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  Ce dossier a été publié dans l'édition août 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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Usinage à grande vitesse :
les défis technologiques et les solutions

Par Martine Frigon

On en vante de plus en plus les mérites; l’usinage à grande vitesse est en voie de faire partie de l’appareillage normal des grandes PME. Des progrès importants ont d’ailleurs été franchis au cours des dix dernières années dans ce domaine, particulièrement dans les centres de recherche privés et universitaires québécois. À l’instar de leurs collègues, les chercheurs de l’École Polytechnique de Montréal y voient des gains de productivité mais malgré les avancées technologiques, ces derniers déplorent toutefois le fait que les entreprises ne fassent que commencer à s'y intéresser.

 

Yan Boutin

Yan Boutin, ingénieur
spécialisé en UGV, mentionne
que la plus grande limitation
de l’usinage à grande vitesse
est la chaleur que peut
supporter l’outil.

 

Connaissances techniques obligent

 

Qu’est-ce que l’usinage à grande vitesse? Il s’agit d’un procédé d’usinage où une méthode de programmation permet d’enlever de la matière précisément et rapidement.   Ceci entraîne une vitesse de coupe élevée. « L’utilisation d’une machine-outil est de plus en plus sophistiquée », indique Guy Létourneau, coordonnateur du Service d’appui technologique en usinage haute performance de l’École Polytechnique de Montréal. « Cela provoque une remise en question majeure de la façon de faire habituellement en usinage.»

 

Ce dernier met également en garde les éventuels acquéreurs d’une machine permettant l’UGV. « Il faut faire des essais. Il faut tester la machine que vous pourriez acquérir si elle est en mesure de fabriquer votre produit. C’est essentiel. » En 2002, une enquête effectuée par la Direction des industries du matériel aérospatial et de la défense du ministère du Développement économique et régional et de la Recherche du Québec  révélait que les entreprises équipées d’UGV pouvaient soumissionner jusqu’à 50% moins cher que les entreprises munies d’équipement conventionnel.

 

 

"Nous sommes en retard d'au moins trois années par rapport à la France dans l'application de l'usinage à grande vitesse.

 

Il en va de la productivité de nos PME de se familiariser avec les techniques et commencer à les appliquer."

 

 

Rapidité certaine, mais entretien coûteux

 

Selon Yan Boutin, ingénieur spécialisé en usinage à grande vitesse, l’UGV devient de plus en plus technique. Les avantages se situent principalement dans un fini de surface amélioré, dans la diminution du polissage à la main et dans le fait qu’il ne soit pas nécessaire de changer d’outil pour la finition. Par opposition, il y voit cependant quelques inconvénients. « Il faut changer le type de programmation, aviser ceux qui achètent les outils ainsi que les programmeurs. De plus, l’usinage à grande vitesse est plus coûteux à l’entretien. Cela nécessite du personnel plus qualifié qui comprendra les aspects techniques de ces équipements.»

 

Quoi qu’il en soit, M. Létourneau affirme que l’UGV représente un outil incontournable pour la productivité des entreprises québécoises. « Nous sommes en retard d’au moins trois années par rapport à la France dans l’application de l’usinage à grande vitesse. Il en va de la productivité de nos PME de se familiariser avec les techniques et commencer à les appliquer. »