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  Ce dossier a été publié dans l'édition décembre 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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À compter de 2005
Fericar a des projets pour ses 20 ans

Par Paul-É. Thériault

 
   

Au tournant de ses 20 ans d'existence, l'entreprise Fericar de Chambord, Lac-Saint-Jean, s'apprête à prendre la route de nouveaux défis. Il s'agit d'abord de planifier la nouvelle phase de développement pour ce manufacturier de semi-remorques pour le transport en vrac de copeaux et autres dérivés du bois, comme la sciure, et même de la tourbe. Le personnel, qui atteint maintenant les 55 employés, fait aussi la réparation des équipements concernés.

 

L'entreprise fabrique aussi des remorques doubles, connues sous le nom de trains routiers, un marché en développement, ainsi que des remorques à plancher mobile et autres types comme la remorque surbaissée ( 75 % de la production ) à haut volume de charge. En fait, selon les commandes des clients, on fabrique sur mesure ce dont chacun a besoin pour transporter ses copeaux et autres produits.

 

Marché en expansion

 

 

M. Ferand Jean est président et directeur de l'entreprise


 

Le marché actuel touche tout le Québec, effleurant même le Nouveau-Brunswick. À quelques semaines des 20 ans de l'entreprise, en février 2005, le second souffle consistera à pénétrer le marché des Maritimes. Là aussi, la stratégie de la progression graduelle, exempte de risques inconsidérés, encadrera les développements.

 

Ainsi, à plus long terme, on veut développer le nord-est américain et l'Ontario, peut-être même le reste du pays. Cela permettra le maintien de la croissance de l'emploi. Ainsi, on envisage le développement de créneaux parallèles pour assurer la progression de l'entreprise. Cela implique de la R & D et des études de marché avant la fabrication de nouveaux produits.

 

« Nous voulons continuer à créer des emplois et perfectionner nos produits, à la meilleure satisfaction de nos clients… De plus en plus, mais toujours graduellement, nous voulons ainsi faire connaître les produits Fericar et accroître la réputation de l'entreprise ! », dit le président et directeur général Fernand Jean. Ce n'est pas un hasard si le grand patron utilise le pronom « nous », en parlant de Fericar. Il est de ceux pour qui la ressource première d'un manufacturier est son personnel : « Nous formons une grande famille ; nous avons besoin de chacun pour progresser… ». Il est fier que Fericar soit le second employeur de Chambord, après Louisiana Pacific.

 

Quant au chiffre d'affaires, on se contente de dire publiquement qu'il a doublé en quatre ans. On a aussi doublé le nombre d'employés durant cette période. La lancée du tournant du siècle avait aussi amené un important agrandissement de la bâtisse. Derrière la façade de 50 pieds linéaires, on a ajouté une section de 160 pieds de long à celle de 160 déjà existant. En 2002, on a refait les aires administratives et, cette année, on a agrandi l'atelier de réparation en y ajoutant 4000 pieds carrés. « Nous avons encore de la place », lance M. Jean, en référence aux projets de l'entreprise. Il était bien loin de s'imaginer en arriver là, à 37 ans, quand trois hommes ont décidé de démarrer une entreprise pour gagner leur vie, dans des locaux loués, à Alma. En 1988, on a décidé de construire à Chambord, carrefour du transport du bois, près de l'intersection des routes 169 et 155. « Ce pôle du transport en vrac reliait à la fois les secteurs de Chibougamau et Chapais et de l'Abitibi, la Côte-Nord et la Mauricie, eux-mêmes en lien avec la région de Québec et sa Rive-Sud, ainsi qu'à l'Outaouais ! »

 

Croissance progressive

 

L'entreprise a débuté bien modestement en 1985, alors qu'on pouvait compter sur les doigts d'une seule main le nombre d'employés : l'arrêt de production d'une compagnie fabriquant des semi-remorques a conduit trois travailleurs touchés par la fibre entrepreneuriale à s'associer. Le projet a été soigneusement planifié, l'expérience et la volonté compensant le risque calculé. Fericar est formée à partir des noms des trois promoteurs. Un est décédé en 2000, année où M. Jean a acheté les parts du troisième associé.

 

Lors des premières années, la fabrication s'est ensuite faite avec une dizaine d'employés, nombre qui s'est accru progressivement. C'est la stratégie de développement retenue par les trois propriétaires, une approche qu'a maintenue M. Jean : « Nous avons planifié, année après année, une croissance graduelle et progressive ; en somme, une approche sécuritaire. »

 

Le rythme de fabrication est aujourd'hui de deux remorques par semaine. Le travail se fait à la pièce, de façon méticuleuse, avec le minimum d'opérations à la chaîne ou répétitives, souligne Fericar. On rappelle la particularité de chaque remorque.

 

Le pdg rappelle le choix, en 1988 et 1989, d'opter pour la spécialisation exploitée depuis. Les clients de Fericar font affaire avec les papetières, lesquelles utilisent des copeaux de bois. Le fabricant de Chambord a donc été peu touché par la crise du bois par rapport aux transporteurs de bois en longueur. M. Jean craint toutefois qu'une baisse éventuelle des coupes de bois affecte un peu son entreprise. Sans s'étendre sur le volet politique, le pdg croit que la forêt québécoise devrait être mieux gérée, « pour avoir assez de bois, d'ici 15 à 20 ans ! » Il voit d'un bon œil la prise de conscience qu'a canalisée l'erreur boréale.