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  Ce dossier a été publié dans l'édition décembre 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Québec Wood Export Bureau
Un séminaire sur le séchage du bois

Par Martine Frigon

Les industries du bois peuvent compter sur plusieurs ressources pour l'aide à l'exportation, la recherche et les services-conseils. Parmi ces ressources, on compte Québec Wood Export Bureau, basé dans la Vieille Capitale et dont le mandat est de promouvoir l'exportation des produits du bois du Québec. L'organisme compte environ 200 entreprises dans les secteurs du bois de sciage résineux, du bois de résineux à valeur ajoutée, des composants de structure et bois d'ingénierie, du bois de sciage d'essence de feuillus et de feuillus à valeur ajoutée, du bois de planchers ainsi que des maisons pré-usinées à ossature de bois.

 

En collaboration avec Forintek Canada, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, l'Université Laval et le Conseil de l'industrie forestière du Québec, Québec Wood Export Bureau tenait, en novembre dernier, un séminaire sur le séchage du bois, présentant à la fois des résultats de recherche sur l'entreposage de la matière ligneuse, des ateliers de discussions sur le séchage et des conférences sur les pratiques clients-fournisseurs. Plus de 130 personnes ont participé, issues des secteurs de la fabrication du meuble, des planchers de bois franc, des matériaux de construction, des portes et fenêtres ainsi que des scieries et des séchoirs.

 

Le stockage du bois sous la neige : une approche novatrice

 

Comme tous les intervenants du sciage le savent, les méthodes usuelles pour l'entreposage des billots sont l'arrosage, l'immersion, le recouvrement d'une toile ou encore l'enduit des bouts des billots de cire et plus marginalement l'entreposage sous la neige.

 

La méthode sans doute la plus utilisée à l'heure actuelle dans les séchoirs et les scieries pour entreposer le bois, qui sera destiné au sciage, est l'arrosage pour conserver sa fraîcheur et sa coloration et éviter le fendillement.

 

L'entreposage sous la neige est une technique nouvellement proposée d'ailleurs aux industriels, résultat de plusieurs années de recherche par le chercheur Joseph Nader, rattaché à l'Institut canadien de recherche en génie forestier (FERIC). Ce dernier travaille depuis plus de 12 ans à l'application des nouvelles technologies en contrôle de qualité des billes et des copeaux et à l'évaluation de prototypes et de systèmes non conventionnels. Sa technique, dont la commercialisation est commencée depuis 2003, propose le stockage du bois sous la neige comme approche innovatrice pour les bois feuillus.

 

« Le stockage du bois sous la neige, c'est une méthode un peu inspirée de ce qui se pratique dans les pays scandinaves, mais modifiée en tenant compte d'une de nos ressources naturelles que nous avons en abondance en forêt : la neige. Nous pouvons utiliser la neige et comme isolant, de l'écorce et des copeaux », dit-il.

 

Le principe est le suivant : le bois est entreposé dans un « trou » durant les mois d'hiver, idéalement en janvier et février. Il est alors gelé et le demeurera tout l'été, car il est recouvert de neige, accompagné d'écorce ou de copeaux. Ainsi, la matière ligneuse demeure telle qu'elle était lorsqu'elle a été coupée : aucun champignon, aucun fendillement et aucune coloration ne pourront le détériorer. Le procédé est appliqué présentement chez Tembec Pine Falls au Manitoba ainsi qu'à Columbia Forest Products Ltd à Hearst en Ontario.

 

Les industriels reçoivent l'idée positivement. « C'est une méthode intéressante », indique Gordon Duplain, actionnaire chez Les Planchers Appalaches à Cowansville. « C'est une très bonne façon de converser des stocks tampons et cette technique est idéale pour les essences pâles », ajoute Réjean Henri, ingénieur forestier et consultant en séchage du bois.

 

Le séchage des essences résineuses comme bois d'apparence

 

Par ailleurs, outre les feuillus et le pin blanc, il existe des essences résineuses qui pourraient bien faire l'affaire dans la fabrication de bois traités à usage extérieur, bardages, éléments décoratifs, moulures, composantes de portes et de fenêtres, revêtements de plancher et composantes du meuble. C'est le résultat d'une recherche effectuée avec le sapin baumier, le mélèze, l'épinette blanche et le pin rouge.

 

Dans une optique de développement de nouvelles niches de marché, une équipe de chercheurs chez Forintek, institut de recherche sur les produits du bois du Canada, dont Dany Normand, ainsi que Julie Lessard, conseillère technique et formatrice au Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers (SEREX) au Bas-Saint-Laurent et Yvon Fortin, professeur en sciences du bois à l'Université Laval prônent l'utilisation de ces essences comme bois d'apparence.

 

Ce séminaire aura apporté son lot de recherches et la divulgation de leurs résultats, comme l'entreposage du bois sous la neige, mais de nouvelles voies à développer, telles que l'utilisation du sapin baumier comme bois d'apparence et également des échanges en ateliers sur des réalités quotidiennes que vivent les industriels. Les droits compensatoires, le contrôle de l'humidité dans le séchage du bois, les réalités du marché, les chutes de prix et l'accumulation des stocks, tous des facteurs qui influent directement cette industrie.