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Des émetteurs pour vérifier le transport des
marchandises par camion
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Par David Prince |
L’industrie des produits électriques et
électroniques en Abitibi-Témiscamingue ne s’est développée que tout
récemment. Deux jeunes entreprises font particulièrement parler
d’elles. La fabrication de produits électriques pour les grandes
entreprises se développe très rapidement avec Manufacture Adria,
alors que le dernier-né dans cette industrie a vu le jour grâce à
l’idée d’un entrepreneur un peu fou ne voulant pas que son fils ne
soit mort pour inutilement.
En décembre 2001, Jonathan Tardif, le fils de
Maurice Tardif, meurt lorsqu’un camionneur perd son chargement de
bois en longueur qui était mal attaché. C’est à ce moment que M.
Tardif a l’idée de créer un système de détection pour que les
camionneurs sachent si leur chargement est bien attaché. «À la suite
de l’accident, je suis monté dans un camion semblable à celui qui a
tué mon fils et je me suis aperçu qu’il y avait des indicateurs pour
la pression des pneus, la radio et les lumières notamment, mais
qu’il n’y avait rien pour le chargement. Un camionneur peut
transporter pour 5M $ de matériel et il ne sait même pas si la
marchandise est encore là», affirme M. Tardif.
Un long processus
Il a donc mis au point un émetteur - attaché aux câbles du
chargement - et un récepteur - situé dans le camion - sans fils qui
indiquent au camionneur lorsque la tension du câble chute. Il a
appelé son projet Johny Tiedown en l’honneur de son fils. «Tous les
camionneurs ont déjà eu des problèmes de tension dans leur
chargement. Ils n’ont aucun moyen pour vérifier si leurs câbles sont
solides à moins d’arrêter sur le bord du chemin et de vérifier
manuellement. Ils peuvent parfois rouler plusieurs centaines de
kilomètres avec un câble qui ne retient pas bien la marchandise. Je
ne voulais pas que mon fils soit mort pour rien», soutient M.
Tardif. Deux mois après l’accident, l’entrepreneur avait son idée,
mais ça lui a pris cinq autres années avant d’obtenir tous les
brevets et de raffiner le prototype. «Ça pris trois ans pour faire
le premier prototype et il n’a fonctionné seulement que 14 minutes!
Il fallait que notre émetteur puisse supporter les vibrations, la
pluie et le froid, bref toutes les conditions d’un chargement. On a
aussi travaillé fort pour que les ondes ne se mélangent pas d’un
camion à l’autre», indique M. Tardif. Lorsqu’il entrera en
production à l’automne, l’entreprise produira des émetteurs pour les
câbles de 2, 4 et 6 pouces incluant ceux en acier.
Cent morts par année
En Amérique, une centaine de décès par année sont attribuables à la
chute d’une cargaison en plus de causer 25 000 accidents. Transports
Québec et la Société de l’assurance automobile du Québec sont
intéressés au Johny Tiedown, mais n’ont pas l’intention d’obliger
les camionneurs à l’adopter. «Ç’est comme la ceinture de sécurité
dans les voitures. Lorsque la moitié des camionneurs l’auront adopté
et des études qui démontrent que l’on pourrait sauver tant de vies,
là, peut-être, vont-ils l’obliger», déplore M. Tardif.
De l’électricité dans les mines
Née en 2005, Manufacture Adria, une filiale de
Construction Promec, conçoit, fabrique et remet à niveau des
équipements électriques industriels. En fait, c’est en 2003 que
Promec commence, à la demande de ses clients, à remettre à neuf les
équipements électriques industriels à haut voltage. Après peu de
temps, l’entreprise a étendu ses activités de réusinage à la
fabrication de ces mêmes équipements, incluant les travaux de
découpe et de pliage du métal en feuille pour la fabrication des
cabinets, le design et l’installation des composantes électriques à
l’intérieur des équipements, ce qui a mené en 2005 à la création de
Manufacture Adria. «Au départ, nous n’avions que six employés. Nous
sommes maintenant 25 et on aimerait en avoir entre 40 et 50 d’ici
deux ans», indique le directeur des opérations chez Manufacture
Adria, Jean-François Couillard. La force de l’entreprise est de
mettre au point des produits sur mesure selon la demande des
clients. Par exemple, elle a expédié une génératrice d’urgence de 45
pieds de long pour la mine Raglan, située au Nunavik. Pour
l’Abitibi-Témiscamingue, Manufacture Adria est un exemple de
nouvelles entreprises prometteuses puisqu’elle agit dans un secteur
qui n’a jamais existé dans la région. Elle a d’ailleurs remporté le
prix Extra de la Chambre de commerce de Rouyn-Noranda dans la
catégorie Nouvelle entreprise l’année dernière. Un des principaux
freins au développement de cette jeune entreprise est la pénurie de
main-d’oeuvre qui sévit dans la région, particulièrement au niveau
des soudeurs et pour la fabrication de l’acier. «Ce n’est pas
évident d’être en croissance dans le marché actuel», soutient M.
Couillard. Bien que le principal marché de l’entreprise soit dans
les mines, Manufacture Adria fait beaucoup de recherche et de
développement afin de créer de nouveaux produits et bien tirer son
épingle du jeu lorsque les mines retomberont dans un cycle moins
favorable.

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