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  Ce dossier a été publié dans l'édition décembre 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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Au port de Québec
Le plus grand terminal de nickel au Canada

Par Martine Frigon

 
 

Le minerai entreposé au port de Québec entreprend un périple depuis le Grand Nord québécois, avec escale à Québec. Il fera ensuite un voyage transocéanique mais précédé par un détour qui le mènera à Sudbury sur les berges du lac Huron, un des Grands Lacs.


Mis à part les intervenants concernés du secteur maritime et minier, peu d'initiés connaissent l'existence du plus grand terminal de nickel au Canada. Il est situé au Québec et plus particulièrement dans la Vieille Capitale, au port de Québec. Depuis plus d'une trentaine d'années, la compagnie minière d'envergure mondiale Falconbridge y gère un terminal pour l'exportation du nickel mat. Ce terminal est posté dans le secteur est du port, dans l'arrondissement de Beauport. En 1997, la multinationale minière, qui faisait construire un deuxième dôme à proximité du premier, celui-ci spécialisé dans l'entreposage du nickel concentré provenant de la mine Raglan, est située dans le Grand Nord québécois. Ce dernier projet totalisait alors des investissements de 250 millions de dollars.

 

Un grand voyage vers la transformation

 

Le nickel entreposé au port de Québec parcourt un voyage insoupçonné : il sera acheminé vers les Grands Lacs, reviendra à Québec et traversera l'océan pour revenir en Amérique. Tout commence par le chargement du nickel concentré extrait de la mine Raglan. Il est transporté par bateau du Grand Nord québécois en longeant les côtes du Labrador et il est alors déchargé dans le plus récent dôme au port de Québec. Par la suite, il est chargé sur des wagons pour être acheminé par train à l'usine de transformation de Falconbridge située à Sudbury. C'est là-bas qu'il sera transformé en nickel mat. Le minerai ainsi transformé reviendra au port de Québec toujours par train afin qu'il soit entreposé cette fois-ci dans le plus vieux dôme, ce dernier spécialement conçu pour le nickel mat. Ce même minerai sera ensuite chargé sur des navires océaniques en destination de la Norvège, pour y être alors transformé en lingots. Le périple n'est pas encore terminé, car les nouveaux lingots de nickel retraverseront l'Atlantique par bateau, pour être finalement déchargés au port de New York pour leur commercialisation.

 

Pour l'administration portuaire de Québec, ce terminal représente un investissement d'importance. « En 1997, l'administration portuaire de Québec a emprunté 23 millions $ pour la construction d'un terminal de nickel. Éventuellement, ce terminal sera une plus-value pour d'autres activités portuaires », racontait son président-directeur général Ross Gaudreault, lors d'une allocution devant les membres de la Chambre de commerce et d'industrie de Québec.

 

Utilisation industrielle du nickel

 

Les applications possibles du nickel se retrouvent à l'intérieur de 300 000 produits. Parmi ce très large éventail, citons les éviers de cuisine, les casseroles et les chaudrons. Par ailleurs, on utilise ce minerai dans le secteur maritime, des transports, de l'architecture et de l'aérospatial. Sa résistance à la corrosion ainsi qu'aux températures élevées sont des qualités appréciées. Outre le nickel, Falconbridge produit du cuivre, du cobalt et des composés de métaux relevant du platine. Le nickel et le ferronickel, un composé de 38 % de nickel et le reste de fer, représentent 41 % des revenus de l'entreprise. Pour l'année financière 2003, l'entreprise a présenté des revenus de 2,1 milliards de dollars canadiens et un revenu net de 194 millions. Elle compte 7 000 employés, présents dans 13 pays.