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  Ce dossier a été publié dans l'édition juin 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Matériaux composites
Un réseau structuré pour Québec et Chaudière-Appalaches

Par Martine Frigon

Les manufacturiers situés dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, qui se spécialisent dans les matériaux composites, ont à portée de main des organismes, centres de recherche et établissements d'enseignement voués à ce secteur d'activité industrielle.

 

En fait, on compte dans la région cinq établissements de recherche ayant des activités dans le domaine des plastiques et des matériaux composites : le Centre de recherche en sciences et ingénierie des macromolécules (CERSIM), R-D Défense Canada - Valcartier, le Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ, le Centre de technologie minérale et de plasturgie ainsi que le Centre sectoriel des plastiques.

La formation académique n'est pas en reste. La Faculté des sciences et génie de l'Université Laval offre un certificat en génie de la plasturgie (le seul programme d'ailleurs de premier cycle en plasturgie offert au Canada), une concentration en plasturgie dans les programmes de baccalauréat en génie chimique, en génie mécanique et en génie des matériaux et de la métallurgie ainsi que des programmes de deuxième et de troisième cycles dans le domaine des polymères.

 

À Thetford Mines, le Collège de l'Amiante propose quant à lui une technique en transformation des matières plastiques. De plus, il existe deux centres de formation professionnelle qui proposent des diplômes d'études professionnelles (DEP) dans le domaine, soit le Centre sectoriel des plastiques qui se spécialise dans l'enseignement des procédés de transformation des thermoplastiques et le Centre de formation professionnelle de Saint-Joseph de Beauce qui offre un programme de formation professionnelle pour la mise en œuvre des matériaux composites.

 

Première région en importance au Québec

 

La présence de tous ces établissements apporte sans doute un atout majeur aux entreprises présentes dans ces régions qui, semble-t-il, seraient très importantes quant à leur nombre comparativement aux autres régions du Québec.

 

« La vaste majorité des entreprises spécialisées en plasturgie et en matériaux composites est située dans la région de la Vieille Capitale et de Chaudière-Appalaches », explique Sophie Pépin, directrice, Développement des affaires Plastiques et Matériaux composites chez Pôle Québec-Chaudière-Appalaches, un organisme voué à la promotion économique de la région.

 

Ces entreprises, au nombre de 130, totalisent un chiffre d'affaires de 1 milliard de dollars annuellement et emploient 5000 personnes.

 

D'ailleurs, parmi les plus connues sur le territoire mentionnons Bain Ultra, ADS Groupe Composites, I. Thibault, IPL inc. et René Matériaux composites.

 

Faibles investissements en R&D

 

 
 

Sophie Pépin, directrice Développement des affaires pour la Filière Plastiques et Matériaux composites chez PÔLE Québec Chaudière-Appalaches.


Selon Mme Pépin, un fait demeure toutefois. Malgré la présence de chefs de file dans l'industrie, on dénoterait de faibles investissements dans la recherche et le développement. « La R&D est partie prenante de la productivité et il s'en fait peu dans la région. Peut-être toutefois que les entreprises exercent des activités de recherche et de développement sans demander d'aide extérieure et il nous est alors impossible de le quantifier », lance Mme Pépin. Par ailleurs, cette dernière ajoute qu'il est très important de miser sur l'augmentation de la productivité. « Selon l'Association canadienne de l'industrie des plastiques (ACIP), les entreprises québécoises seraient moins compétitives que celles situées en Ontario », indique-t-elle.

 

La pénurie chronique de main-d'œuvre, notamment en région, représente également un problème pour les entreprises. « Les métiers de l'industrie du plastique et des matériaux composites sont méconnus ; il n'y donc pas assez d'inscriptions aux programmes spécialisés dans le domaine », note Mme Pépin.

 

Ajoutons à cela la compétition des pays émergents, le nombre d'entreprises sous-traitantes qui dépendent de la viabilité d'une autre. Voilà les facteurs qui nécessitent des efforts de concertation entre les organismes de développement, les établissements de formation, les gouvernements et les entreprises.

 

« Les secteurs de la plasturgie et des matériaux composites font d'ailleurs partie des créneaux d'activités d'importance pour la région. Les entreprises doivent innover et concevoir des produits à valeur ajoutée. Nous avons d'ailleurs tous les éléments : il y a présence de chefs de file dans le secteur - des entreprises de classe mondiale - et une formation adéquate : du diplôme d'études professionnelles en matériaux composites au certificat en plasturgie de niveau universitaire », conclut-elle.