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Fabrication des produits métalliques Par Bernard Gauthier Depuis la tenue du Sommet économique sur les régions en 2002, les entreprises de fabrication de produits métalliques dans la grande région de Montréal sont en perte de vitesse. Le dégrèvement fiscal de 40 % sur la main-d'œuvre accordé aux entreprises en région a pour effet de nuire considérablement aux industries manufacturières de Montréal. « Elles ne peuvent plus être concurrentielles. Et ce programme va encore durer quelques années. Dans l'est de la ville, nous avons déjà perdu de quatre à cinq entreprises qui ont déclaré faillite ou simplement déménagé dans un autre pays où les coûts de main-d'œuvre sont moins élevés », explique le directeur général de la Société de développement économique de Rivière-des-Prairies et Pointe-aux-Trembles (SODEC), Jean Gauthier.
Chine : une menace réelle
Bien que cette politique gouvernementale n'aide en rien la situation déjà fragile des entreprises de Montréal mais aussi des autres centres urbains tels Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke et Gatineau, un deuxième problème épineux menace encore plus sérieusement l'industrie de la fabrication des produits métalliques : celui de la mondialisation des marchés et tout particulièrement la présence marquée de la Chine. « Depuis deux à quatre ans, tous les produits normaux d'utilisation faits en métal peuvent être fabriqués en Chine à des coûts nettement inférieurs à ceux d'ici. Les Chinois disposent des mêmes équipements que les nôtres et la main-d'œuvre travaille à des salaires inférieurs. C'est clair : on ne peut pas concurrencer avec eux. »
Innovation technologique
À Montréal, il y a entre 800 et 1 000 entreprises qui utilisent les métaux de façon régulière ou partielle. Plusieurs sont menacées de disparaître si rien n'est fait. À la SODEC, on mise sur l'innovation technologique pour sauvegarder les industries et des milliers d'emplois. « Si les entreprises investissent massivement dans ce secteur ou en recherche et développement, elles viennent ainsi d'enlever la concurrence directe de la Chine. »
Selon Jean Gauthier, les entreprises ont encore cinq à dix ans avant que la Chine ne les rattrape. « D'ailleurs, les experts chinois prétendent que les dix prochaines années au maximum seront suffisantes pour concurrencer l'Europe et l'Amérique dans les produits haut de gamme. Ce qui donne le temps à nos entreprises manufacturières de développer de nouveaux marchés et produits. Celles qui ne suivront pas seront presque vouées à la faillite. »
Optimisme
À la SODEC, on demeure néanmoins optimiste dans la mesure où le travail se poursuivra à un rythme accéléré avec les diverses instances gouvernementales. « Bien que le fédéral et le provincial mettent l'accent sur l'innovation technologique, et que Montréal ait accepté d'établir dans l'est de Montréal un centre d'innovation de la PME, il faut aller plus loin que le désir et mettre en pratique ce que l'on demande parce que les entreprises attendent pendant ce temps. »
D'ici la fin de l'année, les prochains mois
s'annoncent déterminants dans cette industrie. Le temps file très vite
et les gouvernements doivent agir rapidement pour freiner la menace
chinoise avant qu'il ne soit trop tard. « Il faut que les décisions se
prennent rapidement pour qu'on puisse dire aux entreprises que nous
serons en mesure de les aider très prochainement. »
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