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Les
technologies alimentaires Par Martine Frigon
Lorsqu'un nouveau produit ou un nouveau procédé utilise une technologie nouvelle, faut-il en parler ou tout simplement ne pas le divulguer à grande échelle ? La technologie est-elle séductrice ou au contraire susceptible de créer une certaine répulsion aux yeux des consommateurs ? Si c'est le cas, comment devenir séducteur ? Quelles sont les erreurs à éviter et en conséquence, doit-on mettre la technologie à l'avant-plan ou à l'arrière-plan ?
Mille produits, mille technologies
Doit-on diffuser à grande échelle les technologies utilisées dans l'industrie de la transformation alimentaire ? « Ce domaine est tellement vaste ! », lance Carole Brodeur, communicatrice scientifique au Centre de recherche et de développement sur les aliments (CRDA). « Certaines technologies sont utilisées pour réduire les coûts de production ; d'autres pour ajouter des additifs dans les aliments pour les rendre encore plus nutritifs et combler davantage les besoins nutritionnels. D'autres technologies seront utilisées pour la conservation des aliments. Par exemple, il existe différents types d'emballages pour protéger des rayons UV uniquement pour les bouteilles de ketchup ! » Autant de produits que de technologies, dira-t-on…
Il est vrai que certaines technologies ne sont pas très faciles à expliquer au grand public. Comment présenter la lyophilisation ? Un procédé qui permet de retirer l'eau contenue dans un aliment afin de le rendre stable à la température ambiante et faciliter sa conservation. Cette technique utilise un principe physique que l'on nomme sublimation. Cela consiste à rendre un élément à l'état solide à l'état gazeux sans passer par l'étape liquide pour ensuite sécher les aliments à froid. Ce procédé est notamment utilisé pour les aliments déshydratés.
Prenons un autre exemple : est-ce vraiment nécessaire d'expliquer aux consommateurs que leur sac de croustilles est rempli d'azote pour mieux le conserver ? Le regarderont-il autrement ? Il y a peut-être de fortes chances… Que pense le consommateur moyen de la laitue hydroponique ? Que dire de la margarine non-hydrogénée ? Quelle est l'importance d'expliquer en long et en large toutes ces technologies sans l'étourdir ?
Présenter la santé et non la technique
Selon un sondage effectué par la firme Léger Marketing en mars 2005 auprès de 1,501 adultes à travers le Canada, 61 % des Québécois limitent la quantité de gras qu'ils consomment durant une semaine. Ils sont devancés par les habitants des Maritimes qui affichent un taux de 71 % et des gens de la Colombie-Britannique avec un pourcentage de 63 %. Il y a donc un souci de bien s'alimenter.
Publiciste et président de Radius Publicité, Serge Gravel ne croit pas qu'il soit de mise d'expliquer en profondeur certaines technologies utilisées dans la transformation alimentaire. « C'est complexe. Selon moi, il n'est pas pertinent de parler de la technologie et de l'expliquer en détail au niveau du consommateur. Il est préférable de leur présenter les bienfaits du produit. À titre d'exemple, nous irradions certains aliments depuis 25 ans et l'industrie n'en parle pas aux consommateurs car cela pourrait peut-être entraîner une image négative. »
Par contre, le publiciste soutient que
l'intérêt grandissant des consommateurs sur leur alimentation forcera
les gouvernements à réclamer de plus en plus d'information des
transformateurs et producteurs. « La tendance se dessine de plus en
plus où les gouvernements exigeront de plus en plus des manufacturiers
de faire la preuve de ce qu'ils avancent et demanderont des analyses
scientifiques. »
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