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Traitement du lisier Par Martine Frigon Le traitement du lisier exigeant peu d'espace pour l'épandage est dorénavant chose réelle grâce à un traitement développé et commercialisé par Envirogain, une firme conseil située à Saint-Romuald, sur la rive-sud de Québec. Après cinq années de recherches, elle commercialise une nouvelle technologie qui propose un traitement global du lisier, nécessitant peu ou pas d'épandage et, par conséquent, ne limitant pas les producteurs à rechercher des espaces pour disposer de leurs lisiers traités.
Tout d'abord sortie tout droit de la tête des chercheurs d'Envirogain, ces derniers ont découvert que de l'autre côté de l'Atlantique, d'autres personnes travaillaient pour le même objectif. Ayant développé quelques équipements, un partenariat fut donc créé avec la société française Dénitral.
La nouvelle technologie d'Envirogain, connue sous la marque de commerce « Biofertile », est adaptée aux réalités climatiques et surtout aux exigences environnementales du Québec. Les dirigeants de la firme conseil souhaitent que leur technologie devienne la solution aux mesures imposées aux producteurs porcins, qui doivent trouver des terrains d'épandage, et ce, principalement dans les régions contingentées telles que la Montérégie.
Technologie unique au Québec et au Canada
« Il n'existe aucune technologie de ce type au Québec et au Canada », explique Jocelyn Douhéret, agronome et directeur du développement des marchés chez Envirogain. Afin de réaliser le projet, une phase de recherche et de développement s'est déroulée dans une entreprise agricole située à Saint-Anselme, dans la région de Chaudière-Appalaches. Ce projet s'est effectué en collaboration avec le ministère des Ressources naturelles du Canada, le Conseil national de recherches Canada (CNRC), Développement économique Canada et le Centre québécois de valorisation des biotechnologies. Les tests furent concluants et la période de commercialisation fut amorcée cette année.
Le tout premier système a été implanté à L’Ange-Gardien, en Montérégie, pour un regroupement de cinq fermes appartenant à la même famille. Physiquement, la station ressemble à une usine d'épuration. Elle renferme une salle comprenant plusieurs machines, une grande fosse, un hangar pour emmagasiner le fumier solide et une lagune pour la partie liquide du traitement. Quant au procédé, il consiste en premier à introduire le lisier provenant d'animaux dans une fosse, où il sera homogénéisé avant de subir une séparation liquide / solide.
Par la suite, le mélange qui en résulte est ensuite décanté puis envoyé dans une autre fosse où l'on a installé un bioréacteur. Le procédé a d'ailleurs été inspiré des stations d'épuration dans les industries de pâtes et papiers ou encore du traitement des eaux usées dans les réseaux municipaux. Toutefois, les chercheurs d'Envirogain l'ont adapté à l'industrie agricole.
La partie solide résiduelle est emmagasinée et la partie liquide est filtrée à nouveau. C'est ici qu'entre en ligne de compte toute la nouvelle technologie développée par Envirogain car elle comprend deux étapes supplémentaires à ce qui existe en France. Ainsi « Polipur », cette technologie développée par Envirogain, se veut une électrotechnologie pour le polissage des effluents.
« C'est un traitement global des lisiers et
c'est une première au Québec. Les fermes Grenier peuvent traiter près
de 82 m3 de lisier par jour, soit l'équivalent d'une production
annuelle de 55 000 porcs. Le système de traitement est conçu pour
gérer 100 m3 par jour. « Biofertile » a d'ailleurs reçu le premier
certificat d'autorisation du ministère de l'Environnement en matière
de traitement du lisier. Nous souhaitons d'ailleurs que cette
technologie soit utilisée dans toute l'industrie agroalimentaire, que
ce soit la transformation ou la production », conclut M. Douhéret.
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