Rechercher :
Début du mot Mot entier Partie du mot

     

Logo Magazine Circuit industriel

 

 

 

Couvert du Magazine Circuit industriel

  Ce dossier a été publié dans l'édition décembre 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
  Pour ne pas manquer nos prochains dossiers, abonnez-vous gratuitement !
   
  Magazine MCI
  Notre sommaire
  Contactez-nous
   

 

Membre du

Logo CCAB division de BPAI

 

 

 

  Menu pour le MCI
 

 

L'industrie du meuble en demande
De la matière première et des créneaux 

Par Martine Frigon

 
 

Les meubles québécois sont fabriqués avec des essences de feuillus comme le merisier, le bouleau et l'érable.

L'enquête annuelle des manufactures produite par Statistique Canada recensait 21,169 travailleurs dans l'industrie du meuble au Québec en 2000 ; 23,731 en 2001 et 26,046 en 2002, ce qui présente une augmentation notoire au fil des années. Les industries québécoises des portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine emploient donc beaucoup de monde, et les manufacturiers doivent composer avec plusieurs facteurs afin de tirer leur épingle du jeu. Parmi ces facteurs, on retrouve la concurrence des pays asiatiques notamment la Chine, ainsi qu'un problème d'approvisionnement en matière première, c'est-à-dire le feuillu, devenu de moins en moins disponible au Québec et devant être importé des états américains. 

 

Les meubles chinois

 

Les manufacturiers québécois de meubles distribuent principalement leurs produits en Amérique du Nord. Selon le Comité sectoriel de main-d'œuvre des industries de portes et fenêtres, du meuble et des armoires de cuisine, la grande concurrence sur le territoire nord-américain provient notamment de la Chine, car celle-ci exporte ses produits ici et entre directement en compétition avec les manufacturiers québécois.

 

 

Jean-François Michaud, PDG de l'Association des fabricants de meubles du Québec.


 

Les importations de meubles chinois sur les marchés québécois et canadien ont augmenté respectivement de 25,2 % et de 36,7 % en moyenne par année entre 1995 et 2000. L'attrait pour les produits chinois repose sur des coûts plus bas pour le consommateur comparativement aux meubles fabriqués ici. Cette situation est due à la production de masse, au coût plus faible de la main-d'œuvre chinoise et également par le partenariat qu'ont exercé certaines entreprises étrangères avec les entreprises de ce pays. En effet, selon les données de l'organisme Manufacturiers et Exportateurs Canada, le taux horaire moyen en Chine est de 80 ¢ US.

« Nous devons nous démarquer des Chinois et offrir des produits à valeur ajoutée. Nous ne pouvons être en compétition avec de grandes lignes de production et c'est pour cette raison que nous fabriquons des meubles personnalisés, offrant plusieurs choix de couleurs et de designs », explique Jean-François Michaud, président-directeur général de l'Association des fabricants de meubles du Québec(AFMQ).

 

Par ailleurs, un document préparé par le Comité sectoriel soutient qu'il existe une augmentation de la présence de producteurs à faible coût en Chine. Ainsi, en 2001, sur le territoire chinois, on comptait 30,000 établissements qui employaient près de trois millions d'employés.

 

Le meuble québécois

 

Les meubles québécois sont différents. Ils doivent l'être pour assurer la survie des entreprises qui les fabriquent. « Nous fabriquons des produits à valeur ajoutée. Nous offrons plusieurs couleurs, plusieurs designs et plusieurs possibilités pour un même meuble. Plus ça va, plus notre meuble est dispendieux et plus nous avons une clientèle pour ce type de produit », explique M. Michaud. Pour le Comité sectoriel, il est également important de miser sur un créneau et il est tout aussi important que les travailleurs du meuble développent de plus en plus de compétences. « Les travailleurs doivent posséder la capacité d'avoir une grande polyvalence », précise Christian Galarneau, coordonnateur du Comité sectoriel. « Il faut s'assurer d'une main-d'œuvre plus compétente pour maximiser l'utilisation des technologies et la valeur ajoutée de la production. »

 

Pénurie de matière première

 

L'autre problème criant pour l'industrie du meuble québécois, c'est la pénurie de matière première provenant du Québec. En octobre dernier, l'Association des fabricants de meubles du Québec faisait une sortie publique fracassante en dénonçant le manque de matière première que vivent ses membres, notamment le manque de bois de merisier, de bouleau et d'érable, essences faisant partie des feuillus. « Nos membres doivent s'approvisionner dans le Maine et dans l'état de New York, car il devient de plus en plus difficile de se procurer des feuillus et plus particulièrement du merisier ici au Québec », explique M. Michaud.

 

Un mois auparavant, l'organisme avait déposé un mémoire devant la Commission Coulombe, cette dernière portant sur la gestion de la forêt publique. « Ce que nous voulons, c'est que la loi sur les forêts soit modifiée, pour obliger les scieries à débiter une certaine quantité de leur bois en fonction des besoins des industries de deuxième et troisième transformations », explique M. Michaud. Mentionnons que la deuxième transformation, c'est celle des composantes de meubles, d'escaliers et d'armoires, alors que la troisième renferme les produits finis tels qu'un ensemble pour salle à dîner ou de chambre à coucher.

 

Les fabricants de meubles utilisent annuellement 140 millions de pieds mesure de planche (PMP) de bois feuillu dont 55 % est importé. « Les standards actuels au Québec font que de 25 % à 40 % du bois qui pourrait être utilisé par les fabricants de meubles est acheminé aux fabricants de palettes », explique M. Michaud. Dans son mémoire, l'AFMQ a demandé au gouvernement une révision des normes de classification du bois et également de mettre sur pied un groupe de travail qui réunirait divers secteurs dont les scieries, afin de se pencher sur la transformation des bois feuillus et les façons d'en tirer le maximum de valeur. « Nous ne voulons pas enlever le bois pour d'autres utilisations mais nous voulons que les normes changent de manière à utiliser au maximum le bois de qualité. »