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  Ce dossier a été publié dans l'édition juin 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Gaz naturel au Québec
Le seul gisement en exploitation se situe en Gaspésie

Par Carl Thériault

La Gaspésie et le golfe Saint-Laurent destinés à devenir de grandes régions productrices de gaz naturel et de pétrole au Canada ? Certains l'espèrent ; d'autres le croient. Déjà, le gaz naturel gaspésien profite à l'économie de cette région, plus particulièrement à Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard, spécialisée dans la transformation et la distribution de la crevette. L'usine est alimentée en gaz naturel depuis déjà deux ans par le gisement de Galt, situé à 25 kilomètres à l'ouest de Gaspé, le seul présentement en exploitation au Québec. La première découverte de suintements naturels d'huile remonte… à 1836 à l'ouest de Gaspé.

 

La compagnie Junex de Québec, qui exploite ce gisement, compte sur des réserves prouvées de gaz naturel de 728 millions de pieds cubes à Galt. La capacité des installations de Junex à Galt I est de 1,2 million de pieds cubes. Marinard consomme un volume d'environ 200 000 pieds cubes / jour de gaz.

 

 

Jean-Yves Lajoie croit au potentiel gaspésien.


 

Junex poursuit ses travaux d'exploration. « Nous avons reforé deux puits. On s'est aperçu qu'il y avait de l'huile. En juin, on va stimuler le puits. C'est de l'huile d'excellente qualité qui se compare au brut léger algérien. On pourra produire en même temps de l'huile et du gaz naturel (…) Nous avons aussi l'intention de forer trois nouveaux puits en Gaspésie avec l'acquisition d'un nouvel appareil de forage. C'est un investissement de près de 2 M $. Avec les prix actuels sur les marchés, nous n'avons pas besoin de quantités énormes d'huile pour que ce soit rentable », indique le président de Junex et ingénieur, M. Jean-Yves Lavoie, qui regarde aussi du côté de la Baie-des-Chaleurs.

 

« Nos travaux nous ont permis de trouver une séquence saturée en hydrocarbures qui va facilement de 600 mètres à 2 700 mètres de profondeur qui, par stimulation, pourrait nous aider à sortir de l'huile pour 40 à 50 ans avec un débit durable. Tout est à faire. De la péninsule gaspésienne à Rimouski, il y a eu 90 puits de forés. Environ une dizaine seulement l'a été avec des méthodes modernes », anticipe Jean-Yves Lavoie.

 

Le bassin de la Gaspésie est loin d'être le seul à être plein de potentiel. La mégastructure de Old Harry (off-shore), à 80 km au nord-ouest des Iles-de-la-Madaleine, contiendrait l'équivalent de la consommation de gaz naturel du Québec pendant 20 à 25 ans, selon les besoins actuels. Un potentiel comparable aux réserves de l'Ile de Sable au large de la Nouvelle-Écosse.

 

La production mondiale de pétrole plafonnera avant 2102, selon Pierre-André Bourque, professeur émérite au département de géologie et de génie géologique à l'Université Laval. « Une découverte importante dans l'estuaire et le golfe, tout comme d'ailleurs en Gaspésie ou en Anticosti, générerait une activité économique importante pour la Gaspésie, la Côte-Nord et les Iles-de-la-Madeleine, et assurerait au Québec une certaine sécurité énergétique dans le domaine des hydrocarbures, particulièrement du gaz naturel. On parle d'emplois de haut niveau pour des techniciens, ingénieurs, chercheurs, comptables, économistes… mais aussi de l'émergence d'une économie fondée sur des industries de haute technologie. »

 

La mise en valeur du potentiel gazier et pétrolier off-shore dans l'estuaire et le golfe Saint-Laurent pourrait encore plus radicalement changer le visage de la Gaspésie pour en faire une véritable région productrice d'énergie. Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres puisque les nombreux feux verts environnementaux n'ont pas encore été donnés. Les premiers relevés sismiques sont encore à venir.. Hydro-Québec, leader dans ce projet, a déjà comparé son projet d'exploration gazière et pétrolifère à celui de Terre-Neuve - Hibernia, Terra-Nova et White Rose. Le développement de la filière hydro-carbure engendrerait 4 000 emplois (forages, puits plates-formes, gazoducs sous-marins) et celui de l'exploitation des ressources de 200 à 300 emplois par année en région. Le marché est à portée puisque le pétrole et le gaz naturel assurent 51 % des besoins énergétiques du Québec contre 38 % pour l'électricité.