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En collaboration avec deux entreprises, une papetière fera appel aux biogaz à des fins énergétiques Par Martine Frigon Une entreprise manufacturière s’approvisionnera en énergie par la valorisation des biogaz provenant d’un site d’enfouissement sanitaire. C’est une première au Québec et c’est Cascades qui marquera le pas. En collaboration avec Intersan, une filiale de Waste Management et de Gaz Métro, le projet se réalisera dans les Basses-Laurentides, à l’usine de la papetière, située à Saint-Jérôme. Les biogaz proviendront du site d’Intersan, situé non loin à Sainte-Sophie et les 13 kilomètres de pipeline nécessaires au transport de l’énergie seront à la charge de Gaz Métro.
Le principe du bioréacteur
Les biogaz sont les gaz générés par la décomposition biologique des résidus enfouis. Constitués de méthane entre 50 et 70 %, de gaz carbonique dans une proportion de 35 à 40 %, de 1 à 3 % d’hydrogène, de 0,1 à 1 % d’oxygène, de 0,5 à 3 % d’azote et de 1 à 5% de gaz divers (hydrogène sulfuré, ammoniac etc.) - ils peuvent être dirigés vers une torchère où ils seront brûlés, mais ils peuvent également être transformés en électricité ou en gaz naturel.
Le processus de création des biogaz est le suivant : on utilise un bioréacteur pour accélérer la décomposition des matières résiduelles en contrôlant la teneur du site en humidité. Ceci consiste à appliquer des liquides à la masse de résidus, de manière à reproduire les conditions qui créent leur dégradation. Pour se faire, on utilise une cuvette étanche dans laquelle un système de drains capte les eaux. Ceux-ci les redistribuent dans la masse de résidus pour les rendre plus rapidement inertes. Les biogaz, issus de la décomposition des matières, sont alors isolés et transformés en énergie.
« Nous accélérons le processus de décomposition en créant des conditions optimales. Ce qui prend naturellement entre 30 et 60 ans pour se décomposer en prendra de 5 à 10 avec cette méthode. Le projet que nous effectuons avec Cascades et Gaz Métro permettra d’utiliser des matières résiduelles viables pour l’énergie de demain », explique Martin Dussault, directeur des affaires publiques chez Intersan.
« Ce projet est le 70e de ce type à travers les installations de notre compagnie en Amérique du Nord. Il est toutefois le premier au Québec qui impliquera la participation d’une industrie, ajouté à cela qu’il sera réalisé avec la collaboration de trois entreprises », ajoute-t-il.
Début des travaux d’ici la fin de 2004
Présentement, les biogaz issus du site de Sainte-Sophie sont brûlés. Martin Dussault prévoit que le projet commencera à être opérationnel vers la fin de cette année.
« Nous nous donnons deux ans comme période
de rodage. L’approvisionnement atteindra son maximum d’ici là »,
explique-t-il. Du côté de Cascades, on procédera à la construction
d’une chaudière additionnelle pour les biogaz et l’on modifiera une
chaudière existante qui pourrait recevoir à la fois les biogaz et le
gaz naturel. L’ensemble des travaux coûtera 2 M $ pour l’entreprise.
Selon Denis Jean, président et chef de la direction de Cascades,
Groupe Papiers fins inc., la papetière fera des économies
substantielles. « Cela nous coûtera moins cher qu’alimenter l’usine en
gaz naturel. D’après les études que nous avons effectuées, les biogaz
provenant du site de Sainte-Sophie nous assureront de l’énergie pour
une durée de 10 ans ». La construction des nouveaux aménagements chez
Cascades débutera sous peu et l’entreprise lancera des appels d’offres
d’ici les prochains mois.
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