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  Ce dossier a été publié dans l'édition octobre 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Quasiturbine :
Une invention technologique appelée à révolutionner le moteur à piston

Par Bernard Gauthier

 
 

M. Gilles St-Hilaire


D'ici les prochaines années, la technologie aura eu raison de nos moteurs. Et ce virage reviendra à l'inventeur de la quasiturbine, Gilles St-Hilaire, un Montréalais d'origine, détenteur d'un doctorat en physique des plasmas.

 

À l'heure actuelle, le piston d'un compresseur met un tour pour effectuer ses deux temps : l'un pour l'aspiration ; l’autre pour l'échappement. Mais pour ce qui est de la quasiturbine, c'est différent. Il y a quatre chambres, lesquelles réalisent quatre temps chacune, lors d'un tour complet. Autrement dit, cela représente seize temps moteur et huit volumes d'air qui sont expulsés de la machine à chaque tour. « C'est un facteur d'amplification assez important », indique celui qui a conçu la quasiturbine, Gilles St-Hilaire.

 

La quasiturbine jouera un rôle déterminant dans les compresseurs, les détendeurs rotatifs et les moteurs en général. « Nous avons mis au point un système qui a des procédés de variations de volume, de la même façon que ça se déroule dans un moteur à piston. Cependant, dans notre système, le nombre de variations est beaucoup plus important ; c'est ça qui constitue son originalité. »

 

Plus efficace, moins polluante

 

Cette révolution technologique arrive à point : les émanations de bioxyde de carbone sont réduites de 60 % et ne dégagent aucun monoxyde de carbone. De plus, le nombre de décibels est 20 fois moins élevé. La quasiturbine procure une puissance égale à celle du moteur à piston, tout en étant plus compact et léger. Que ce soit le diesel, l'hydrogène, l'essence ou autres types de carburants, la quasiturbine s'adapte à tous les types de moteurs.

 

Tests

 

Présentement, des prototypes académiques sont fabriqués et testés en laboratoires de recherche et dans quelques centres d'essais. L'objectif est d'accumuler le plus grand nombre d'heures d'utilisation afin de démontrer que le système ne comporte pas de failles et qu'il agit correctement dans les conditions recherchées. « D'ici deux à trois ans, nous serons en mesure de rédiger des fiches techniques fiables en vue de la commercialisation. »

 

Usages multiples

 

La quasiturbine est appelée à répondre à de multiples usages. Cette nouvelle technologie sera utilisée aussi bien pour de très petits outils, que de plus gros telles les tronçonneuses à air comprimé largement répandues dans les profondeurs des mines souterraines. « Dans l'industrie du gaz naturel, nous avons déjà des unités de moteurs pneumatiques qui sont sur le point d'être commercialisées. »

 

Ce n’est qu’une simple question de temps avant que la quasiturbine ne remplace définitivement le moteur à piston, puisque cette technologie devrait apparaître peu à peu sur le marché. Mais certainement pas dans l'industrie automobile, du moins dans un avenir rapproché. Bien que les décideurs se montrent intéressés, ils sont à la fois sceptiques.

 

Brevetée en 2001, la quasiturbine fut lauréate au concours « Énergia 2002 », catégorie Recherche et développement, de l'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie (AQME).