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L'exclusion des gras trans Par Martine Frigon L'automne dernier, la Chambre des communes adoptait une résolution proposée par le NPD qui pourrait changer la vie de plusieurs transformateurs alimentaires. Cette résolution oblige le gouvernement fédéral à adopter, d'ici la fin de 2005, un projet de loi ou encore un règlement qui interdira l'utilisation de gras trans dans tous les produits alimentaires vendus au Canada.
Ce faisant, la ministre d'État à la santé publique, Carolyn Bennett, annonçait alors la mise sur pied d'un groupe de travail composé d'experts de l'industrie de l'alimentation, de scientifiques, de nutritionnistes et de représentants d'associations de santé qui recommanderont des stratégies au gouvernement et proposeront un délai à respecter pour l'industrie. Or, l'industrie de la transformation agroalimentaire québécoise représenterait plus de 74 000 emplois directs, se retrouvant dans plus de 850 établissements. Il est évident que ce projet de loi aura des conséquences sur l'industrie alimentaire.
Impact sur les fabricants
Cela peut demander une énorme commande pour certains industriels. Pour les fabricants qui n'ont pas encore pensé à modifier leurs recettes, certains produits seront faciles à adapter tandis que d'autres le seront moins. « Cela pourrait aller d'une simple modification à un changement drastique selon le type de produit », précise Christine Jean, directrice technique au Conseil de la transformation alimentaire et des produits de consommation (CTAC). « Il faudra beaucoup d'investissements en recherche et développement pour certains, en plus de modifier les lignes de production si des ingrédients sont changés. Dans le cas où le fabricant serait certifié d'une quelconque accréditation, il devra reprendre les démarches car un changement dans les ingrédients modifie les processus. De plus, il faudra penser à la durée de vie du produit sur les tablettes ainsi qu'à son emballage. » Mme Jean estime d'ailleurs que le coût de certains produits pourrait augmenter de 30 %.
Produits mauriciens sans gras trans
Des transformateurs alimentaires, également fournisseurs aux autres fabricants du secteur, ont toutefois déjà commencé à se dispenser des gras trans. C'est le cas du Groupe Bergeron-Thibault qui fabrique la margarine de marque « Nuvel » dans ses installations situées à Trois-Rivières. « Depuis quatre ans, nous commercialisons cette margarine non-hydrogénée qui ne contient pas de gras trans et le produit est en croissance » explique Pierre Gince, porte-parole de l'entreprise.
Pour Christine Jean, d'autres fournisseurs
proposeront des alternatives. « Depuis quelques années, les
fournisseurs d'ingrédients sont en train de développer des produits
sans gras trans. Nous verrons de plus en plus de produits de
remplacement disponibles sous peu. »
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