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  Ce dossier a été publié dans l'édition avril 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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L'aérospatiale québécoise et les Européens
Compétition inégale en R&D

Par Martine Frigon

 
 

Photo : Bell Hélicoptère


« La recherche et le développement, c'est le nerf de la guerre ! »  tels sont les mots de Michel Legault, directeur du Développement des affaires commerciales chez Bell Helicopter, lorsqu'il est question de compétitivité avec les autres manufacturiers du monde. « La concurrence européenne est féroce. Il serait intéressant que les gouvernements réalisent qu'investir dans l'aérospatiale amène des emplois intéressants et bien rémunérés. Ici, la moyenne salariale est de
60 000 $ annuellement. Ces personnes font rouler l'économie ! »

 

Selon lui, les gouvernements européens, particulièrement la France et l'Allemagne seraient particulièrement généreux dans l'obtention de crédits à la recherche et au développement. « Développer une nouvelle famille d'hélicoptères exige un investissement de 1 milliard de dollars US. Cela prendra environ 20 ans pour récupérer l'investissement. »

 

Implication gouvernementale

 

Ces prières ont été exaucées le 22 février dernier lorsque les gouvernements du Québec et du Canada ont annoncé conjointement en conférence de presse qu'ils accorderont un prêt de 115 M $ remboursable par redevances sur les ventes des nouveaux modèles, qui seront développés par l'entreprise, modèles annoncés le 6 février dernier lors d'une exposition commerciale en Californie. Le projet total nécessitera un investissement d'environ 700 M $. L'usine de Mirabel sera responsable du développement du fuselage, de l'avionique, de l'intégration et de la certification. Cette part du projet est évaluée à 384 M $ et permettra la mise au point des composantes et l'assemblage final des nouveaux appareils au Québec.

 

Formation et R&D

 

Par ailleurs, la présence d'institutions et de centres de recherche en aérospatiale est un incontournable pour assurer la compétitivité selon Michel Legault. « La pénurie de personnel et le manque d'élèves dans notre secteur d'activité sont un problème important. Plus de 50 % des places sont disponibles à l'École nationale d'aérotechnique et 20 % à l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal. »

 

Selon lui, il est urgent de remédier à la situation. « Ici, chez Bell Helicopter, la moyenne d'âge de nos employés est de 40 ans dans l'usine et de 46 ans dans les bureaux. La majorité d'entre eux a débuté en 1986, lorsque l'usine a ouvert ses portes. Nous devons commencer à préparer la relève. »

 

Des efforts de part et d'autre, il en existe. « Le Centre d'adaptation de la main-d'œuvre en aérospatiale du Québec est un très bon outil. « Je participe même à la sensibilisation des métiers de l'aérospatiale dans les écoles secondaires des Basses-Laurentides. Accompagnés d'un contre-maître, nous tentons de sensibiliser les décrocheurs potentiels aux avantages de faire un DEP dans notre secteur d'activité. Je pense que ça porte fruit et les jeunes réalisent qu'ils peuvent bien gagner leur vie sans nécessairement suivre une formation universitaire ! »