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Au
Lac-Saint-Jean Par Paul-Emile Thériault
À partir d'une petite municipalité du Lac-Saint-Jean, Hébertville-Station, une PME fabrique des enduits architecturaux produits à base d'acrylique destinés à la construction et acheminés au Québec et dans d'autres provinces et pays.
Les systèmes Adex inc. est un manufacturier d'enduit polymère acrylique stuc des temps modernes. Le Groupe Giroux Maçonnex, spécialisé dans le recouvrement du bâtiment, a vu l'opportunité de développer un nouveau marché de ce type, il y a une vingtaine d'années. On compte sur les doigts d'une main les entreprises québécoises du domaine et elles ne sont pas légion au pays. L'entreprise jeannoise a d'ailleurs l'intention, d'ici cinq ans, de se positionner dans la conquête du marché canadien, au point d'en devenir éventuellement un leader. Cela devrait permettre de doubler le nombre actuel de 25 employés d'ici 2010. La gamme de produits est variée : outre l'enduit de polymère acrylique (stuc), on y fabrique de la peinture et du scellant à béton.
L'entreprise fabrique et commercialise des systèmes d'isolation par l'extérieur (connus sous l'appellation EIFS en anglais). Le but premier est d'isoler du froid et de la chaleur, mais aussi, par effet découlant du procédé, de produire une certaine insonorisation. On mise sur la saine gestion, la recherche et le développement et la qualité d'une main-d'œuvre compétente et fidèle.
Peu connue dans sa région
Principal employeur de cette municipalité d'un peu plus d'un millier de citoyens, l'usine d'environ 15 000 pieds carrés embauche 25 personnes. Comment une entreprise qui puise sa matiere première à l'extérieur d'une région et trouve son marché bien loin de son lieu d'implantation (le Québec à 75 % dont 50 % à Montréal, ainsi que l'est ontarien, les Maritimes et une vingtaine de pays, sporadiquement) décide-t-elle de se localiser au Lac-Saint-Jean ? On parle d'une décision longuement mûrie… qui a fait ses preuves. L'entreprise a cependant peu d'intérêt à se publiciser dans sa région.
Vice-président au marketing, Richard Giroux rappelle aussi qu'une usine d'Hébertville-Station était devenue propriété de l'entreprise pour y développer le marché québécois, qu'on y trouvait une main-d'œuvre de qualité, empressée et fidèle à l'entreprise, même si on comptait les employés sur les doigts d'une main : ces gens dévoués et productifs ont permis de faire confiance au milieu. Le coût raisonnable de l'immobilier a aussi permis de compenser les facteurs d'éloignement en approvisionnement et livraison.
M. Giroux et le directeur de l'usine Dominique Bouchard, qui habite à quelques kilomètres de celle-ci, s'entendent sur l'importance du maintien de la localisation.
Au plan social, on contribue à contrer l'exode et activer la cohésion sociale : plusieurs employés sont jeunes, ce qui est porteur d’une relève assurée, donc d'avenir. Les décisions sont prises sur une base logique d'affaires, mais l'aspect social fait ausssi l'unanimité, parmi les actionnaires. La compagnie joue aussi un rôle actif, encourageant des organismes du milieu.
Les composantes physiques sont beaucoup plus onéreuses que les coûts de la main-d'œuvre. L'acrylique se base sur les hydrocarbures, de sorte que les récentes augmentations ont leur impact sur les coûts de production… en plus de la livraison.
Le cheminement
Systèmes Adex (Adex manufacturation et Adexmat (magasins du réseau de distribution aux contracteurs et indivius), partenaire de Giroux Maçonnex, était intéressée, vers 1986 et 1987, dans la distribution de stuc, kalcickote. Des approches faites auprès de producteurs d'enduits ont permis, avec quatre magasins et la performante usine d'Hébertville-Station, de se lancer vers de nouveaux défis : développer les enduits polymères de type acrylique, un marché en émergence. On a alors acquis la branche Adex d'une entreprise ontarienne qui disposait de peu de temps et ressources pour lui donner l'expansion voulue. Il n'existait alors qu'un concurrent au Québec, Ispro. Un autre s'est ajouté depuis. Au Canada, sept des douze joueurs se partagent les trois quarts du marché des enduits, très actif à Toronto.
L'important marché américain est sous étude pour d'éventuels développements, mais il est déjà bien couvert et on va composer avec le raffermissement du dollar. Outre la localisation, le marché se subdivise en deux moitiés entre l'industriel et le commercial d'une part, ainsi que le résidentiel, qui se ompose de plus grands bâtiments de type multirésidentiel dont des condos en plus des résidences individuelles. M. Giroux précise qu'à l'isolation et l'insonorisation s'ajoutent à l'offre aux entrepreneurs, des services rapides et à coûts avantageux, entre autres pour les étages supérieurs de bâtisses élevées : occasionnellement, le bas d'un bâtiment est de maçonnerie (question d'esthétique). « L'enduit d'acrylique permet d'en arriver à une rapidité d'installation à coûts raisonnables », précise M. Giroux, visiblement fier de son produit et de l'équipe qui le fabrique. Maintenant de 25 travailleurs oeuvrant partiellement sur deux quarts de travail en usine, ils sont la base fondamentale de la production, d'où la décision, dont on se félicite encore, de s'être installé au Lac-Saint-Jean : les avantages dont la qualité de la main-d'œuvre compensent les facteurs d'éloignement et transport des matériaux de base et produits finis.
La complexité d'application des enduits d'acrylique fait que ce sont majoritairement des applicateurs professionnels (métier de truelle) qui l'appliquent, tant dans les marchés commerciaux que résidentiels.
Techniquement, à partir de la structure du bâtiment, métallique ou de bois, on applique une feuille de « venir » ou un autre substrat, comme un gypse d'extérieur, une vieille brique ou autre, avant de procéder aux applications spécialisées de polystyrène, sous-couche de treillis de fibre de verre et finition de polymère acrylique. On fixe sur place les panneaux de polystyrène ; l'application de la couche acrylique se fait aussi sur les lieux des travaux, par les ouvriers spécialisés dans l'application des substances, jusqu'à la finition des produits.
Le réseau Adexmat possède des magasins à Montréal, Québec et Ottawa, dans l'arrondissement Chicoutimi de Saguenay, ainsi qu'en Estrie (trois) et un en Mauricie.
L'usine d'Hébertville-Station ne fait aucun
rejet dans l'air et dispose de bassins de rétention pour ses eaux
usées, souligne Adex. On réutilise certains résidus dans les procédés
et dispose de façon légale de ce qui demeure en bout de ligne,
renchérit la direction.
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