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Quasiturbine
: Par Bernard Gauthier
D'ici les prochaines années, la technologie aura eu raison de nos moteurs. Et ce virage reviendra à l'inventeur de la quasiturbine, Gilles St-Hilaire, un Montréalais d'origine, détenteur d'un doctorat en physique des plasmas.
À l'heure actuelle, le piston d'un compresseur met un tour pour effectuer ses deux temps : l'un pour l'aspiration ; l’autre pour l'échappement. Mais pour ce qui est de la quasiturbine, c'est différent. Il y a quatre chambres, lesquelles réalisent quatre temps chacune, lors d'un tour complet. Autrement dit, cela représente seize temps moteur et huit volumes d'air qui sont expulsés de la machine à chaque tour. « C'est un facteur d'amplification assez important », indique celui qui a conçu la quasiturbine, Gilles St-Hilaire.
La quasiturbine jouera un rôle déterminant dans les compresseurs, les détendeurs rotatifs et les moteurs en général. « Nous avons mis au point un système qui a des procédés de variations de volume, de la même façon que ça se déroule dans un moteur à piston. Cependant, dans notre système, le nombre de variations est beaucoup plus important ; c'est ça qui constitue son originalité. »
Plus efficace, moins polluante
Cette révolution technologique arrive à point : les émanations de bioxyde de carbone sont réduites de 60 % et ne dégagent aucun monoxyde de carbone. De plus, le nombre de décibels est 20 fois moins élevé. La quasiturbine procure une puissance égale à celle du moteur à piston, tout en étant plus compact et léger. Que ce soit le diesel, l'hydrogène, l'essence ou autres types de carburants, la quasiturbine s'adapte à tous les types de moteurs.
Tests
Usages multiples
La quasiturbine est appelée à répondre à de multiples usages. Cette nouvelle technologie sera utilisée aussi bien pour de très petits outils, que de plus gros telles les tronçonneuses à air comprimé largement répandues dans les profondeurs des mines souterraines. « Dans l'industrie du gaz naturel, nous avons déjà des unités de moteurs pneumatiques qui sont sur le point d'être commercialisées. »
Ce n’est qu’une simple question de temps avant que la quasiturbine ne remplace définitivement le moteur à piston, puisque cette technologie devrait apparaître peu à peu sur le marché. Mais certainement pas dans l'industrie automobile, du moins dans un avenir rapproché. Bien que les décideurs se montrent intéressés, ils sont à la fois sceptiques.
Brevetée en 2001, la quasiturbine fut
lauréate au concours « Énergia 2002 », catégorie Recherche et
développement, de l'Association québécoise pour la maîtrise de
l'énergie (AQME).
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