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L’aéronautique domine toujours le paysage manufacturier des Laurentides Par Sylvain Dupras Malgré l’avenir incertain de l’aéroport international de Mirabel et, depuis juin 2003, la fin des avantages consentis par le gouvernement du Québec aux entreprises qui s’installent à proximité de l’aéroport, l’industrie de l’aéronautique demeure le fleuron du secteur manufacturier dans les Laurentides.
Ainsi, Bombardier Aéronautique
C’est en 2000 que le gouvernement du Québec avait créé des crédits d’impôts pour les entreprises du domaine de l’aéronautique, afin de les attirer à Mirabel, suite au transfert de vols internationaux vers l’aéroport international Pierre-Elliot-Trudeau de Dorval. Une mesure compensatoire qui a pris fin l’année dernière avec l’élection du gouvernement Charest.
Depuis, l’hôtel de l’aéroport de Mirabel a fermé ses portes et les dirigeants de Aéroports de Montréal ( ADM ) cherchent toujours une nouvelle vocation à l’aéroport de Mirabel. Le développement d’activité de fret pourrait être la solution de rechange. La stratégie d’ADM est de favoriser les arrêts techniques à Mirabel pour le ravitaillement et l’entretien rapide, en plus de ravir un peu de marché au marché routier. Rien n’est encore gagné toutefois pour ADM.
Un secteur fragile
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, l’industrie de l’aéronautique a été durement affectée. En outre, un géant comme Bombardier n’a pas été épargné. Malgré toute la refonte de ce domaine, les bases des manufactures aéronautiques semblent très solides dans les Laurentides. C’est le cas pour l’entreprise Bell Helicopter Textron qui s’est installée à quelques kilomètres de l’aéroport de Mirabel en 1986.
Depuis son ouverture, l’usine de près de 50 000 mètres carrés a produit plus de 2 000 hélicoptères, représentant au-delà de 50 % de la production totale d’hélicoptères commerciaux à turbine au monde. Ils survolent aujourd’hui 120 pays à travers le monde entier.
L’usine de Mirabel, qui fabrique environ 200 hélicoptères par année, est maintenant le centre mondial de fabrication des produits commerciaux de Bell Helicopter Textron, et est le premier et seul fabricant d’hélicoptères, complètement intégré, au Canada. L’entreprise de propriété texane exporte 99 % de sa production et le travail des employés de Mirabel suit toutes les étapes de production des hélicoptères, de la conception originale à la finition et la livraison, en passant par la certification auprès des organismes américains et canadiens de transport, la production et les essais.
En plus des 1 200 emplois générés par les activités de Bell Helicopter Textron à Mirabel, l’entreprise effectue des achats annuels de 300 millions de dollars en pièces et équipements, dont le tiers au Canada, surtout à Montréal. Le siège social de la compagnie est situé à Fort Worth, au Texas et compte également une autre usine à Dallas en plus d’un centre d’assemblage à Amarillo, également au Texas.
Diversité économique
On se souviendra que la construction de l’aéroport de Mirabel, sous le gouvernement Trudeau, avait engendré tout un tollé de protestations, notamment chez les produc-teurs agricoles qui ont été expropriés. Et, malgré la controverse entourant l’avenir de ces installations de classe internationale, il n’en demeure pas moins que l’industrie manufacturière aéronautique a pris forme dans les Laurentides grâce à l’aéroport de Mirabel. Plus de 4 000 emplois, souvent très rémunérateurs, en sont la preuve tangible.
Cette industrie est venue solidifier
l’éventail économique des Laurentides, longtemps considérée comme une
région uniquement touristique, autant l’hiver que l’été. Malgré la
fermeture de l’usine GM à Boisbriand, la région des Laurentides figure
parmi les meilleures au Québec en ce qui a trait au gain d’emplois,
entre 2002 et 2003, avec
Cette recrudescence de l’économie dans les Laurentides fait émerger un autre défi pour les décideurs de cette région : celui de la disponibilité de la main-d’œuvre. Le secteur touristique a déjà prévu le coup, il y a deux ans, en créant une table de concertation en ressources humaines. Le secteur de l’aéronautique doit également recruter des travailleurs à l’extérieur de la région et même du pays pour certains emplois spécialisés.
Quoiqu’il en soit, la diversité économique
des Laurentides semble l’atout prometteur pour l’avenir de cette
région. En plus du tourisme quatre saisons et de l’aéronautique, les
Laurentides misent également sur la transformation de la forêt mixte,
les aliments et les mets préparés ainsi que le transport terrestre
avancé.
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