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  Ce dossier a été publié dans l'édition avril 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Industrie du meuble

Un nouveau créneau s'impose : un produit personnalisé haut de gamme à valeur ajoutée

Par Bernard Gauthier

L'industrie du meuble traverse une période difficile. Elle ne vit pas ses meilleurs moments pour diverses raisons. Selon le conseiller en veille stratégique du Centre d'information et de valorisation du meuble (CIVAM), Stéphane Deveault, cette situation est intimement liée aux échanges commerciaux et à la forte appréciation de la devise canadienne sur les marchés internationaux. « Plusieurs des entreprises exportent leurs produits à l'étranger. Et sans vouloir jeter tout le blâme sur la Chine, il reste néanmoins qu'il s'agit d'un élément que l'on doit considérer. »

 

Au Québec, 28 000 personnes travaillent dans l'industrie du meuble, composantes et fabricants confondus. Près de 1 500 entreprises transforment le bois en meubles, dont 240 dans la grande région montréalaise, incluant Laval.

 

Haut de gamme

 

Les prochaines années sont déterminantes. Selon monsieur Deveault, il faut que les fabricants s'orientent vers des créneaux de moyen à haut de gamme, tout en prenant soin de personnaliser leurs produits pour y donner une valeur ajoutée. Autrement, l'avenir s'annonce encore plus sombre. « Si nous demeurons dans la fabrication de meubles bas de gamme, nous ne pourrons pas concurrencer avec des pays tels la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et l'Europe de l'Est. La solution réside vers des produits que ces pays ne produisent pas. »

 

Au cours des deux dernières années, les exportations de meubles et de ses composantes ont chuté de 10 % à 12 % sur le marché américain. Et au même moment, les importations ont augmenté de façon significative pour atteindre les 28 % à 33 %, notamment du géant chinois. « La conséquence à tout cela est simple : nous produisons moins localement parce que nos prix ne peuvent pas être compétitifs. »

 

Moins de bois

 

Pour ce conseiller, il est clair que des pertes d'emplois et des fermetures d'entreprises sont à prévoir non seulement au Québec, mais aussi dans la région de Montréal et Laval. De son côté, l'Association des fabricants de meubles du Québec (AFMQ) lance un cri d'alarme : le Québec manque de bois parce qu'il se raréfie dans les forêts québécoises. Résultat : les producteurs doivent en importer davantage pour être capables de répondre à la demande de la production. En 2002, plus de la moitié du bois utilisé par les fabricants de meubles du Québec était importée des états voisins, notamment du Maine et de l'État de New York. Qui plus est, depuis deux ans, l'AFMQ rapporte qu'il y a eu une diminution d'un million de mètres cubes de bois dans les contrats d'aménagement et d'approvisionnement forestier.

 

Un an après, en 2003, l'importation du bois pour alimenter les scieries québécoises atteignait 37,6 %. Il s'agit d'une hausse de 322 % depuis les 13 dernières années.

 

L'Association représente 200 entreprises liées à l'industrie du meuble. Les ventes annuelles sont évaluées à 3,2 milliards $.