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L'innovation est la solution face à l'importation
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Par Julie
Beauchamp-Martin |
Forte malgré la compétition qui s’installe, l’industrie du meuble
dans la région de Lanaudière se démarque par l’éventail de secteurs
couverts, allant de la fabrication de pattes de meubles à
l’ébénisterie architecturale. Les entreprises lanaudoises oeuvrant
dans le domaine du meuble doivent toutefois faire preuve
d’innovation, malgré de nombreux atouts.
L’industrie du meuble est un secteur d’activité actif et diversifié
qui occupe une place importante dans l’économie régionale de
Lanaudière. La région lanaudoise compte des entreprises qui oeuvrent
dans tous les domaines de la production du meuble, que ce soit le
sciage ou la fabrication de meubles pour la maison ou pour le
bureau. La soustraitance est aussi omniprésente. Le nord de la
région étant couvert de forêts propices à l’industrie du bois,
beaucoup de petites et de moyennes entreprises (PME) concentrent
leurs activités dans ce domaine. En effet, l’industrie du meuble
représente 4% de l’emploi manufacturier dans la région, ce qui
équivaut à environ 1 245 emplois. Le taux de croissance de l’emploi
de ce secteur est de 5,5% par année, ce qui est supérieur à la
moyenne régionale. Il arrive donc premier dans l’ensemble de tous
les secteurs lanaudois. Les atouts principaux de la région dans
l’industrie du meuble sont, sa proximité d’un grand marché de
consommation et son important bassin de maind’oeuvre. Il y a
également beaucoup de formation offerte dans la région pour ce
domaine, que ce soit au niveau secondaire, professionnel ou
collégial. Les universités à proximité offrent aussi une bonne
formation universitaire pour ce secteur.
Une compétition de plus en plus gourmande
Meubles Damar fabrique des meubles rustiques sur place et en fait
également la vente. L’entreprise est installée dans la municipalité
de Saint-Jacques-de- Montcalm depuis maintenant six ans. Selon le
président des Meubles Damar, Monsieur Roberto Marsala, les temps
sont maintenant plus durs dans le domaine du meuble. «C’est
difficile d’oeuvrer dans l’industrie du meuble dans la région, mais
c’est pareil partout au Québec. L’importation offre des meubles
beaucoup moins chers et on perd donc des parts du marché». Il y a
quelques années, Meubles Damar fournissait 70 marchands de meubles à
travers le Québec. Maintenant, on n’y vend plus qu’au détail ainsi
qu’à trois magasins. La raison de ces temps plus difficiles est sans
aucun doute due à l’accroissement de l’importation au pays. Au cours
des années 2002-2003, les gains de la Chine dans notre marché
d’importation s’étaient fait aux dépens des importations
américaines. Mais depuis 2004, les importations chinoises et
américaines ont ravi de nombreuses parts du marché national aux
producteurs canadiens en offrant aux consommateurs des meubles moins
coûteux. C’est principalement le secteur des meubles bas de gamme
qui est affecté par les exportations de la Chine, du Mexique et de
la Pologne au Québec. L’industrie du meuble moyen et haut de gamme
l’est beaucoup moins, car ces pays n’en font presque pas. Ce secteur
de l’industrie du meuble se démarque par le design et la qualité de
ses produits, ainsi que par son bon service à la clientèle. Il s’en
sort donc beaucoup mieux que le secteur bas de gamme. L’appréciation
du dollar est un autre problème pour l’industrie du meuble. Le
dollar élevé n’aide pas les entreprises qui fabriquent des meubles
de bas de gamme, mais ne touche pas vraiment celle de moyen et haut
de gamme, car leurs clients sont habituellement en moyen. Selon
Madame Lidia Divry, directrice générale du Centre local de
développement Montcalm (CLD), le principal enjeu de l’industrie
lanaudoise du meuble, est le commerce avec les États-Unis. Près de
94% des exportations et des expéditions de Lanaudière se font chez
notre voisin du sud, principalement sur la Côte Ouest du pays.
La clé du succès
Toujours selon Madame Divry, il y a de nombreux défis à relever pour
les entreprises du meuble dans la région. La principale
préoccupation à avoir serait de tenir compte du cycle des produits.
«On ne peut plus se fier sur un produit pour en vivre pendant 20
ans. Pour réussir dans l’industrie du meuble, il faut innover
constamment» expliquet-elle. La recherche et le développement
seraient donc la clé de la réussite dans ce milieu. L’exportation
est également un plus considérable. C’est la recette qu’a suivie
l’entreprise Buro Design, de Saint-Lin-Laurentides, qui se démarque
dans la région, que ce soit par les produits qu’elle offre ou par
ses nombreuses exportations aux États-Unis. Buro Design fabrique des
meubles de bureau de moyen et haut de gamme et développe constamment
des nouveaux produits, afin de s’assurer un bon roulement dans le
marché de l’exportation. Pour la directrice générale du CLD
Montcalm, Buro Design serait un bon exemple à suivre pour
l’industrie lanaudoise du meuble. L’industrie du meuble dans la
région de Lanaudière se porte donc bien, malgré la croissante
compétition dans le secteur du meuble bas de gamme. D’un autre côté,
Lanaudière se devra fort probablement d’établir des créneaux
spécifiques à la région pour le meuble, afin de tenir le cap dans le
monde de l’exportation.

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