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Produit électriques et électroniques
L'industrie électrique et
électronique : un moteur économique majeur pour le
Québec
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Par Bernard Gauthier |
L’industrie électrique et électronique est appelée à connaître un
essor incroyable d’ici les prochaines années au Québec. En entrevue
exclusive, le chercheur et directeur du département de génie
électrique à l’École Polytechnique de Montréal, Yvon Savaria, estime
plus que jamais que les grosses entreprises ont besoin d’ingénieurs
électriques pour mieux rebondir sur les marchés internationaux une
fois la crise économique passée. « Bombardier et Pratt & Whitney
sont deux exemples éloquents. Ce sont des employeurs importants pour
l’économie du Québec. Pour qu’un modèle C Series de Bombardier soit
concurrentiel sur le marché en 2010-2011, le développement
électrique deviendra un atout majeur. Ce sont des kilomètres de
câblage. On dit que 30 % de la valeur d’un aéronef aujourd’hui
relève de l’électricité. »
Pour Yvon Savaria, le même scénario se reproduit chez Pratt &
Whitney dans la fabrication des moteurs, alors que la mise au point
de contrôles électriques occupe toute son importance. « C’est le
moment où jamais de faire travailler à fond les ingénieurs pour être
prêt à développer la prochaine génération. »
Concentrée principalement à Montréal avec 30 000 emplois,
l’industrie aérospatiale est étroitement liée à l’industrie
électrique et électronique. Et le Québec figure parmi les grands de
ce monde.
Énergie électrique
Très actif au sein de divers conseils d’administration liés à
l’industrie électrique et électronique et possédant une expertise de
25 ans comme micro électronicien, Yvon Savaria a reçu le mandat de
l’École Polytechnique pour développer un département de génie
électrique sous tous ses angles. L’avenir s’annonce prometteur et
l’institution d’enseignement doit ajuster son tir.
Dans le sous-secteur de l’énergie électrique, qui représente quelque
50 000 emplois, il s’agit d’une industrie de pointe et de haute
technologie. « C’est le moteur économique du Québec, le pain et le
beurre des Québécois. Bien que nous exportions beaucoup en énergie,
les gens seront surpris d’apprendre que les équipements représentent
une plus large part de nos activités. Il existe toute une grappe
d’équipementiers qui développent du matériel pour les éoliennes,
transformateurs, lignes de transmission etc. C’est un secteur appelé
à un brillant avenir et la politique du président américain, Barack
Obama, de vouloir investir massivement dans ces énergies vertes va
nous aider considérablement. Nous sommes très bien positionnés pour
répondre à la demande. »
Biomédical
Voilà un troisième sous-secteur voué à un avenir prometteur. De
l’avis de M. Savaria, l’instrumention médicale va connaître un essor
aussi majeur que les autres sous-secteurs, ne serait-ce que pour
endiguer les coûts croissants de la santé. Les besoins sont immenses
en informatisation des données etc.
Télécommunications
Un quatrième et dernier sous-secteur dans lequel Yvon Savaria croit
que le Québec occupera une place de premier choix est celui des
télécommunications. À son avis, la téléphonie IP (Internet Protocol)
va connaître une ascension de plus en plus rapide au cours des
prochaines années. « Bell Canada perd des plumes au profit de
Videotron, le téléphone conventionnel étant obsolète. On développe
même à l’heure actuelle la troisième génération du téléphone
cellulaire. Des investissements de 5 G$ sont déjà prévus. »
Avec la chute de Nortel et l’achat d’une division de celle-ci par le
géant et fournisseur mondial en télécommunications Ericsson, le
capital humain ne fait que se déplacer d’une entreprise à l’autre. «
À Montréal, Éricsson est un joueur important. L’entreprise se
développe très bien. Elle prend le capital humain en génie
électrique et électronique et va contribuer à l’essor économique de
la région. »
De son côté, le concepteur en solutions matérielles et logicielles
dans les secteurs de pointe de l’information graphique, de l’édition
vidéo et du traitement d’image, Matrox, vient de lancer sa toute
dernière carte graphique avec support 8 écrans dans des résolutions
pouvant aller jusqu’à 2560 x 1600. Matrox, dont le siège social est
situé à Montréal, emploie environ 900 travailleurs incluant ses
installations d’Irlande, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la
Chine.
Et finalement, un autre joueur d’importance, le fournisseur
montréalais mondial de solutions de traitement multimédia
logicielles et matérielles destinées aux marchés des transporteurs
multimédia, entreprise et équipement terminal de communications,
Octasic, a annoncé l’ajout de nouvelles possibilités à sa passerelle
multimédia Vocallo. Ces ajouts amélioreront grandement sa gamme de
produits de vidéo mobile et répondront aux besoins croissants des
constructeurs de passerelles et des fournisseurs de solutions
d’adaptation de contenus cherchant à s’attacher une communauté
d’utilisateurs vidéo mobile en pleine mutation. Plus de 80 employés,
en majorité des ingénieurs spécialisés en traitement multimédia et
modem sans fil, travaillent chez Octasic. À ce jour, l’entreprise a
déployé au-delà de 60 millions de lignes dans des réseaux partout
dans le monde.
Industrie en croissance
Au Québec, l’industrie électrique regroupe 1 000 établissements
réparties dans les 17 régions administratives. Trois entreprises sur
quatre ont leur siège social sur le territoire. Cela représente 50
000 emplois. « La croissance est de 7 % depuis les dix dernières
années. J’aime beaucoup ce résultat parce que cela signifie que
d’ici les dix prochaines années, nous atteindrons les 100 000
emplois », raconte Yvon Savaria.
L’industrie électrique représente 5 % du produit intérieur brut
(PIB) et la valeur de ses ventes hors-Québec a progressé de 45 %
depuis les cinq dernières années pour s’établir 3,7 G$. Elle englobe
8 000 fournisseurs exportant dans 180 pays.
Dans un discours prononcé en 2009 devant le ministre des Ressources
naturelles du Québec, Claude Béchard, le président de l’Association
de l’Industrie Électrique du Québec (AIEQ), Jean-François Samray, a
déclaré que l’industrie au Québec est dynamique et novatrice. « Son
savoir-faire est un avantage compétitif majeur dans un marché
nord-américain et mondial en pleine expansion, notamment dans une
perspective de développement durable et de lutte aux changements
climatiques. »
Pour ce qui est de Yvon Savaria, l’avenir s’annonce brillant mais
pour ceux qui ont une vision. « Il faut trouver des niches et si on
ne comprend pas ça, on va se faire écraser. » 
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