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Exportation annuelle de 600 000
tonnes d’acide sulfurique à la Fonderie Horne
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Par David Prince |
Bien que la fonderie Horne de Rouyn-Noranda soit
l’un des plus importants producteurs de cuivre en Amérique,
saviez-vous que l’usine occupe une place aussi majeure dans la
production d’acide sulfurique?
Dans les années 1970 et 1980, Rouyn-Noranda était
considérée comme une des villes les plus polluées en Amérique en
raison des rejets acides de dioxyde de soufre (SO2) de la fonderie
Horne, qui ont acidifié les lacs et les forêts dans un rayon de 100
kilomètres, en plus de causer plusieurs dommages aux édifices et aux
véhicules.
À la suite d’intenses pressions populaires, le gouvernement du
Québec a obligé en 1985 la fonderie Horne à réduire ses émissions de
50% avant 1990. C’est à ce moment que l’entreprise s’est lancée dans
un vaste programme de réduction de ses émissions par la construction
d’une usine d’acide sulfurique. Elle est entrée en production en
1989. «Au moment de l’ouverture de l’usine, nous avons réduit nos
émissions de 60%, ce qui était plus que les exigences du
gouvernement», soutient le directeur affaires commerciales et
croissance de revenus à la fonderie, Gerry Bariault.
En 1997, l’entrée en opération du convertisseur Noranda a permis de
réduire de 70% les émissions acides et l’année dernière, la fonderie
a établi à plus de 90% ses émissions d’acide par rapport à ce
qu’elles étaient avant la construction de l’usine d’acide
sulfurique. «Nous dépassons largement les exigences du gouvernement
et nous en sommes très fiers», soutient M. Bariault. En 1970, la
fonderie avait émis 620 000 tonnes de SO2 dans l’atmosphère. En
2006, seulement 45 000 tonnes ont été émises. Des études ont montré
que les lacs et les forêts environnants sont en meilleure santé
depuis la construction de l’usine d’acide. De plus, l’odeur
caractéristique du dioxyde de soufre se fait maintenant rare à
Rouyn-Noranda au plaisir des citoyens.
Pas rentable, mais nécessaire
En 20 ans, la fonderie Horne a investi quelque 200 millions $ pour
améliorer son bilan environnemental, mais aussi produire de l’acide
sulfurique qui est transporté par train ou par camion et vendu sur
le marché nord-américain par le biais du distributeur NorFalco, une
filiale de Xstrata, aussi propriétaire de la fonderie Horne. Une
vingtaine d’emplois ont ainsi été créés.
En 2006, la Horne a expédié environ 600 000 tonnes d’acide
sulfurique, ce qui en fait un des plus gros producteurs au pays.
«Pour nous, l’usine d’acide sulfurique était une nécessité afin
d’être capable de continuer à produire du cuivre. Sur un plan
strictement commercial, on ne peut pas dire que c’est une usine
rentable parce qu’on ne fait pas nos frais. On dépend d’un marché
mondial. Il arrive souvent que des pays comme la Chine ou l’Inde
inondent le marché américain, ce qui fait baisser les prix. Il n’est
cependant pas question de revenir en arrière. C’est une question de
survie», indique M. Bariault.
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Vignette: Des employés
s’affairent à remplir des wagons d’acide sulfurique.
(photo: Mathieu Dupuis)
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Un produit essentiel
Les propriétés variées de l’acide sulfurique, c’est-à-dire
l’acidité, la réactivité et la corrosivité, son contenu sulfureux et
son affinité avec l’eau, jouent un rôle essentiel dans la
fabrication de produits tels que l’engrais, la peinture, les
explosifs, les pâtes et papiers, les plastiques, les détergents, les
textiles, les piles et autres. C’est un produit dont la demande est
appelée à croître puisqu’il est utilisé dans la production de
carburants à l’éthanol.
Le transport sur de grandes distances de produits aussi acide n’est
pas une mince tâche, car il s’agit d’un produit extrêmement nocif
s’il se retrouve dans l’environnement. La fonderie Horne expédie son
acide par train dans des wagons conçus uniquement à cette fin.
Les employés qui manipulent le produit reçoivent une formation très
poussée sur les risques et les réactions chimiques que peut avoir le
produit avec l’eau et les métaux. Près de 20 ans plus tard, aucun
incident important n’est survenu lors de la manipulation du produit
et les résidents de Rouyn-Noranda apprécient de vivre dans un
meilleur environnement.
Cependant, des investissements importants devront être effectués
pour maintenir la qualité de l’usine dans les prochaines années.
«Même si on avait utilisé des produits de grande qualité lors de la
construction, la vie utile de plusieurs composantes de l’usine
s’achève. L’entretien commence à coûter cher, mais on n’a pas le
choix», raconte M. Bariault.

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