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  Ce dossier a été publié dans l'édition avril 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Les transitaires
Des joueurs de plus en plus demandés

Par Martine Frigon

C'est un fait, les entreprises québécoises exportent de plus en plus de marchandises et, accords internationaux obligent, de plus en plus loin d'ici. Il existe un joueur important pour aider les entreprises à exporter : le transitaire. Connu également sous le titre de « courtier en douanes », ce dernier fournit des services logistiques ; c'est-à-dire qu'il permet, au nom de l'expéditeur ou du destinataire, d'acheminer les marchandises à travers les douanes, en assurant la planification du transport, qu'il soit aérien, ferroviaire, maritime ou routier. Ces services logistiques peuvent inclure le courtage en douanes, la préparation des documents d'exportation, l'assurance de la cargaison et l'entreposage sous douane, selon le cas.

 

Exportation et intermodalité

 

De nos jours, les expéditions se traduisent bien souvent par l'intermodalité. Une marchandise sera acheminée dans un premier temps par camion, pour ensuite être chargée à bord d'un avion cargo ou d'un bateau, puis enfin transférée dans un autre camion pour sa destination finale. Ce scénario s'ajoute à celui qui utilise les services ferroviaires, souvent en collaboration avec le transport maritime. Le transport intermodal au Canada et particulièrement au Québec se concrétise par les services de conteneurs qui peuvent être transportés à la fois par bateau, par train ou encore par transport routier. Ici, des ententes de collaboration ont été prises entre les deux principaux transporteurs CN et CP Rail et les principaux ports canadiens constituent également des acteurs importants.

 

La sécurité : facteur incontournable

 

Quiconque exporte outre-frontière connaît les contraintes occasionnées par l'explosion des mesures de sécurité notamment depuis les évènements du 11 septembre 2001. « Nous sommes pris dans un carcan de législations », de dire Pierre Dolbec, président-directeur général chez Dolbec International, un transitaire situé à Québec.

 

À titre d'exemple, depuis le 19 avril 2004, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a instauré l'initiative « Information préalable sur les expéditions commerciales » (IPEC), qui oblige les transitaires et les transporteurs à fournir un préavis de 24 heures pour toute cargaison qui arrive au Canada. La prochaine étape de l'IPEC sera mise en oeuvre à l'été 2005 et consistera à obtenir des données sur le fret et le moyen de transport aérien. Les transporteurs aériens et les transitaires, le cas échéant, devront alors transmettre ces données au moins 4 heures avant leur arrivée ou avant le décollage si le vol doit durer moins de 4 heures.

 

Choses à ne pas faire

 

 

Pour Pierre Dolbec, il est malheureux que les entreprises ne veuillent pas déclarer la valeur réelle de la marchandise, se disant que le risque de dommage ou de perte est minime. Cette pratique, à son avis, n'est pas la chose à faire car le manufacturier pourrait y perdre au change advenant un dommage.


 

Dans un effort bien louangeur d'économie des coûts de transport, certaines entreprises pourraient bien récupérer des économies de bouts de chandelles selon Pierre Dolbec. « Bien souvent et malheureusement », explique-t-il, « les entreprises ne veulent pas déclarer la valeur réelle de la marchandise, se disant que le risque de dommage ou de perte est minime. Cette pratique, à mon avis, n'est pas la chose à faire. Prenons l'exemple d'un envoi d'une valeur de 100 000 $ où l'on déclare que 60 000 $. Si un entrepreneur a sauvé 46 $ par envoi pour six envois – ce qui ne représente même pas 300 $ – en déclarant 40 % de la valeur réelle, il pourrait perdre 40 000 $ le jour où il y subira une perte totale ! »

 

La complexité des exportations internationales exige une connaissance des lois et exigences des pays destinataires. « Le transitaire évolue dans un vaste réseau de connaissances et de personnes-ressources ; ce qu'une entreprise et son département de transport n'aura pas nécessairement l'occasion de partager. Si vous aviez de la marchandise à envoyer en Asie, choisiriez-vous un itinéraire qui part de l'Ouest ou de l'Est ? La réponse n'est pas si évidente… Avec notre réseau de connaissances, nous pouvons vous offrir une route via l'Est qui prendra dix jours de plus mais qui coûtera 30 % de moins. En d'autres termes, nous proposons des choix à nos clients. »

 

L'avion ou le navire porte-containeur ?

 

Quels sont les meilleurs modes de transport pour expédier les marchandises ? « En Amérique du Nord et pour les très longues distances, le chemin de fer représente la solution la moins dispendieuse. C'est toutefois le mode qui entraîne le plus de cas de dommage à la marchandise. Pour les courtes et les moyennes distances, le transport routier par camion a pris beaucoup d'essor. Pour les destinations internationales, le transport maritime est le meilleur et le moins cher. L'avion sera utilisé pour de la marchandise haut de gamme en raison de la réduction du temps de transport. L'exportation des produits, ce n'est plus de l'expédition mais de la gestion. Il faut gérer le plus adéquatement possible le trajet qu'effectuera la marchandise », précise M. Dolbec.

 

Il existe d'ailleurs une association qui regroupe les firmes agissant à titre de transitaires : l'Association des transitaires internationaux canadiens (ATIC). On peut y retrouver le nom de tous ses membres sur son site : www.ciffa.com. Cette industrie de la gestion des expéditions en est une d'ailleurs tournée vers l'avenir si l'on en croit son directeur : « L'organisation mondiale du commerce (OMC) estime que les mouvements de marchandises qui traverseront les frontières seront de l'ordre de 8,4 billions de dollars US en 2005, comparativement à 5,9 pour l'année 1999 », indique Georges Kuhn, directeur général de l'association.