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  Ce dossier a été publié dans l'édition décembre 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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Projet de fusion entre deux joueurs québécois
Un nouveau géant dans la transformation du porc

Par Martine Frigon

 
   

L'industrie de la transformation alimentaire québécoise a vu un énorme projet de fusion apparaître. Les deux plus grands transformateurs de porc au Québec ont entrepris de regrouper leurs activités. Plus spécifiquement, le Groupe Brochu et la Coop Fédérée ont signé une entente pour le regroupement et la fusion des actifs de leurs entreprises respectives que sont Supraliment pour le Groupe Brochu et Olymel, pour la Coop Fédérée.

 

Cette annonce, survenue en octobre dernier, est toutefois conditionnelle à l'acceptation du Bureau canadien de la concurrence, ce dernier ayant la « responsabilité de l'examen des transactions de fusion, (…) afin de déterminer s'ils risquent d'empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence sur un marché donné ». Advenant l'acceptation de l'organisme, les deux entreprises fusionneront leurs activités d'abattage, de désossage, de transformation et de commercialisation des viandes de porc et de volaille, et l'on assistera à la naissance d'un géant de la transformation alimentaire.

 

Fusion et production

 

Hélène Hainse, de la firme Enigma et porte-parole pour les deux entreprises dans ce dossier, a mentionné qu'il était normal que la transaction soit approuvée par le Bureau de la concurrence. « Lorsqu'il y a des joueurs importants comme ceux-ci, c'est la procédure normale », dit-elle. Quant aux conséquences de cette fusion sur l'organisation du travail des employés, cette dernière indique « qu'il est trop tôt pour répondre à la question. Un comité de transition a été formé dans lequel font partie des représentants des deux entreprises. »

 

« Ce partenariat stratégique nous permettrait de combiner nos forces, d'exploiter la synergie de nos marques distinctes sans affecter nos opérations concurrentes dans d'autres secteurs d'activités », affirmaient dans un communiqué conjoint MM. Denis Richard et André Brochu, respectivement président du Conseil de La Coop fédérée et président du Conseil de Groupe Brochu. La déclaration commune se poursuit également en mentionnant les raisons de la fusion : « Les deux entreprises ont décidé de mettre en commun leurs atouts, leurs meilleures pratiques et leurs solutions pour relever les multiples défis auxquels l'industrie est confrontée. Mentionnons notamment les problématiques associées aux capacités de production et de transformation (…) et les exigences toujours plus grandes des marchés étrangers. En fusionnant, les deux entreprises entendent construire sur les résultats heureux d'une première alliance réalisée en 2002 au sein d'Aliments Prince. »

 

La nouvelle entreprise regrouperait plus de 12 000 employés et gérerait des usines et des centres de distribution au Québec, en Ontario et en Alberta. Employant actuellement 8 000 personnes, Olymel gère 18 usines, 16 centres d'élevage, un atelier d'ingénierie et trois centres de distribution. Le siège social de l'entreprise est situé à Saint-Hyacinthe. Parmi les entités rattachées à Supraliment, on retrouve les Salaisons Brochu, situées à Saint-Henri de Lévis, dans la région de Québec. L'entreprise emploie 545 travailleurs rattachés à la production et l'usine fonctionne sur trois quarts de travail. Gilles Demers, le président du syndicat local des Salaisons Brochu affilié à la FTQ, réagit face à ce projet de fusion et le voit comme une démarche à long terme. « Cela prendra des mois avant d'avoir la réponse du Bureau de la concurrence », dit-il. Quant aux réactions des employés, elles semblent positives. « Les réactions des employés sont bonnes, car ils pensent qu'ils gagneront les mêmes salaires qu'offre Olymel. Certains employés de la production gagnent plus que nous pour les mêmes tâches », ajoute Monsieur Demers. « À ce moment-ci, les travailleurs ne sont pas préoccupés ; au contraire, ils voient cette transaction comme une bonne nouvelle. »