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  Ce dossier a été publié dans l'édition février 2005 du Magazine Circuit industriel.
   
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Industrie du cuir, textile et habillement

« Il faut développer de nouveaux marchés. La demande est là. » Émilie Guindi, directrice de l'Association des Entrepreneurs en Couture du Québec.

Par Bernard Gauthier

 
 

Mme Émilie Guindi

Dans la grande région de Montréal, comme partout ailleurs au Québec, l'industrie du cuir, du textile et de l'habillement traverse une période difficile. Depuis l'abolition des quotas dans ce secteur, le premier janvier 2005, la concurrence, en provenance de pays en voie de développement tels la Chine, est de plus en plus féroce. Et à l'Association des Entrepreneurs en Couture du Québec (AECQ), qui regroupe 64 membres, on presse les gouvernements fédéral et provincial d'agir, afin d'assurer l'avenir de cette industrie.

 

À l'AECQ, il est clair que l'industrie est loin d'être morte. Bien au contraire, explique la directrice de l'Association, Émilie Guindi, il faut développer de nouveaux marchés en Amérique du Nord très rapidement. « La demande est là. Nous avons une technologie avancée et nos clients recherchent une meilleure qualité que les produits importés. Ce sont deux points majeurs sur lesquels nous devons travailler pour nous distinguer de nos compétiteurs étrangers qui offrent de meilleurs prix, en raison des salaires beaucoup plus bas de leur main-d'œuvre. »

 

Industrie saisonnière

 

Outre les salaires, l'AECQ cible un deuxième problème que les gouvernements doivent reconnaître à son avis : celui d'une industrie saisonnière. » Chaque année, nous traversons des périodes mortes au cours desquelles les employés se retrouvent sans travail. En acceptant de reconnaître cette réalité, les gouvernements verseraient ainsi temporairement une assurance-emploi aux travailleurs, ce qui favoriserait un milieu qui souffre déjà beaucoup. « Un autre problème, ajoute-t-elle, est celui des travailleurs à domicile. » Plusieurs travaillent au noir, ce qui a pour effet de créer une pression à la baisse sur les prix. Ils ne sont pas réglementés et il doit y avoir absolument un contrôle.

 

Lors d'une rencontre qui s'est déroulée en décembre dernier, entre l'AECQ et des représentants du ministère au Développement économique régional du Québec, le président de l'Association, Stéphane Cliche, a soutenu qu'il fallait aider les entreprises existantes de l'industrie à évoluer dans le nouveau contexte mondial de la globalisation des marchés.

 

Lobbying

 

Les discussions entre l'AECQ et les diverses agences gouvernementales se poursuivent toujours pour convaincre les autorités d'adopter les décisions qui s'imposent. « Les gouvernements croient à présent que notre industrie est morte. Mais notre lobbying auprès des décideurs est constant, parce que nous croyons fermement à l'avenir de notre industrie », poursuit madame Guindi.

 

Pour aider l'industrie, l'AECQ propose huit politiques : l'abolition totale des normes sectorielles, des tarifs sur l'importation des tissus et du salaire minimum spécifique à l'industrie du vêtement, un meilleur accès des employés à l'assurance-emploi, des normes d'emploi plus souples, un soutien aux PME pour le développement de nouveaux marchés et une politique de crédits d'impôt au chapitre de l'embauche et de la formation de nouveaux employés spécialisés, de même qu'au design pour y inclure les entreprises plus petites.

 

Malgré l'énorme défi à relever, Émilie Guindi demeure optimiste en l'avenir et garde espoir. « Ensemble, nous pouvons arriver à quelque chose de positif. C'est possible. »