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May

Baromètre industriel québécois de STIQ : la productivité est l'urgence numéro un des PME manufacturières

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Crédit photo : STIQ

STIQ, le plus grand réseau manufacturier au Québec, dévoile les résultats de la 17e édition de son Baromètre industriel québécois, une étude annuelle réalisée auprès de 500 PME manufacturières d'ici. Cette étude présente une analyse approfondie de l'état actuel du secteur manufacturier québécois, mettant en évidence les tendances, les défis et les opportunités pour les PME du domaine.

Cliquez ici pour accéder à la 17e édition du Baromètre industriel québécois.

Cette année, l'étude présente les effets du ralentissement économique sur les PME manufacturières québécoises : baisse du taux de croissance des ventes, stagnation ou baisse des investissements, baisse du taux de croissance du nombre d'employés et absence de progrès notable en implantation des technologies numériques.

Face aux effets des tarifs américains et des nouvelles restrictions concernant les travailleurs étrangers temporaires, et considérant le retard de productivité, le Baromètre démontre que les entreprises québécoises mettent de l'avant des solutions pour pallier ces situations, telles que l'amélioration de la productivité ou le développement de marchés.

« Le secteur manufacturier québécois est à la croisée des chemins. Dans un contexte économique et commercial en mutation, il est essentiel de s'attaquer de manière structurée à l'enjeu de la productivité. Cela passe notamment par des investissements accrus en recherche et développement, en innovation et en automatisation, par l'optimisation des méthodes de gestion, par l'intensification du virage numérique, par l'utilisation du potentiel grandissant de l'IA et par le rehaussement des compétences des employés. C'est à cette condition que les PME manufacturières pourront renforcer leur compétitivité et contribuer pleinement à la vitalité économique du Québec. », annonce Richard Blanchet, président-directeur général, STIQ.

Productivité : l'urgence d'agir

La productivité insuffisante des entreprises québécoises et canadiennes constitue un facteur important expliquant le déclin relatif du secteur manufacturier par rapport à l'ensemble de notre économie. Au cours de la dernière décennie, l'écart de productivité avec la plupart des économies développées du monde a continué à se creuser.

Le rehaussement de la productivité constitue donc un enjeu de taille pour assurer la compétitivité et la viabilité à long terme des PME québécoises.

Les résultats du Baromètre sont éloquents : la productivité constitue la variable qui influence le plus la performance des entreprises. Celles qui déploient le plus de mesures pour améliorer leur productivité affichent des résultats beaucoup plus positifs : leur chiffre d'affaires a augmenté davantage, elles sont plus nombreuses à exporter à l'international, sont plus proactives face au protectionnisme américain, prévoient embaucher dans une proportion plus élevée et sont nettement plus avancées dans leur virage numérique.

Protectionnisme américain : réagir plutôt que subir

L'étude du Baromètre révèle que six PME manufacturières québécoises sur 10 vendent à l'extérieur du pays et, qu'en moyenne, 80 % de leurs ventes extérieures vont aux États-Unis. Il n'est donc pas surprenant que 80 % des PME disent subir les effets négatifs des tarifs américains.

Devant la diminution de leur marge bénéficiaire, la diminution du volume de commandes de certains clients ou encore, la perte de clients, les PME ont décidé de réagir. Si les tarifs américains ont eu un effet positif collatéral, c'est d'avoir suscité une prise de conscience de la nécessité d'accroître sa productivité et de diversifier ses marchés. Et ce sont ces mesures que les entreprises sondées ont priorisé en réponse au protectionnisme américain.

On peut applaudir le fait que les trois quarts des PME prévoient investir pour améliorer leur productivité, ce qui constitue le plus grand défi du secteur manufacturier. De plus, il est encourageant de constater qu'une assez forte majorité des répondants entendent développer de nouveaux marchés, que ce soit au Québec, dans le reste du Canada ou dans le reste du monde (hors États-Unis).

Plus de la moitié des entreprises emploient des travailleurs étrangers temporaires

Plus de la moitié des PME sondées ont des employés ayant le statut de travailleur étranger temporaire, et ceux-ci comptent en moyenne pour près de 14 % des effectifs. Parmi ces entreprises, près des deux tiers disent être affectés par les récentes mesures règlementaires sur la limitation du nombre de travailleurs étrangers temporaires.

Face à cet enjeu, elles prévoient implanter plusieurs mesures, les principales étant l'amélioration de la productivité (88 %), l'automatisation et la robotisation (66 %) et la hausse de salaire pour certains postes (56 %). Le refus de certaines commandes est moins mentionné (38 %), mais non négligeable.

Fait intéressant à noter : à taille égale, les entreprises qui ont mis en place plusieurs mesures pour augmenter leur productivité sont proportionnellement plus nombreuses à employer des travailleurs étrangers temporaires.

Virage numérique : passer à une autre étape

Depuis plusieurs années, les résultats du Baromètre montrent que l'implantation des nouvelles technologies numériques dans les entreprises ne progresse pratiquement pas. Près de 20 % des entreprises sondées sont modérément ou très avancées dans leur processus d'intégration, soit au moins quatre technologies intégrées. En même temps, plus de la moitié des entreprises n'ont intégré aucune ou qu'une seule technologie numérique dans leurs opérations.

Ces pourcentages étaient similaires en 2018. On peut donc en conclure que plusieurs entreprises ont avancé dans leur processus de numérisation en concentrant principalement leurs investissements dans l'implantation de technologies déjà existantes plutôt que d'implanter de nouvelles technologies.

« Le Baromètre de STIQ le montre clairement : la productivité est l'urgence numéro un pour les PME manufacturières, particulièrement face aux tarifs américains, aux instabilités géopolitiques et à la rareté de main-d'œuvre. La Banque Nationale est heureuse de s'associer à STIQ, encore une fois cette année, pour soutenir les entreprises qui accélèrent leur virage numérique et diversifient leurs marchés. », déclare Hugues Nantel, Vice-président régional Entreprises et Gestion privée, Banque Nationale du Canada.

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