|
Membre de
|
|
||||||||||||||||||
|
Entreprise discrète mais
ambitieuse au Saguenay
En place depuis avril 2005, Alumitherm International Inc. est une jeune entreprise de transformation mécanique de l’aluminium à froid. Elle serait seule au Québec et vraisemblablement la seule ou l’une des très rares au Canada, pour ce qui est des granules sphériques d’aluminium.
D’autres entreprises canadiennes œuvrent dans des spécialités proches, mais pas avec les mêmes normes, dit le président de l’entreprise Émile Arseneault. Alumitherm s’est inspirée de ce qui se fait en Europe pour décider d’un créneau à développer. À partir de la base actuelle, les possibilités de développement sont bien concrètes.
Prometteuse et ambitieuse, ses produits finis sont utilisés principalement dans le secteur de l’aluminothermie industrielle ou, pour refondre de l’aluminium, un matériau recyclable à l’infini, rappelle-t-on. Techniquement, on produit des granules sphériques pour réaliser de l'aluminothermie. Il s’agit de la production de hautes températures par réaction exothermique d'aluminium en poudre sur divers oxydes métalliques. Alumitherm International livre un produit propre à une utilisation par la fusion. La poudre d'aluminium est en effet également utilisée comme combustible solide.
Tout le processus se fait à froid et sans aucune utilisation d’eau.
Il ne génère donc aucune pollution, précisent M. Arseneault et le
directeur général, André Simard.
Sciures et copeaux d’aluminium proviennent d’Alcan, une compagnie très présente au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais il faut s’approvisionner ailleurs qu’au Québec, les cannettes d’aluminium de ce territoire se retrouvant aux États-Unis. En attendant de pouvoir acheter ici, l’impossibilité de se procurer « à prix concurrentiel » des cannettes au Québec, Alumitherm s’approvisionne au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse principalement. M. Arseneault en profite pour parler du processus de sa compagnie, lequel assure la décontamination à froid sans pollution.
On recycle !
Cette nouvelle industrie s’inscrit dans le créneau de plus en plus réglementé de la protection de l’environnement. Les procédés permettent un degré de pureté de 98,5 %, car on enlève rebuts et contaminants, par exemple des cannettes d’aluminium, grâce à des procédés mécaniques. La matière première qu’elle utilise va de la récupération de cannettes d'aluminium, de la sciure de lingots, de revêtements extérieurs d'aluminium, de plaques de lithographie (à venir), bref, Alumitherm International peut ou pourra, à toutes fins utiles, utiliser tous types d'alliages en aluminium.
Elle vend 98 % de sa production au Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour divers utilisateurs. Parmi les utilisations, on cite le fait de souder, pour réparation, des rails, ou encore certains utilisateurs miniers pour le processus de fusion pour ce qui est de l'aluminothermie à base de ce combustible solide. Des clients d’autres provinces ont fait des approches auprès de la compagnie saguenéenne. La discrétion reste de mise sur l’identification des clients actuels.
Flexibilité
« La granulométrie sphérique et précise de nos granules d’aluminium en fait donc des produits uniques d'excellente qualité. Nous possédons une gamme étonnante de dimensions pour nos granules. Notre technologie nous permet de fabriquer des granules de toutes dimensions. Nous répondons sans délai et efficacement aux demandes de nos clients en adaptant sans difficulté nos équipements » petits contenants de présentation à l’appui, affirment le président et le directeur général.
La première année ayant été celle de l’apprentissage des équipements, l’entreprise n’emploie encore qu’une dizaine d’employés, mais se projette aisément dans un avenir où elle pourrait en compter une centaine d’ici à cinq ans. « Nous sommes toujours en Recherche et développement et explorons plusieurs autres applications », résume le président Arseneault. Il souligne l’appui du bureau régional de développement d’Alcan, dirigé par M. Julien Gendron, qui leur fournit l’accès aux départements techniques et des réseaux de contacts facilitant ainsi le développement de l’entreprise.
Le directeur général André Simard souligne qu’à la seule ligne de production actuellement en fonctionnement, il peut s’en ajouter trois. On n’aurait pas de difficulté à disposer d’un plus grand espace loué, actuellement à 22 % du bâtiment de 80 000 pieds carrés. « Nous sommes prêts pour la Phase II, soit d’en mettre en fonction deux ou trois autres » dit-il. Cette nouvelle étape, de pair avec le développement de la clientèle, est prévue pour fin 2006 et début 2007, après l’étape d’usine-pilote, soit jusqu’à 25 employés.
Pour sa première année de fonctionnement, fin mars 2006, la production a atteint 1 200 tonnes. Les clients ont renouvelé leurs commandes, de sorte qu’on est assuré de cette base au carnet de commandes. Sans peine, on atteindra les 2 000 tonnes, car 800 autres tonnes étaient presque vendues au moment de l’entrevue en août.
D’ailleurs, même si elle n’est pas située dans un parc industriel, sa localisation dans une partie d’une bâtisse de Port-Saguenay, à La Baie (près du port de Grande-Anse), permet d’envisager les meilleures perspectives de développement, à savoir d’exportation.
Le président Arseneault déplore la difficulté de l’entreprise à
acheter, « à prix concurrentiel » des cannettes d’aluminium
provenant des consommateurs et consommatrices du Québec, où il s’en
consomme autour de 10 000 tonnes métriques par an. M. Arseneault
verrait bien un centre de recyclage de cannettes québécoises
s’installer non loin de son usine. La distance ne pose pas de
problème selon lui, car une remorque peut en transporter une
vingtaine de tonnes :
|
|
||||||||||||||||||