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Hommage au fondateur des
Promotions André Pageau
MERCI ANDRÉ !
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par Roger
St-Hilaire |
Pourquoi faut-il attendre que quelqu’un décède pour lui dire qu’on
l’apprécie, qu’il est important pour nous, qu’on l’admire, qu’on
l’aime ? Pourquoi ce silence qui nous empêche de lui dire qu’on le
trouve humain, qu’on le respecte pour son sens des valeurs, pour
l’affection et la fierté qu’il témoigne à sa famille ? Qu’est-ce qui
nous retient de le remercier pour sa loyauté, pour l’exemple d’une
détermination à toute épreuve qu’il affiche et pour la sagesse de
ses opinions ? Pourquoi se priver d’applaudir ses succès, quand on
sait la dose d’efforts, le nombre incalculable d’heures qu’il a
investi et les sacrifices qu’il s’est imposé pour y parvenir.
Je réfléchis tout haut au décès du fondateur de ce magazine que vous
tenez entre vos mains, André Pageau, car c’est de lui, André que je
parle.
Bien que nos rencontres fussent parfois espacées en termes d’années,
chacune d’elles avaient pourtant l’allure d’un événement, tellement
elles m’ont enrichi. Nous nous sommes connus au CEGEP de Ste-Foy, où
j’enseignais la vente aux adultes, au début des années 70. Il avait
le don de prendre sa place, sans prendre celle des autres, de se
démarquer lors d’exposés. Il démontrait un leadership certain. Il
sentait le gars qui veut réussir.
Je me souviens du soir où il était venu à ma résidence pour me
proposer de devenir chroniqueur d’une revue qu’il s’apprêtait à
lancer et qui allait s’appeler «L’Outilité», avant de devenir, plus
tard, le M.C.I. Lorsque je lui ai demandé quel en serait le contenu,
il m’a tout bonnement répondu: «Ton article et mon éditorial, pour
le moment. Je devrais être capable d’atteindre une vingtaine de
pages pour débuter». Je me souviens que quelques semaines plus tard,
il est venu me présenter sa première édition en me disant fièrement
: «Roger, il y a 3 fautes dans ma revue et je vais essayer de
réduire ça à la prochaine parution». Et il a ajouté, avec un sourire
triomphal : «Plusieurs personnes n’ont pas de fautes dans leur
revue, mais elle n’est toujours pas publiée !». Quelques quatre ou
cinq ans plus tard, André venait de lancer son premier salon et il
m’avoua qu’il trouvait cela lourd de concilier toutes ses activités
avec deux commerces encore à l’adolescence.
J’apprendrai peut-être quelque chose à ses proches, mais il m’offrit
de me vendre sa revue à un prix dérisoire en me disant qu’il se
sentirait soulagé d’un certain fardeau fiscal. C’était à l’époque où
l’on commençait à peine à apprendre le mot «subvention» et qu’à
moins d’avoir hérité, on devait compter sur nous-mêmes pour faire
avancer nos projets. Je lui ai répondu : «André, si j’étais croche
et que je ne me considérerais pas comme l’un de tes amis,
j’accepterais sur le champ, mais je t’enlèverais ton gagne-pain et
celui de ta famille.» J’avais ajouté : «Tes deux projets sont comme
les deux doigts d’une main et l’un ne va pas sans l’autre». On n’en
a jamais reparlé.
Était-ce parce qu’on a débuté ensemble et chacun de notre bord ?
Peut-être, mais on se comprenait. La suite de sa carrière a été
marquée par une croissance constante, une évolution remarquable. Il
a doté la ville de Québec de son plus gros salon industriel et il
s’est étendu en région. Il a su s’entourer d’une équipe de fidèles
collaborateurs et il a su préparer sa relève.
Je l’ai rencontré deux mois avant son décès, en compagnie de son
épouse et il m’a informé du combat qu’il livrait. Il m’a laissé
entendre qu’il continuerait sur une base temporaire à accompagner
son fils Éric et son gendre Michel, auxquels il venait de vendre ses
parts. Je savais qu’il savait et c’était bien lui, de tenter de nous
réconforter.
On dit qu’à notre décès, ce n’est pas ce qu’on emporte qui compte,
mais ce qu’on laisse. André est devenu quelqu’un et il est demeuré
lui-même. À notre dernier rendez-vous, j’ai salué les siens dont son
épouse qui l’a toujours épaulé dans toutes les circonstances de sa
vie. J’ai senti une grande tristesse, mais une grande fierté. André
a réussi et il continuera à sa façon, à guider les siens, car ses
empreintes sont incrustées dans tous les pores de ce qu’il a touché.
Je me suis abstenu d’assister à la cérémonie des funérailles, car
j’avais besoin de décanter, de méditer sur le vide qui nous envahit
lorsqu’une personne qui nous est chère décède. J’avais besoin d’être
seul... avec mes larmes.
Merci André ! 
Roger St-Hilaire
Conférencier et instructeur de vente
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