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Fin des CAAF
au Bas-Saint-Laurent ? Par Carl Thériault
Ce n’est ni plus ni moins qu’un virage à 360 degrés qui se prépare au Bas-Saint-Laurent dans l’exploitation des terres publiques. Du jamais vu depuis la fin des concessions forestières au milieu des années 1970.
Les contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF) créés en 1986, qui avaient remplacé les fameuses concessions forestières, seraient à leur tour victimes d’une autre réforme.
La crise canado-américaine du bois d’œuvre, la menace d’une rupture de stock et une baisse des coupes en forêt publique qui pourrait atteindre les 40 % ont créé ce contexte favorable au changement. Une commission forestière régionale (CFR) composée des partenaires du monde, la forêt (faune, compagnies forestières…) se verrait charger du partage de la ressource forestière dans cette région si une entente intervient entre le ministère des Ressources naturelles et la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent (CRE), alors que le débat bat son plein au Québec sur les moyens à mettre en œuvre pour décentraliser la responsabilité de l’allocation de la ressource forestière.
Déjà, la proposition du CRE sur l’inventaire du potentiel des éclaircies commerciales à des fins de travaux sylvicoles a été mise en œuvre.
Le ministre délégué aux forêts, Pierre Corbeil, a donné le feu vert à une négociation même si la Commission d’étude sur la gestion de la forêt publique québécoise ne rendra publique ses solutions qu’à la mi-décembre dont l’une très attendue sur la régionalisation de la gestion des forêts.
Les industriels du sciage du Bas-Saint-Laurent acceptent de remettre en question leur rôle traditionnel dans la gestion de la forêt publique. « La relation de surveillant à observer entre le gouvernement et les industriels détenteurs de CAAF est malsaine. Au cours des dernières années, le nombre de contrôles et de coûts de gestion a doublé, presque triplé.
Si la commission forestière est créée, il y aura une coresponsabilité de gestion avec le monde de l’environnement et de la faune, les organismes de gestion en commun, le monde municipal et le gouvernement », décrit Gérald Baril, directeur général de l’entreprise Richard Pelletier & fils de Squatec.
« Nous sommes partis en voulant trouver des
solutions, pas des coupables. Il faut rétablir un climat de confiance.
Si notre projet est signé avec le gouvernement, les transformateurs ne
seront pas les mêmes que ceux qui font la récolte et les calculs de
possibilités, comme c’est le cas actuellement », fait valoir Emilien
Nadeau, président du comité-directeur du groupe de réflexion du CRE.
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