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Mauricie • Lanaudière
Première
transformation des métaux
La méthode Toyota: une première
pour Lanaudière
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Par Julie Roy |
La Méthode Toyota, c’est elle qui a permis au constructeur
automobile Toyota de devenir un chef de file dans sa catégorie. Dans
Lanaudière, tout récemment, six entreprises œuvrant dans le créneau
métallurgique et dans l’industrie du meuble ont accepté de mettre en
place ce système.
Méthode efficace
La Méthode Toyota est simple. Elle repose sur 14 principes de
gestion regroupés en quatre catégories, «philosophie à long terme,
procédés, partenaires, résolution de problèmes». En gros, il s’agit
de produire de façon allégée en éliminant le gaspillage, d’avoir une
vision à long terme et de produire au bon moment et en quantité
suffisante. Donc, seule la production qui répond à une demande est
fabriquée.
Pour arriver à mettre en place cette philosophie, il faut beaucoup
de travail et un sacré bon coup de pouce de la part des employés de
tous les secteurs, car ce sont eux qui sont au cœur du système. «On
leur donne la responsabilité de faire ressortir les problèmes, mais
aussi d’y apporter des solutions. On demande aux travailleurs d’être
plus qu’une paire de bras, mais d’utiliser leur cerveau également»,
mentionne Jean-François Hénault, commissaire à l’implantation au
Centre local de développement de Joliette (CLD).
Développer le côté humain
Daniel Champagne, directeur des opérations chez Hydro Mobile, une
des six entreprises lanaudoises volontaires pour la mise en place de
cette méthode, explique qu’il a déjà employé d’autres méthodes
«miracles», comme plusieurs autres industriels, mais il y manquait
toujours la philosophie. «La première fois que j’ai entendu parler
de cette méthode, je me suis dit encore une autre affaire et je n’ai
pas accroché. On avait déjà tenté la production à valeur ajoutée (PVA).
Toutefois, lorsque le MDEIE m’a contacté pour savoir si j’étais
intéressé par le modèle Toyota, j’ai tendu l’oreille, surtout
lorsqu’on m’a souligné que l’accent était mis sur le côté humain
plus que sur le côté production». Pour M. Champagne, cette dimension
humaine était attrayante, car les dirigeants de cette entreprise
croient fermement qu’il faut faire attention à ses employés pour les
garder.
Évidemment, pour le commun des mortels, ces changements ne sautent
pas aux yeux. La plupart du temps, il s’agit de choses bénignes,
mais qui, une fois réunies, font la différence. «Chez Toyota, il y a
16 000 améliorations par mois. Elles peuvent faire économiser
seulement 0,01¢, mais le but ce n’est pas de frapper des coups de
circuit, mais d’y aller petit pas par petit pas», mentionne M.
Champagne. Ces améliorations continuelles sur la chaîne sont
également avantageuses pour le client, car elles évitent qu’un
produit sorte avec des défauts. «Chez GM, il est criminel d’arrêter
la ligne de production. On fait la vérification des défauts à la
fin. Mais, chez Toyota, c’est tout le contraire. Il est criminel
qu’un client trouve des défauts à sa voiture», mentionne Pierre
Leblanc, le consultant qui met en place ce système dans les
entreprises lanaudoises.
Oui, le respect des employés, oui, une production allégée, oui, des
clients plus heureux, mais au final, ces modifications sont-elles
bénéfiques aux entreprises? Il semble que oui. «Nous n’avons pas
chiffré tous les gains, car nous venons tout juste de terminer les
modules de formation comme les cinq autres entreprises. Cependant,
je suis certain que nous avons dû économiser au moins 100 000$»,
souligne M. Champagne. De son côté, Pierre Leblanc explique que les
gains sont difficiles à chiffrer puisqu’ils dépendent des objectifs
des entrepreneurs. «Les buts corporatifs sont variables; certains
dirigeants veulent multiplier les ventes, d’autres rapatrier leur
clientèle, réduire leurs coûts ou encore diminuer le temps de
livraison. En plus, ce ne sont pas toutes les entreprises qui sont
rendues au même endroit. Il faut compter au moins deux ans avant de
noter des gains notables. Une chose est certaine, c’est une méthode
qui peut s’appliquer n’importe où et même dans des hôpitaux ou des
restaurants».
Peut-être que cette façon de faire peut s’appliquer partout, mais il
demeure cependant que des difficultés d’implantation peuvent être
réelles, surtout si l’ouverture d’esprit n’est pas au rendez-vous.
«La qualité de base est d’être ouvert aux changements. Il faut que
le message se passe à tous les niveaux», commente M. Hénault.
Évidemment, la grosseur des entreprises influence aussi sur la
rapidité de l’implantation de la méthode. Il est plus facile
d’apporter des changements dans une entreprise de 15 employés que
dans une de 200. Résultat: certaines avancent plus rapidement que
d’autres, comme c’est le cas dans Lanaudière. 
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