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Les codes à barres : le défi de l'an 2005 Par Sylvain Dupras Le système d’étiquetage des produits de consommation, communément appelé codes à barres, est tellement répandu qu’il doit être revisité de fond en comble afin de permettre aux détaillants et fabricants de continuer à l’utiliser autant pour leur inventaire qu’aux caisses, lors des achats des clients. Les chaînes à grande surface américaines exigent des fabricants qu’ils s’entendent d’ici le printemps 2005 afin de disposer d’un nouveau système qui répondra adéquatement à la quantité d’articles qui va en s’accroissant.
D’importantes entreprises américaines ont le mandat d’y voir et une entreprise de haute technologie de Gatineau, Cactus Communications Internet, a été engagée pour contribuer à solutionner ce problème. « Le nombre d’articles sur le marché est sur le point d’excéder le nombre de combinaisons possibles de ce mode d’identification. », explique le chef de la direction et cofondateur de Cactus Communications Internet, Antoine Normand.
Le plan d’action, qui a été initié par de grands commerces au détail, a pris forme et prévoit l’application d’une technologie permettant de reconnaître les nouveaux codes. L’hiver dernier, alors que l’industrie de la haute technologie avait encaissé de durs coups au cours des mois précédents, notamment avec la dévaluation de Nortel dans la région de la Capitale nationale, Cactus Communications Internet a eu de nouveau le vent dans les voiles grâce à cet important contrat.
« Cette initiative de changement du système des codes à barres a été lancée, à la suite d’un consensus entre de gros détaillants américains comme Wal-Mart, Home Depot et Sears, explique M. Normand. Elle vise à augmenter le nombre de combinaisons possibles servant à identifier des produits et de l’appliquer à l’échelle mondiale. »
De huit à quatorze chiffres d’identification
Le système actuel de codes à barres emploie huit chiffres. Le nouvel identificateur en contiendrait quatorze et un immense dépôt d’informations appelé Universal Code Council ( UCC-Net, pour sa version Internet ) assurerait l’attribution d’un code unique pour chaque produit, peu importe sa provenance dans le monde.
Cette nouvelle codification force donc les manufacturiers et les fournisseurs à s’ajuster pour être en mesure d’utiliser ce nouveau système. Pour y parvenir, ces entreprises pourraient bientôt faire appel à une solution issue du partenariat entre des entreprises de technologie.
« Nous avons développé un logiciel qui permet de communiquer et d’échanger des documents standards avec UCC-Net, explique Antoine Normand. Nous sommes aussi partenaires du géant Microsoft qui offre actuellement un produit permettant de combiner un certain langage avec un autre, de faire la traduction entre les deux et d’effectuer d’autres tâches. La compagnie Hewlett-Packard intervient comme intégrateur de technologie. Elle achète notre logiciel et celui de Microsoft, les imbrique et propose cette solution aux clients. Nous sommes donc impliqués dans un cycle de vente. »
Cactus Communications Internet travaille depuis plus d’un an sur ce projet qui sera finalisé d’ici quelques mois. La durée de ce contrat demeure indéterminée puisque certaines négociations se poursuivent toujours.
« Notre plus grand défi a été d’établir un partenariat avec Microsoft. Nous sommes en train de finaliser l’entente avant la commercialisation. Pour l’instant, les demandes de renseignements par téléphone et les présentations sur le sujet excèdent de loin ce que nous avions prévu. La demande est énorme », continue Antoine Normand.
Utilisés depuis 1974
Les codes à barres représentent une traduction optique sous la forme d’une alternance de barres verticales et d’espaces, d’un code numérique ou alphabétique permettant d’identifier une entité. Les codes à barres, ou codes universels de produits (CUP), ont fait leur première apparition sur les emballages de produits en 1974. Le tout premier article à avoir fait l’objet d’une lecture optique était un paquet de gommes Juicy Fruit de la société Wrigley. Aujourd’hui, cet article est exposé au musée de l’histoire américaine à Washington.
Une étude menée en 1975 avait permis de prévoir que les codes CUP entraîneraient des économies de 1,43 milliard de dollars dans l’industrie alimentaire. Or, cette économie se chiffre à 17 millions de dollars par année uniquement pour cette industrie. Ces codes permettent aussi la gestion des stocks et de la commercialisation.
Les fabricants, les fournisseurs, les importateurs, les grossistes et les concessionnaires, qui fabriquent des produits pour la vente et utilisent une marque de producteur qui leur appartient, se servent des codes à barres.
« Si les détaillants américains ont allumé la lumière rouge, c’est qu’ils craignaient que ce système devienne caduc en 2005 en raison de la quantité de produits à identifier qui s’accroît d’année en année. Une situation qui aurait été pire que le fameux bogue de l’an 2000 que ne nous n’avons finalement pas connu », termine Antoine Normand.
Mentionnons enfin qu’il existe au Canada des
règles précises en ce qui a trait à la taille, la couleur,
l’emplacement et la densité des codes CUP. Et une petite entreprise de
Gatineau contribuera, à sa façon, à en améliorer l’utilisation.
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