le taux d'inoccupation des bureaux atteignait 16,8 % au troisième trimestre 2026, soit plus du double de son niveau de 2019 (7,6 %). Entre 2019 et 2024, il est passé de 15,7 % à 23,5 % dans la couronne centrale et de 15,4 % à 22,4 % dans l'Est de Montréal. Les espaces industriels affichent également une hausse de leur taux d'inoccupation. Dans la couronne centrale, celui-ci est passé de 2,6 % à 3,6 % entre le troisième trimestre 2025 et le troisième trimestre 2026, une augmentation de près de 40 %.
  • Une hausse du fardeau fiscal. Au centre-ville, une hausse de 10 % de la taxe locale de Ville-Marie est prévue pour 2027, après une augmentation de 3 % en 2026. À l'échelle de la ville, les taxes du secteur non résidentiel ont déjà augmenté de 3,4 % en 2026, tandis que les taxes locales des arrondissements devraient progresser de près de 9 % en moyenne en 2027.
  • Un écart entre les contributions fiscales résidentielles et non résidentielles. Les immeubles non résidentiels représentent 17 % de la valeur foncière, mais acquittent 51,1 % des taxes foncières en 2025. Le ratio de taxation de la Ville de Montréal atteint 4,44, comparativement à 3,52 sur la Rive-Nord et à 3,83 sur la Rive-Sud.

Selon un sondage de la FCEI mené en 2026 auprès de 878 propriétaires de PME de Montréal, 76 % des répondants placent le fardeau fiscal total parmi leurs principales préoccupations. La réglementation et la paperasse arrivent au deuxième rang, avec 62 %, suivies de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, à 55 %. Près d'un entrepreneur sur deux (49 %) se préoccupe également du coût du gouvernement local.

« Aujourd'hui, un commerçant montréalais paie, pour la même valeur foncière, plus de quatre fois ce que paie un propriétaire résidentiel. Il y a un an, les Montréalais ont élu une administration qui promettait de limiter les hausses de taxes et d'être à l'écoute des entrepreneurs. Le budget 2027 sera un vrai test. Les PME ne peuvent plus servir de guichet automatique pour les recettes de la Ville », affirme Vincent Pâquet, directeur pour le Québec à la FCEI.

Les demandes des organisations pour le budget 2027

La FCEI et l'Association des SDC de Montréal demandent à l'administration Martinez Ferrada d'accorder une place prioritaire aux PME dans son budget 2027. Elles souhaitent notamment que les décisions budgétaires tiennent compte de la situation des commerces et des artères commerciales, sans entraîner de nouvelles augmentations importantes du fardeau fiscal des entreprises.

« Nos artères commerciales et nos districts d’affaires font vivre Montréal. Pour les entreprises qui y sont établies, le poids des taxes et la complexité des démarches administratives réduisent la marge de manœuvre pour investir et se développer, tandis que les locaux vacants fragilisent la vitalité des quartiers. Le budget 2026 visait à maintenir l’augmentation des taxes non résidentielles à l’inflation et à réduire l’écart entre le résidentiel et le non résidentiel. Nous avons tout intérêt à poursuivre dans cette voie et à créer des conditions qui donnent aux entrepreneurs la confiance de rester et l’envie de s’établir à Montréal. Le prochain budget est l’occasion de traduire cette ambition en gestes concrets », souligne Sébastien Ridoin, directeur général de l’Association des SDC de Montréal.

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