| |
Estrie • Montérégie
Produits
électroniques
Le recyclage de produits
électroniques : un créneau en pleine effervescence
| |
 |
|
| |
Par Jean-François Guillet
|
|
En Montérégie, l’industrie du recyclage est un des fleurons
économiques. Mais voilà que la région peut désormais s’enorgueillir
de son nouveau statut : celui de chef de file en matière de
récupération de matériel électronique. En effet, Solutions e-Cycle,
une réputée compagnie canadienne qui se spécialise dans le recyclage
de composantes électroniques désuètes, a récemment choisi de
s’implanter à Salaberry-de-Valleyfield.
On peut dire que l’inauguration des
installations de Solutions e-Cycle dans la capitale du Suroît en
octobre dernier tombe plutôt à point. En fait, l’entreprise
albertaine fondée en 2005 a décidé de s’établir dans l’ancienne
usine de Gildan, dont la fermeture a entraîné la mise à pied de
centaines de travailleurs en 2006. La nouvelle vocation de
l’établissement campivallensien d’une superficie de 80 000 pieds
carrés, soit le sixième de la firme canadienne et le seul au Québec,
fait donc le bonheur de tout un chacun. De plus, les perspectives de
développement durable qu’engendre une telle entreprise favorisent à
coup sûr le rayonnement de la municipalité au niveau national, un
aspect — il va sans dire — non négligeable.
Des investissements majeurs
En plus de créer des emplois directs, l’implantation de Solutions
e-Cycle a généré des retombées de l’ordre de 500 000 $ chez
différents sous-traitants régionaux durant la réfection de
l’édifice. De même, la firme canadienne a pu compter sur un bon coup
de pouce des instances gouvernementales ainsi que du Centre local de
développement (CLD) Beauharnois-Salaberry. Le gouvernement fédéral
lui a notamment versé une contribution remboursable de 750 000 $,
fonds qui ont été octroyés en vertu du programme Croissance des
entreprises et des régions. Ainsi, dans un récent communiqué, le
bureau d’affaires de Développement économique Canada en Montérégie
soulignait que « l’environnement et la microélectronique sont des
créneaux prioritaires. Le maintien de la structure manufacturière de
la collectivité visée par le projet constitue également un objectif
de premier plan. » Qui plus est, le ministère du Développement
économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) du Québec
lui a consenti un montant de 650 000 $ dont seulement 150 000 $
devront être remboursés. Quant au CLD, il a collaboré au projet en
prêtant 150 000 $ pour le montage financier.
|
 |
|
BV photo inauguration : C’est en
grandes pompes que de nombreux dignitaires ont inauguré
la nouvelle usine de Solutions e-Cycle dans la capitale
du Suroît en octobre dernier. De gauche à droite se
succèdent M. Dry, représentant du gouvernement fédéral,
le maire de Salaberry-de-Valleyfield, M. Denis Lapointe,
M. Andrew Kuhn, président du conseil d’administration de
Solutions e-Cycle, Mme Nicole Ménard, ministre du
Tourisme et ministre responsable de la région de la
Montérégie, ainsi que M. Gary Powers, président de la
compagnie.
|
« Il s’agit d’un projet d’envergure de
l’ordre de 6,2 millions de dollars. La proximité de l’Ontario, les
systèmes routiers et maritimes, la main-d’œuvre abondante et les
subventions, tout ceci a pesé dans la balance quand est venu le
temps de choisir le meilleur emplacement pour notre entreprise. Nous
sommes d’ailleurs très fiers de nous établir au Québec », souligne
Andrew Kuhn, président du conseil d’administration de Solutions
e-Cycle. « Notre usine québécoise deviendra une des plus
performantes au pays. Nous comptons environ vingt-deux employés en
ce moment et nous prévoyons que ce chiffre grimpera à cinquante
d’ici les trois prochaines années », renchérit-il.
Les temps changent
L’empreinte écologique de l’homme est un sujet brûlant, voire criant
d’actualité. Mais qu’en est-il lorsque vient le temps d’agir
concrètement? Selon M. Kuhn, les mentalités changent, les gens
évoluent. « La croissance des déchets électroniques est de trois à
cinq fois plus importante que celle des rebuts traditionnels. Nous
ne pouvons pas rester les bras croisés. Il faut agir, et c’est ce
que nous faisons, voilà tout! » lance non sans fierté le volubile
homme d’affaires. « Chaque tonne que nous recyclons, c’est une tonne
de moins dans l’environnement », image-t-il. D’ailleurs, les propos
de Denis Lebel, ministre d’État de Développement économique Canada,
vont en ce sens. Celui-ci a récemment affirmé que « bien qu’il soit
important d’aider l’industrie microélectronique à prospérer, il est
également essentiel de le faire dans le respect de l’environnement
et dans une perspective de développement durable. Les procédés de
Solutions e-Cycle permettent, d’une part, d’éviter que du mercure ou
d’autres substances nocives ne se retrouvent dans l’environnement
et, d’autre part, ils servent à prolonger la durée de vie des
produits recyclés tels que l’acier, le cuivre, l’aluminium, le
plastique et les métaux précieux. » Mais n’allons pas croire que
n’importe quelle firme digne de ce nom peut se lancer à la
va-comme-je-te-pousse dans ce secteur de marché en forte croissance.
Ne deviennent pas recycleurs de produits électroniques qui veulent.
Les législations sont très strictes, et c’est tant mieux selon M.
Kuhn, lui qui entrevoit l’avenir de cette industrie verte d’un bon
œil.

Sources : Solutions e-Cycle, Développement économique Canada et
MDEIE du Québec
|
|