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De nouvelles
alliances dans l’industrie de l’habillement Par Martine Frigon Durant ses bonnes années, le Groupe RGR, une entreprise sous-traitante spécialisée dans la couture de jeans, a employé jusqu’à 1500 personnes dans ses usines. La concurrence du marché de la fabrication des jeans aidant les dirigeants de cette entreprise ont débuté une association avec le Vietnam Encore sous un régime communiste; le gouvernement de ce pays a fait construire une toute nouvelle usine et il gère lui-même la main-d’œuvre. L’entreprise beauceronne, quant à elle, procure les équipements et les commandes tout en assurant la formation des nouveaux ouvriers vietnamiens.
Coûts de production
plus
Au Vietnam, une couturière gagne l’équivalent de 60 ¢ US de l’heure. La moyenne du taux horaire payé dans l’industrie du textile au Québec se situe à 11 $. « Nous n’avons pas le droit de déterminer les salaires au Vietnam. C’est le gouvernement vietnamien qui les fixe. Tout étant régi par l’État là-bas, nous formerons les travailleurs mais ils seront payés par le gouvernement. En fait, nous achetons du temps pour faire produire nos lots », explique Manon Veilleux, vice-présidente du Groupe RGR.
Protéger les travailleurs beaucerons
Paradoxalement au fait que le Groupe RGR se retrouve maintenant au Vietnam, Manon Veilleux précise qu’il s’agit ici d’une solution visant à assurer l’avenir de l’entreprise. « Dans notre secteur d’activité, les manufacturiers recherchent des prix. Nous devons leur en donner, sinon ils iront ailleurs. Dans la production au Vietnam, nous assurons à nos clients une confection canadienne de 25 % et ceci les sécurise. Ils savent que ce 25 %, qui sera fabriqué ici dans nos usines québécoises, sera livré à temps. En faisant coudre le reste au Vietnam, nous pouvons également être compétitifs. Nous offrons donc de bons prix et nous pouvons assurer une marchandise de qualité ainsi qu’une livraison aux délais désirés par les clients. »
D’autres facteurs
sont également entrés en ligne de compte dans la décision des
dirigeants du Groupe. Le vieillissement de la main-d’œuvre dans ce
secteur d’activité – la moyenne d’âge étant de 45 ans – et le manque
de relève que les observateurs prédisent d’ici les prochaines années,
le groupe RGR commençait déjà à le vivre. « Il faut prévoir ce qui va
arriver. Que ferons-nous lorsque nos travailleurs seront rendus à
l’âge de la retraite ? Il n’y a pas assez de relève. Nous allons
attendre sans rien faire et nous allons regarder ce que nous avons
bâti fermer à petit feu ? Le Vietnam nous a choisis. Il y avait
d’autres entreprises en lice. Nous avons dû trouver des solutions pour
assurer notre avenir et celle du Vietnam en est une », termine Mme
Veilleux.
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